La mobilisation continue de s'enraciner et de s'élargir

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

La mobilisation continue de s'enraciner et de s'élargir

Territoriaux, salariés des ports et docks, de l’énergie... Le gouvernement a beau jouer la montre, les grévistes restent déterminés et multiplient les actions. Loin de l’essoufflement espéré par le gouvernement, le mouvement contre la loi El Khomri ne cesse de s’élargir.

Dans la cité portuaire du Havre 40 000 personnes ont battu le pavé le 9 juin pour la 11e manifestation. Un record. Plus tôt, à Rungis, les grévistes de la région parisienne ont bloqué l’entrée principale du marché international qui s’étend sur 234 hectares et regroupe 1 200 entreprises, essentiellement des grossistes. « On est venu ici pour montrer que la CGT est partout et qu’elle sera aussi intransigeante sur ce dossier que le gouvernement. C’est bientôt les vacances, ils se disent qu’on va lâcher, mais on est prêt à repartir en septembre », a averti Nicolas Buatois de la CGT Aéroports de Paris.

« Il y a un décalage trop grand entre ce que propose le gouvernement et ce qu’attendent les salariés. Le retrait, c’est la seule issue possible », a martelé Guénolé Fournet, un responsable national du Mouvement jeunes communistes, également présent.

La grève se poursuit dans la première usine d’Île-de-France de traitement des déchets et ordures ménagères d’Ivry-sur-Seine/Paris 13, mais aussi à l’incinérateur de Fos-sur-Mer, près de Marseille ou encore en Ariège.

Le secteur de l’énergie était encore « dans l’action » jeudi 9 juin, avec une baisse de production de 3 000 mégawatts (MW) et de multiples initiatives sur tout le territoire, a indiqué la CGT mines-énergie. Selon la fédération, des arrêts de travail sont notamment observés dans les centrales nucléaires du Blayais, au Bugey, à Fessenheim, à Paluel et au Tricastin, ainsi qu’à Golfech. La centrale thermique de Porcheville (Yvelines) est aussi « toujours bloquée ».

Depuis samedi, les pilotes d’Air France sont entrés en mouvement sur leurs propres revendications, leurs syndicats ayant déposé un préavis de grève du 11 au 14 juin.

L’intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, Fidl et UNL) a appelé mercredi « à amplifier les grèves et les actions », jugeant « incompréhensible et inadmissible (...) que le président de la République ne réponde toujours pas au courrier des sept organisations qui demandent à être reçues afin de faire valoir leurs propositions ».

Certains que la manifestation nationale à Paris s’annonce « forte et verra la participation de délégations syndicales européennes et internationale », les syndicats maintiennent la pression en annonçant dans leur communiqué de nouvelles dates de mobilisation les 23 et 28 juin prochains.

Philippe Martinez secrétaire général de la CGT lors d'un point de presse, a prédit une mobilisation plus importante mardi 14 juin à Paris contre le projet de loi El Khomri que le 31 mars, journée qui avait rassemblé plus de 1,2 million personnes dans 250 villes. "Ca va être énorme", a commenté Philippe Martinez lors d'un meeting sur le site pétrochimique de Lavéra à Martigues (Bouches-du-Rhône).

A ceux qui "spéculent" sur la démobilisation, a-t-il poursuivi, "nous allons faire la démonstration le 14 juin avec une mobilisation comme nous n'en avons jamais connue depuis quatre mois". "Nous étions 1,2 million dans toute la France. Là, ce sera pareil, avec un temps fort à Paris. "Nous avons recensé en région parisienne plus de 450 cars qui vont venir sur Paris", a-t-il ajouté, même s'il est "difficile d'avoir des cars en ce moment (...) parce que le patronat est soudé".

Il a redit devant la presse qu'il était "disponible" pour rencontrer la ministre du Travail Myriam El Khomri "dès ce soir ou dès demain", si "elle veut avancer" le rendez-vous fixé le 17 juin. "Elle a fixé un rendez-vous à vendredi, elle connaît mon numéro de portable. Si elle veut l'avancer, je suis tout à fait disponible".

L'entourage de la ministre avait de son côté indiqué vendredi qu'elle était prête à avancer le rendez-vous "si Philippe Martinez est prêt à lever les blocages". "Nous irons voir la ministre, pas pour qu'elle nous dise ce qu'il faut faire, mais pour lui dire ce qui doit être fait", a répliqué samedi la CGT.

Enfin interrogé sur le déroulement de l'Euro 2016 qui a débuté vendredi à Paris par le match France-Roumanie, il a constaté que "le match d'hier s'est très bien passé". "Le stade était plein, (...) tout le monde a pu venir". "Faire la fête et poursuivre le mouvement social, ça n'est pas paradoxal, ça n'est pas antinomique", a-t-il affirmé.

Dans une interview au Parisien, ce samedi, le secrétaire général de la CGT rappelle les revendications de son syndicat face au gouvernement : "on demande qu’il retire les cinq articles qui font la colonne vertébrale du texte. Et qu’on rediscute. C’est-à-dire l’article 2, celui sur les plans de sauvegarde de l’emploi, notamment. Il y a aussi la question du référendum d’entreprise et celle de la médecine du travail."

Mardi une journée de mobilisation nationale contre le projet de loi travail, avec un défilé unique à Paris de la place d'Italie aux Invalides, est organisée à l'appel de sept syndicats dont la CGT.

Des délégations de syndicats belge (FGTB), espagnols (CCOO et UGT), italien (CGIL), suisse (USS) devraient également se joindre à cette manifestation à Paris où, mardi, aucun match de l'Euro de football n'est programmé.

Publié dans Luttes sociales

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