Les métallos CGT mobilisent pour les salaires et contre la "Loi Travail"...

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Frédéric Sanchez, secrétaire général de la FTM CGT

Frédéric Sanchez, secrétaire général de la FTM CGT

En s’appuyant sur l’ébullition des métallos, à qui le patronat veut déjà imposer des éléments de la loi travail, la CGT métallurgie vise à accroître la mobilisation. Entretien avec Frédéric Sanchez, Secrétaire général de la CGT des métaux.

Quel est l’état d’esprit des salariés de la métallurgie en ce moment ?

Frédéric Sanchez : On a fait l’état des lieux de la situation dans les entreprises petites, moyennes et grandes, et on sent un état d’esprit très offensif dans la période, sur deux points notamment. Sur les salaires et sur le retrait de la loi travail. Pour cela, le rôle de la CGT est d’articuler l’ancrage des revendications dans les entreprises avec les journées de mobilisation comme celle du 9 avril.

Et comment ressentez-vous la réaction du patronat ?

Frédéric Sanchez :  Aujourd’hui, il y a une agressivité patronale très forte à l’encontre des militants syndicaux, notamment ceux de la CGT. Nous avons, par exemple, trois camarades du Nord qui ont été convoqués, le 8 avril, à un entretien préalable au licenciement pour avoir fait grève le 31 mars. Nous avons répondu juridiquement par un courrier et sur le terrain par des mobilisations devant l’entreprise. D’autres camarades sont mis à pied pour des broutilles, ce que l’on ne voyait pas avant. Les directions des ressources humaines et le patronat ont vraisemblablement peur d’une explosion sociale. Quand on tape sur les délégués syndicaux, c’est en fait les élans de grève qu’on veut empêcher par l’intimidation. On les sent qui tentent par tous les moyens de faire taire la mobilisation. Malgré cela, il y a une multitude d’actions (grèves, débrayages, etc.) depuis le début de l’année dans la métallurgie.

Vous dites que les salariés sont à l’offensive. Comment s’y prennent-ils pour répondre à ces intimidations ?

Frédéric Sanchez  : On a l’exemple d’une entreprise de métallurgie située dans le Limousin où, dans les négociations salariales, le patronat voulait remettre en cause les 35 heures en contournant les organisations de salariés en tentant un référendum. Pour faire court, c’était la loi El Khomri avant l’heure. À 90 %, les salariés ont refusé catégoriquement de prendre part à ce référendum. Quant à la remise en cause des 35 heures, le patronat a été contraint d’y renoncer car les salariés se sont mis en grève à 80 %. Cet exemple montre que les salariés sont à l’offensive et multiplient les formes d’action : en plus de la grève et des blocages, certains occupent l’espace public. Le rapport de forces se construit pour durer.

Les patrons de la métallurgie veulent donc déjà négocier sur des bases proches de la loi travail ?

Frédéric Sanchez  : Quand on lit les revendications de l’UIMM (Union des industries et des métiers de la métallurgie), on a pratiquement mot à mot le contenu de la loi travail. Cela fait déjà un an et demi que les négociations ont lieu autour d’un dispositif qui remet en cause les conventions collectives territoriales pour mettre en place un dispositif conventionnel avec un socle minimal qui équivaut au projet de loi El Khomri. Il contient, par exemple, la pluriannualisation du temps de travail sur trois ans et l’inversion de la hiérarchie des normes en donnant plus de poids aux accords d’entreprise.

Comment comptez-vous accroître la mobilisation des salariés du secteur de la métallurgie ?

Frédéric Sanchez : D’ici à la journée de mobilisation du jeudi 28 avril, à l’appel des organisations syndicales, nous appelons tous les métallos à se mobiliser sur deux temps forts, à travers des actions dans les entreprises et devant les chambres patronales. Il y a, bien sûr, le gouvernement, mais notre ennemi de classe, c’est toujours le patronat. La CGT métallurgie a envoyé un appel aux métallos pour porter massivement les revendications et amplifier le rapport de forces jusqu’à créer les conditions d’un véritable blocage de l’économie.

Interview paru dans l'Humanité

Publié dans syndicats

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Les syndicats de salariés de la métallurgie défendent les droits des salariés du secteur en négociant la convention collective par exemple.
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