Congrès extra 2018 du PCF, intervention de Denis Durand au CN du 14 septembre

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Congrès extra 2018 du PCF, intervention de Denis Durand au CN du 14 septembre

Il y a un risque que beaucoup de communistes considèrent qu’avec la préparation du congrès nous ne soyons en train de rééditer un scénario analogue à ceux que nous avons connus dans un passé récent, et que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Pour éviter cela, il faudrait tenir compte de ce qui s’est fortement dit au conseil national d’Angers.

Il faut que le congrès ait la possibilité de répondre à la question : faut-il un parti communiste français révolutionnaire, et quel est le sens d’une telle ambition dans la France, l’Europe et le monde de notre temps ?

Le questionnaire dans son état actuel peut donner l’impression qu’il ne s’agirait que d’amender le document La France en commun alors que l’enjeu est bien plus vaste.

Faire comme si cette question ne se posait pas serait ignorer le paysage politique dans lequel nous agissons. Faire comme si nous n’avions pas les moyens d’y répondre serait tout aussi erroné. Personnellement, je pense que le rôle irremplaçable d’un parti communiste est d’aborder toutes les questions que se posent nos concitoyens sous l’angle des tâches à accomplir pour dépasser le capitalisme jusqu’à son abolition et à la construction d’une nouvelle civilisation. Sous cet angle, nous avons des choses à dire sur les enjeux politiques, sociaux, économiques, écologiques, technologiques du monde contemporain, des choses que nous ne disons pas aujourd’hui.

Par exemple, répondre avec détermination à cette question nous permettrait de dialoguer sans complexe, sans ressentiment et sans agressivité avec les forces – comme Mélenchon, par exemple – qui ne proposent ni de mettre en cause le pouvoir patronal dans l’entreprise, ni de dépasser le marché du travail, ni de prendre le pouvoir sur l’argent, bref qui agissent pour aménager le capitalisme et non pour le dépasser. Donc, ni indifférence, ni ralliement. Mais capacité d’initiative, sans attendre que d’autres en prennent.

Sur cette ambition, nous pouvons rassembler une très large majorité des communistes, au-delà des divergences sur telle ou telle question. Et intéresser bien au-delà.

Et sur cette base, nous pouvons nous rassembler, au-delà des vicissitudes du passé, sur des réponses communes aux questions qui en découlent : quel bilan contradictoire des années écoulées, quelle orientation politique ? quelle stratégie électorale, d’action et de bataille d’idées ? Quelle conception du Parti et du rôle de sa direction ?

Une telle conception politique est possible : pour s’en convaincre, il suffit de mettre en regard la grande précision des propositions radicales, figurant dans la proposition de loi de sécurité de l’emploi et de la formation, que nous avons mises en avant dans l’appel « pour un autre agenda pour l’emploi et le code du travail » adopté à la suite de notre réunion de jeudi dernier au CESE, et l’étonnante diversité des signatures en soutien de cet appel que nous avons recueillies.

Mais si la fête de L’Humanité se veut à la disposition de toutes les forces engagées dans la riposte à la politique de Macron et pour une alternative, au nom de quoi cet appel est-il exclu des débats de l’Agora de L’Humanité ?

Pour rassembler, il faut exister. Sur ce sujet, nous existons, qu’attendons-nous pour rassembler ?

Publié dans PCF

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boudin gilbert 27/01/2018 07:37

encore un congrés pour rien, sans doute, sans un changement radical de fonctionnement
il faut réparer l'erreur historique de suppression du centralisme démocratique, qui était
absolument nécessaire, sans mise en place de structures "rapprochées" entre les différents
espaces du parti; autonomie, oui,, mais pas d'électrons libres