Autriche, le peuple résiste à l'extrême droite !

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Autriche, le peuple résiste à l'extrême droite !

A écouter les médias libéraux il était acquis que l'extrême droite allait prendre le pouvoir en Autriche lors du 2ème tour de la présidentielle qui se déroulait ce dimanche. Selon eux Norbet Hofner le candidat du FPO de l'extrême droite, constituée de facistes, devait l'emporter sans problème face à Alexander Van der Bellen le candidat non consensuel soutenu par les écologistes.

Patatras, une nouvelle fois les électeurs ont donné tort à ces médias bardés de certitudes qui finissent par prendre leurs rêves pour des réalités et qui sans précautions ni honte vous vendent leurs idées malfaisantes avec cynisme.

Ainsi, présenté comme le grand favori de ce deuxième tour, Norbert Hofer, de l'extrême droite n'était plus du tout assuré dimanche soir de remporter le scrutin. Les résultats sont beaucoup plus serrés qu'escomptés. Les autrichiens ont plus que résisté!

Après le dépouillement de 95% des bulletins, Nobert Hofer est en avance certes, mais que d'une courte tête. (51 % des suffrages contre 49% pour son adversaire). L'écart a été jugé trop faible pour promulguer les résultats car 900.000 votes réalisés par correspondance, soit plus d'un sur 10, ne seront dépouillés que ce lundi, ce qui repousse d'autant l'annonce du vainqueur final.

Les jeux paraissaient pourtant faits aux yeux des médias libéraux et des médiocres politologues à l'issue du premier tour de l'élection où le candidat du FPO avec 35%, était arrivé en tête.

Les deux partis traditionnels autrichiens qui règnent sans partage depuis plus de 60 ans sur la vie politique avaient été sanctionnés dès le premier tour et le candidat arrivé en seconde position, Alexander Van der Bellen, était un indépendant soutenu par le parti écologiste qui n'était pas jugé assez consensuel pour rassembler une majorité d'électeurs.

Les deux hommes sont finalement au coude à coude. Si l'extrême droite l'emportait, ce serait une première : jamais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, un candidat d'extrême droite n'est parvenu à se hisser au pouvoir dans un pays européen.

Ce serait le tragique résultat de la très mauvaise politique menée par la classe politique traditionnelle autrichienne et un nouveau coup dur pour l'Europe néolibérale où les partis populistes progressent sur fond de mécontentement. Heureusement que des progrès importants des tenants d'une alternative radicale à la politique européenne actuelle émergent à chaque élection. En Grèce avec Syriza, en Espagne avec Podemos, au Portugal avec le PCP, en Angleterre ou encore en Irlande, la voie de l'alternative est en construction.

Les élections autrichiennes démontrent encore une fois que l'extrême droite n'est pas une fatalité et qu'il existe d'autres possibles avec des partis porteurs d'une alternative au néolibéralisme.'

La victoire du FPO, un parti résolument populiste, du repli et de l'isolement, anti-mondialisation, xénophobe, islamophobe et fasciste constituerait encore un signal du malaise profond des populations à travers toute l'Europe et du combat en cours pour une alternative.

En Autriche, la crise des réfugiés a profondément marqué le scrutin : « Le pays a été traversé par 1,5 million de migrants, cela a provoqué une situation de stress extraordinaire » témoigne l'ancienne l'ambassadrice d'Autriche à Paris, Ursula Plassnik. Certains jours, il est entré via la Slovénie 10.000 de ces réfugiés. « Les télévisions diffusaient des images 24 heures sur 24. Les gens ont eu l'impression d'une perte de contrôle des frontières » raconte un observateur. Même si une partie d'entre eux seulement ont demandé l'asile, 85.500 selon Eurostat.

Calme, souriant, policé et démagogue Norbert Hofer, 45 ans, n'a pas eu de mal à cristalliser cette inquiétude et les peurs. Il a promis de « stopper l'invasion des Musulmans » et défendu l'idée que « l 'Autriche doit s'occuper en priorité des Autrichiens » .. des thèmes que pour l'instant une majorité des autrichiens ne partage pas, il a fallu la diffusion par les télévisions d'images 24 heures sur 24 pour parvenir à faire basculer les termes du débat centrés sur la crise sociale et économique sur la question des réfugiés cristallisant et popularisant ainsi les positions malfaisantes d'Hofer.

Fils et petit fils d'immigrés, son adversaire, Alexander Van der Bellen a tenté vendredi de provoquer un choc des consciences en rappelant que «la folie du nationalisme » avait causé la ruine du pays. Il semble avoir été entendu par une partie des électeurs.

Les autres partis de l'échiquier politique n'avaient pas jugé bon de constituer un front républicain en appelant à voter pour le candidat écologiste, pour faire barrage à l'extrême droite. Car pour eux, mieux vaut Hofer qu'un homme prêt à résister à l'Europe néolibérale !

Publié dans Europe

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