Mayotte en ébullition réclame « l’égalité réelle »

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Mayotte en ébullition réclame « l’égalité réelle »

Le département français de l’océan Indien, gangrené par la misère, parvient tout juste à briser le silence des médias après deux semaines de grève générale. Il aura fallu qu’éclatent des échauffourées pour que des yeux dans l’Hexagone se tournent enfin vers le 101e département de la République.

Pourtant Mayotte connaît depuis deux semaines un mouvement de grève générale à faire pâlir d’envie les noctambules de la place de la République. Depuis le 30 mars, les travailleurs mahorais ont lancé un mouvement sans précédent pour exiger « l’égalité réelle » avec l’Hexagone en matière de droit du travail, de salaires, de prestations sociales et de services publics.

Bien que département français depuis 2011, la situation sociale de Mayotte reste critique : un taux de pauvreté au-delà de 80 %, un coût de la vie plus élevé de 7 % environ par rapport à la moyenne nationale, mais aussi un droit du travail dérogatoire, un investissement par élève presque moitié moins important en matière d’éducation…

C’est pourtant cette promesse d’égalité sociale qui avait permis la victoire du oui lors du référendum sur la départementalisation.

En revendiquant « l’égalité réelle », les Mahorais font en outre allusion au titre du récent rapport de l’ancien ministre des Outre-Mer, Victorin Lurel, et à la nomination d’une secrétaire d’État à l’Égalité réelle en la personne de la « voisine » réunionnaise Ericka Bareigts, sans que la moindre évolution ait été perçue depuis.

« On a besoin d’inventer des règles », explique la ministre des Outre-Mer, George Pau-Langevin. Sur l’exemple des retraites, « il faut voir comment faire pour que des personnes aient une retraite satisfaisante alors qu’elles n’ont pas cotisé ».

Des sujets que beaucoup de Mahorais imaginaient pourtant bouclés au moment de se prononcer sur le statut de l’île. La Cour des comptes pointait d’ailleurs récemment du doigt les retards de la mise en place du droit commun à Mayotte au bout de cinq ans de départementalisation.

Depuis quelques jours, des violences imputées à des « bandes » ont éclaté sur l’île, sans lien direct avec les manifestations. Le ministère de l’Intérieur a annoncé l’envoi immédiat de renforts policiers.

En revanche, pour répondre aux grévistes, le gouvernement, moins pressé, n’enverra un représentant que la semaine prochaine. Il n'écoute toujours pas et se disqualifie !

Publié dans Luttes sociales

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