Panique à l'Assemblée Nationale avec le Verrou de Bercy, André Chassaigne se fâche...
Panique à la présidence de l'Assemblée nationale où la conduite des débats fait l'objet de vives critiques notamment l'organisation des débats sur le texte de moralisation de la vie publique qui a mis en colère les députés mardi après-midi.
Au cœur des débats de l'Assemblée nationale: la suppression du "verrou de Bercy" voté la semaine dernière par le Sénat, une exception juridique dénoncée par les frères Bocquet, qui confie au ministère la décision des poursuites des fraudeurs en matière de fraude fiscale qui créé une inégalité devant l'impôt donc devant la loi, selon que vous soyez riche ou pauvre et qui est un véritable encouragement à la fraude et à l'évasion fiscales.
Comme sa collègue Brulebois dans la nuit de lundi à mardi, la vice-présidente de l'Assemblée Carole Bureau-Bonnard, pourtant sans cesse aiguillée par les administrateurs du Palais Bourbon, a donc connu une séance très difficile. Sa conduite des débats a été largement critiquée par les députés et jusque dans la majorité.
Le premier à se rebeller contre le perchoir est un élu de la droite macroniste. Furieux que la présidente de séance passe au vote sans lui accorder la parole, le député des Hauts-de-Seine Jean-Louis Bourlanges a quitté l'hémicycle avec pertes et fracas. "C'est une voie de fait inadmissible", a-t-il lancé.
"Ben c'est bien", lui répond alors Carole Bureau-Bonnard très inexpérimentée en matière de gestion des débats et qui se croit dans une assemblée de militants macronistes où le "chef" décide de tout sans discussion possible. Elle a simplement oublié qu'elle avait face à elle, des adultes élus-es qui représentent l'ensemble des français, c'est à dire la représentation nationale dont la première vertu du président de l'Assemblée est de la respecter!.
Ainsi, la vice-présidente de l'Assemblée s'emmêle, appelle deux fois à voter "pour" un amendement en oubliant le vote "contre". Paniquée elle invoque alors un problème de micro. Elle se voit finalement rappelée à l'ordre à trois reprises, par le socialiste Olivier Dussopt, puis par Alexis Corbière et enfin par le Constructif Philippe Vigier.
"C'est tout ce qu'on vous demande: simplement, qu'on puisse avoir le vote dans des conditions normales, ce qui ne s'est pas produit", réclame le représentant de l'Eure-et-Loir.
La vice présidente paniquée décide d'une interruption de séance. Mais celle-ci ne suffit pas à apaiser les esprits et le climat.
Les députés de l'opposition contestent que la suppression du verrou de Bercy - un autre projet, avec le casier judiciaire vierge des élus, sur lequel la majorité semble très frileuse, soit examinée en même temps que les propositions a minima proposant son "aménagement".
Le président du groupe communiste André Chassaigne excédé, se met en colère et tonne alors:
"Ça devient pénible. Vous menez ces débats d'une façon incompréhensible. Quand on a un amendement, l'amendement arrive au vote avant les amendements de repli (rédigés en cas du rejet d'un amendement principal, NDLR) ! Non seulement on a affaire à un rouleau compresseur, où l'opposition ne peut pas s'exprimer correctement et aller jusqu'au vote de ce qu'elle propose, mais en plus de ça il y a une confusion qui à mon avis est entretenue!"
Très en colère également, le Républicain Philippe Gosselin emboîte le pas du leader communiste.
"On a déjà eu une suspension de séance, comme la nuit précédente... déplore le député de la Manche. La phase d'apprentissage, ça va bien! Ici, on n'est pas dans une phase d'apprentissage, on fabrique la loi! Il va peut-être falloir appliquer le règlement. Le principe, c'est que l'accessoire suit le principal!"
Nouvelle interruption de séance qui permet aux dirigeants de "la République en Marche" pour tenter de reprendre les affaires en main.
A la reprise de la séance c'est la stupéfaction des députés, la remplaçante à la présidence a été virée, à la surprise générale c'est le président de l'Assemblée nationale François de Rugy qui est venu remplacer la vice-présidente pour mettre de l'ordre dans une séance chaotique, dans laquelle la majorité Macroniste est quasi-transparente, obligeant le président du groupe LREM, Richard Ferrand, a monter au front pour verrouiller le débat.
En Macronie, la démocratie n'est vraiment pas la préoccupation centrale, seuls comptent leurs amis milliardaires et fraudeurs dont il faut tenter sauver la face !
Sources BFM-TV et Assemblée Nationale
