Varoufakis à Nuit debout : "Hollande dévalorise le travail pour revitaliser le capitalisme"

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Varoufakis à Nuit debout : "Hollande dévalorise le travail pour revitaliser le capitalisme"

L'ex-ministre des Finances grec Yanis Varoufakis était présent place de la République avec Nuit Debout où il est intervenu

Lui qui aime rappeler ses participations passées aux rassemblements d'Athènes, de Londres ou de New York avec Occupy Wall Street, ne pouvait manquer le rendez-vous du moment. Il s'assoit donc en tailleur au milieu de la foule. Aussitôt, photographes, cameramen et journalistes le repèrent, s'agglutinent. Varoufakis reste imperturbable.

Ici, d'ordinaire, les officiels viennent écouter, souvent sans prise de parole respectueux de ce lieu qui entend inventer une vraie démocratie.

Economiste connu et reconnu, il est invité à prendre la parole même s'il se targue de ne pas être "un vrai politicien". Quelques "ouhhh" fusent, mais la foule a voté : l'ancien ministre a droit à cinq minutes. Cinq minutes qu'il respecte, traduction comprise.

Plus de neuf mois après sa démission du gouvernement Tsipras, il commence, nostalgique : "Je vais vous raconter une histoire." Celle du jour où, recevant dans son bureau du ministère l'ambassadeur américain venu tenter de le convaincre d'accepter les conditions de la troïka (FMI, UE, BCE), il a pour toute réponse pointé du doigt la place Syntagma voisine : "Ma place naturelle n'est pas dans ce bureau, elle est sur la place à manifester contre ce ministère."

Il se souvient de cette place athénienne qui a tenu 90 nuits en 2011 : "C'était un tremblement de terre. Nous avons changé la politique en Grèce. Nous avons changé la politique en Europe."

Lui qui veut sauver l'Europe menacée de "désintégration", tente de détricoter les clichés. "Ils nous traitent d'anarchistes mais ce sont eux qui organisent le chaos." "Ils nous traitent d'utopistes mais il n'y a pas de plus grande utopie que d'imaginer que cette Union européenne antidémocratique puisse continuer comme cela".

Un petit tacle au président français : "François Hollande a été élu pour apporter la croissance en mettant fin à l'austérité. Maintenant, il dévalorise le travail pour revitaliser le capitalisme."

Le leader politique repart, fait une halte pour Radio debout, qui diffuse depuis la place, une petite conférence de presse… Le message qu'il tente de faire passer: Nuit debout a-t-il un avenir en dehors des partis politiques? 

"It's work in progress. Attendons et voyons. Ce qui compte, c'est que cette formidable énergie ne soit pas perdue."

Publié dans Nuit Debout

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