Givors : Merci Martial Passi et en avant Christiane Charnay !

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Givors : Merci Martial Passi et en avant Christiane Charnay !
Givors : Merci Martial Passi et en avant Christiane Charnay !
Givors : Merci Martial Passi et en avant Christiane Charnay !

Après avoir passé 25 ans comme maire de la commune de Givors, c'est avec le plus grand plaisir que Martial Passi a remis l'écharpe a Christiane Charnay, qui devient ainsi la première femme maire de la commune. L'équipe municipale reste ainsi fidèle a ses valeurs de solidarité et de fraternité qui donnent de si belles couleurs a Givors. Martial Passi en cette occasion a prononcé l'intervention qui suit.


" Chers collègues,

Dans une société chaotique et dans un monde en plein bouleversements une chose est finalement sûre, c’est que le temps passe vite.

Maire de cette ville depuis janvier 1993, je me souviens qu'il y a déjà 25 ans, dans cette même salle, mon ami et camarade Camille Vallin, me remettait l'écharpe de maire.

Depuis cette date, la population givordine m’a constamment élu et réélu et en retour, j'ai consacré mon temps et mon énergie à cette ville et à sa population en m’efforçant de répondre à cette confiance sans cesse renouvelée.

L’ampleur de la tâche, les difficultés quotidiennes ainsi que les liens que j’ai noués avec la population, m’ont toujours demandé un investissement personnel exigeant, le plus souvent au détriment de ma famille que je souhaite remercier aujourd'hui.

En 25 ans, Givors a continué sa transformation commencée avec C. Vallin, Paul Vallon et Marie-Antoinette Goubelly.

L’aménagement de nouveaux quartiers, la création de zones économiques et l'arrivée de services publics ainsi que la construction de nombreux équipements ont façonné le visage de notre commune, qui malgré les effets dévastateurs des crises économique, sociale et politique a su rester une terre de solidarité et de partage, une terre d'égalité et de fraternité.

Quand nationalement, le chômage et la précarité augmentent, quand les inégalités progressent et quand explosent le racisme et les extrémismes, les difficultés de vie s’aggravent pour tous et en particulier pour la population givordine qui est l’une des plus modestes financièrement du département.

Dans ces conditions, être élu a Givors, c'est lutter constamment contre un système économique qui broie les êtres humains et qui génère de terribles inégalités.

C'est aussi lutter contre toutes les formes de racisme et de xénophobie pour privilégier le bien vivre ensemble.

En définitive, c'est lutter pour faire entrer dans la vie, les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité plutôt que les laisser s’endormir en étant figées aux frontons de la mairie et de nos écoles.

Depuis longtemps déjà, les municipalités successives luttent contre ces situations afin de permettre à la population givordine de bénéficier des services qu’elle ne pourrait pas se financer sans la solidarité communale.

Certains nous le reprochent, en disant que cela créé trop d’assistés en multipliant les emplois de fonctionnaires,
Et pourtant, n'est-il pas nécessaire et indispensable d’accompagner et d'aider quotidiennement la population ?

Certains nous reprochent également une politique sociale qu'ils jugent trop généreuse.
Et pourtant, n'est-il pas naturel de permettre à chaque famille d’accéder aux joies du ski dans notre chalet de St –Pierre de Chartreuse ou d'aider financièrement un enfant à entrer au conservatoire ?

D'autres encore, nous reprochent le versement des subventions et les aides multiples aux clubs et associations.
Et pourtant, n'est-il pas évident que l’action sportive, associative et culturelle est un levier essentiel pour combattre l’individualisme et toutes les formes de repli sur soi ?

Oui, la piscine, la médiathèque, le chalet de St Pierre, les activités périscolaires et de très nombreux autres services sont largement déficitaires et c'est le budget communal qui chaque année doit les renflouer afin qu'ils puissent continuer leurs missions au service de tous les givordins sans exception.

Etre l'une des très rares communes à avoir des tableaux interactifs dans toutes les classes des écoles primaires, financer la moitié des licences pour les jeunes sportifs, favoriser l'accès a la culture mais aussi au ski et aux vacances d'été, pratiquer la gratuité complète pour les clubs et les associations, ce n'est ni superflu, ni une anomalie, c'est tout simplement gérer pour ne laisser personne sur le bas-côté de la route.

Cette politique et les choix qui en découlent, je les assume et les revendique !

Je les assume et les revendique, tout simplement parce qu’ils répondent aux besoins de notre population qui, sans la nécessaire solidarité communale, se verrait privée d’activités et de services, pour la seule et détestable raison qu'elle n’a pas les moyens de les financer.

Comme moi, les maires que je côtoie régulièrement comme Vice Président des maires de France, ne cessent d’intervenir pour que leurs territoires aient les moyens d’investir dans le développement éducatif, culturel, sportif, associatif et économique.

À Givors, nous y ajoutons les luttes pour obtenir les ressources nécessaires à la mise en place d'une politique audacieuse de quotient familial afin de corriger les inégalités sociales dont est victime notre population.

Comme moi, les maires, toutes tendances politiques confondues, dénoncent le fait qu'ils sont constamment pris en tenaille entre la baisse des moyens aux collectivités locales et les besoins des populations et comme moi, ils ne se satisfont plus des discours nationaux élogieux nous définissant comme des sentinelles de la République alors que la triste réalité des baisses de dotation fait de nous de véritable « boucs émissaires ».

C’est pourquoi, la disparition programmée de l'échelon communal serait un coup dangereux porté contre les populations et précipiterait un peu plus notre société dans « un chacun pour soi destructeur ».

Voilà pourquoi les élus locaux ont, clairement marqué leur colère lors des élections sénatoriales qui se sont déroulées hier.

Malgré ces lourdes contraintes et alors que tant de collectivités sont en asphyxie financière, il faut souligner qu'à Givors, depuis 20 ans nous avons réussi le tour de force d’éradiquer la dette qui n'est plus que de 3 euros par habitant alors qu'elle s'élevait à 1 600 € par habitant en 1996.

Il faut souligner également que depuis 2004, nous avons fait baisser de 12,4%, la part communale des impôts locaux.

Des résultats, qui selon les rapports officiels, des services financiers de l'état, placent Givors parmi les villes les mieux gérées.

S'il faut s'en féliciter, il faut également voir que dans ce monde en mutation, tout est devenu incertain.

La mondialisation écrase les nations et tire vers le bas, les acquis sociaux des différents pays.

Les communes sont menacées et leur nombre n’a jamais été aussi bas depuis la Révolution Française.

Les idées xénophobes, racistes et antisémites ne se cachent dorénavant plus pour attiser la haine de l’autre et le rejet des différences. Parce que les élus locaux, ont un rôle essentiel pour développer au vivre ensemble, ils doivent rester vigilants et combatifs afin de garantir les mêmes droits à chacune et chacun et ceci, quelles que soient leurs origines territoriales, éthniques ou sociales.

Il y a quelques jours, j’ai présenté ma démission à M. le préfet de région car un jugement a retenu contre moi un délit de prise illégale d’intérêt moral pour le seul et unique fait que j’ai un lien de parenté avec l’ancienne directrice générale des services.

J’ai décidé de faire appel de ce jugement, que je trouve inacceptable, puisqu’aucun texte ni aucune loi n’interdit ce type de situation.

Et s'il fallait une preuve supplémentaire, chacun aura remarqué que le président de la République vient de signer en direct à la télévision, la nouvelle loi sur la moralisation de la vie publique et que celle ci ne prévoit aucunement de condamner les liens de parenté frère/sœur dans la fonction publique.

J’ai également décidé de faire appel, car la directrice générale des services travaillait efficacement en mairie depuis plus de 16 ans et a permis de faire faire plusieurs dizaines de milliers d'euros d'économies à la ville, sans que jamais personne n’ait trouvé à y redire.

J’ai enfin décidé de faire appel, car dans notre fonctionnement républicain, c'est l’Etat et lui seul qui a toujours le dernier mot en matière de légalité et par deux fois, l'état a validé cette nomination et l’a même rendue exécutoire en lui conférant sa légitimité.

Comme le dit la loi, cet appel bloque le premier jugement, ce qui me permet de poursuivre mes différents mandats électifs.

Pour autant, et bien que rien ni personne ne m’y oblige, j’ai décidé de mettre un terme à mes fonctions de maire, de vice-président de la Métropole de Lyon et de président de Lyon Métropole habitat.

J’ai pris ces importantes décisions car je veux disposer du temps nécessaire pour défendre mon honneur, ma probité et mon honnêteté, sans que l’activité municipale et métropolitaine ne puissent en souffrir.

D'un point de vue plus personnel, ce changement va enfin me permettre de passer du temps avec ma famille et participer de façon plus soutenue à l’action de mon parti politique, le PCF, dans les luttes qu'il mène pour construire une société et un monde de paix, de liberté et d'égalité.

Enfin, je vais complètement me consacrer à ce qui a structuré mon engagement dans la vie politique, à savoir la lutte contre toutes les formes de racisme, de discriminations et de rejet des différences.

Chers collègues,

En faisant le bilan de tout ce qui a été réalisé durant ces 25 ans, j’ai le sentiment du travail et du devoir accomplis, et d’avoir bien œuvré pour notre ville et ses habitants.

Je remercie les différents élus qui ont partagés mes combats, mes espérances et parfois mes souffrances.

Je remercie également les cadres et personnels du service public communal pour leur investissement et leur dévouement au service de notre ville et de sa population.

Je remercie enfin tous les partenaires publics et privés pour l'intérêt constant qu'ils portent à Givors.

J'adresse mes vœux de réussite aux futurs adjoints et conseillers municipaux en espérant que le sens de l'intérêt général prenne plus souvent le pas sur les pratiques sectaires et politiciennes qui sont dévastatrices pour la démocratie.

Je veux enfin souhaiter bonne route à Christiane Charnay qui va avoir la lourde tâche de gérer cette ville.

Chacun connaît Christiane, son dynamisme, sa grande disponibilité et son empathie avec les givordins.

Depuis que nous sommes élus, je l'ai vu à l'œuvre, nuits et jours, en semaine comme le week-end.
Je l’ai vu prendre ses responsabilités notamment lors des évènements douloureux que sont les inondations lorsqu’en pleine nuit, il a fallu reloger des dizaines de locataires.

Je l’ai vu sur les terrains de sport et dans les manifestations culturelles.

Je l’ai vu au contact du personnel communal qui va avoir grand besoin de relais efficaces dans sa lutte pour le service public.

Oui, en plus de 20 ans j'ai vu son sens aigu du réel, sa loyauté de tous les instants et sa grande capacité à créer du lien.

À l'évidence, avec Christiane Charnay, Givors sera entre de bonnes mains.

Il y a 25 ans, juste après mon élection de maire, j'ai souvent entendu dire que "Martial était bien gentil, mais qu'il ne tiendrait pas longtemps."

Un quart de siècle après, j'imagine que les mêmes propos seront tenus contre Christiane en y ajoutant les réactions mysogines et matchistes de la part de ceux qui n’acceptent pas, que pour la 1ère fois, le maire de Givors, soit une maire et qui ne manqueront pas de dire que Christiane Charnay, parce qu’elle est une femme, sera une maire sous tutelle.

Face à ces comportements qui révèlent tout autant un mépris pour les femmes, qu’un archaïsme d’un autre âge, je me permets de te dire Christiane, de rester ce que tu es, d'avoir confiance en toi et de laisser les injures pour ce qu'elles sont.

Malgré les attaques, les rumeurs et les trahisons que tu as inévitablement rencontrées depuis toutes ces années, comme je les ai moi même rencontrées, je veux également te dire qu’il est primordial de garder le goût des autres.

De garder le goût des autres et de cultiver ton sens de l'humain, pour démontrer que le débat politique peut se dérouler sans hurlements, sans haine et sans attaques personnelles.

De garder le goût des autres car chaque individu, qu'il soit maire ou pas, connaît des joies, des peines et des émotions.

En définitive, de garder le goût des autres, tout simplement parce que nous sommes des êtres humains et que chacune et chacun à droit à sa part d'humanité.

A l'évidence, la réalité nous montre que la route sera encore longue, tant la vie est jalonnée de bataille d'égos, de jalousies et d'hypocrisies.

Je reste malgré tout persuadé qu'il est indispensable de toujours placer l'humain au centre de toutes nos préoccupations car c'est la seule issue pour donner du corps et du sens à l'engagement politique et la seule voie possible pour redonner de la crédibilité a notre démocratie.

Mesdames, messieurs,

Arrivé au terme de ces quelques mots, je formule mes vœux les plus sincères pour que cette assemblée ait la volonté de gérer cette ville en pensant à l'intérêt général et, je voudrais une nouvelle fois remercier la population givordine en lui disant de rester fidèle aux valeurs de solidarité et de fraternité qu’elle porte avec fierté et courage et qui donne de si belles couleurs à cette ville de Givors."

Publié dans Rhône

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