Congrès extra : contribution de Jean Chambon à la préparation de la réunion des sections du 18 novembre

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Congrès extra : contribution de Jean Chambon à la préparation de la réunion des sections du 18 novembre

 

Faire vivre un Parti communiste révolutionnaire !

 

A 15 jours de la réunion nationale des sections, je veux livrer mes interrogations et inquiétudes notamment sur la méthode utilisée pour orienter le contenu des débats et les actes en découlant.

 

Certaines contributions et interviews me donnent le sentiment d’être en présence d’un projet prédéfini, alors que la réunion n’a pas encore eu lieu. Cela n’est pas convenable. Je veux affirmer dès cette entame, que les sections doivent rester maîtresses des prérogatives qui leur ont été fixées : contenu de leur débat, choix des problématiques et des décisions incluant la date du congrès.

 

La commission mise en place par le CN est discutable. Elle aurait du comporter au moins 50% de sections, 25 % de secrétaires fédéraux et 25% de responsables de collectifs d’activité du parti.

 

Les sections devraient pouvoir constituer un nouveau collectif pour concrétiser leurs actes à l’issue de leur réunion. Elles peuvent viser une nouvelle composition allant dans le sens que je préconise. Je ne nie pas que la direction nationale ait un rôle à jouer. Au contraire je pense qu’elle devrait surtout se mettre à disposition et non chercher à diriger cette préparation exceptionnelle d’autant que depuis le résultat des législatives, une certaine défiance existe à son encontre.

 

Tout d’abord le questionnaire.

 

Il nie le besoin et la demande d’échanges collectifs. Il dilue ou noie des questions essentielles notamment celle qui a motivé mon soutien à la tenue du congrès : «  comment en sommes-nous arrivés là ? » constatant le désastre des législatives. Cette question taraude les communistes qui veulent comprendre. C’est leur droit et c’est d’autant plus compréhensible que militants de proximité, ils se sont engagés sans compter pour obtenir souvent un piètre résultat qu’ils sentaient arriver tant nos incohérences étaient évidentes.

 

Peuvent-ils et doivent-ils être privés de ce débat ? Des camarades me répondent « nous n’allons pas refaire l’histoire, il faut aller de l’avant. ». D’autres affirment que « quelle que soit la stratégie adoptée, le résultat aurait été le même». Enfin d’autres, droits dans leurs bottes, clament que« notre stratégie est la bonne, nous n’en changeront pas, et que je perds mon temps ! ».

 

Dans les trois cas, je ressens que la motivation tient au refus du débat critique objectif sur la pertinence de notre stratégie politique adoptée pour ces élections du printemps dernier.

 

Pourtant pour tout marxiste, ce débat est incontournable, si nous voulons ensemble définir correctement le sens, le contenu et les étapes des transformations à opérer dans le parti pour qu’il soit plus utile et plus efficace aux salariés et aux citoyens dans leurs luttes quotidiennes et pour qu’ils s’engagent dans le combat révolutionnaire pour la conquête des pouvoirs leur permettant de construire dès maintenant et dans la durée le « communisme » du 21ème siècle en dépassant le capitalisme en crise systémique jusqu’à son abolition.

 

Je pense que cette absence de débat de fond et de clarté sur les intentions de la direction nationale, conduisent des adhérents à ne pas remplir le questionnaire, ou a le remplir par défaut, de dépit certains affirment « qu’ils le feront  par discipline de parti. »

 

Les 5 000 questionnaires retournés sur environ 50 000 adhérents seront-ils suffisants pour établir une feuille de route partagée et pertinente. Et ce d’autant que la maîtrise du questionnaire, des réponses fournies et de leur interprétation politique est une inconnue. Les sections en seront-elles privées ? A ce jour, c’est la direction nationale qui a en main ce traitement politique avec un collectif mise en place par elle-même donnant le sentiment que plus on avance, plus le cadre du débat est réduit et verrouillé. Cela ne me semble pas conforme à l’esprit qui a commandé la décision de cette réunion nationale des sections.

 

Il est important que les sections ne se laissent pas déposséder des prérogatives qui leur sont fixées,  qu’elles construisent leur réunion nationale et établissent elles-mêmes leurs décisions pour construire le congrès.

 

Ensuite, la date du congrès.

 

J’ai le sentiment que l’on cherche à le repousser le plus possible du résultat des législatives, conduisant à estomper les motivations qui ont conduit à décider du congrès.

Pourquoi ? Certains avancent l’idée que cela découlerait de questions statutaires et du timing imposé pour un congrès avec l’éventualité de textes alternatifs. D’autres pensent que ce congrès est l’occasion de traiter des européennes de 2019, de définir les lignes d’action et la stratégie du parti.

Je veux répondre à ces arguments.

 

Quand on parle de congrès extraordinaire, cela a pour moi un sens, celui de sortir de l’ordinaire provoqué par un évènement exceptionnel, dans notre cas le résultat des législatives est cet évènement. C’est le point de départ commun à tous, il devrait demeurer le fil rouge du parti jusqu’à la clôture du dit congrès. Pour cela, dès la réunion nationale des sections, il convient de décider de ne pas s’éloigner de cet évènement tout en créant les conditions d’un débat clair et loyal.

 

En ce sens, il me semble que le congrès devrait se tenir dans le second trimestre 2018, le mois de mai convenant car il permettrait de le coupler avec le 50ème anniversaire de mai 68.

 

Si nous voulons rester dans « l’extraordinaire » ne faut-il pas que les sections envisagent de créer les conditions pour que leurs décisions ne conduisent ni à des frustrations par des non-dits, des questions éludées ou rejetées, ni à des divisions. Ces frustrations et ces divisions motivant en général le besoin d’expression collective avec un ou des textes alternatifs.

 

Ecrire un texte ouvert soumis au débat des communistes  

 

Ne faut-il pas que les sections fixent l’objectif d’un texte très ouvert, pointant les problématiques et les questions essentielles, les termes des débats, les différentes réponses possibles. Les réponses politiques définitives seraient co-construites par le débat des adhérents et le congrès ?

Si cette démarche était retenue, ce texte pourrait être disponible dans le mois de décembre et donner lieu au débat des adhérents de décembre à février organisé par les sections avec l’aide des fédérations et de la direction nationale.

 

L’idée de travailler par chantier ne me parait pas s’inscrire dans cette démarche, c’est trop long et ça repousse les échéances, isole les réflexions et fait perdre la cohérence d’ensemble.

Certes, ma suggestion n’a pas la vertu d’empêcher des textes alternatifs, mais elle en réduit les possibilités ainsi que les divisions car j’espère que ce congrès sera une chance d’unir les communistes et non de les diviser comme cela fut le cas avec les suites qui ont été données par la direction nationale à la conférence du 4 novembre 2016.

 

Ces suites ont handicapé la mobilisation et l’engagement dans les campagnes électorales. Cela aurait pu être évitée, si la direction nationale avait considéré que le vote majoritaire de la conférence nationale constituait « son mandat », permettant aux communistes de faire un choix sereinement avec comme repère l’indication majoritaire fournie aux adhérents par la conférence nationale. Une partie de la direction nationale en a décidé autrement, on en voit les conséquences.

 

Un tel texte ouvert invitant à la co-construction des communistes devrait pointer la question du rassemblement, des alliances électorales et donc de notre stratégie politique.

 

Revisiter notre conception du rassemblement

 

Pour ma part, depuis des années je constate que les stratégies mises en œuvre conduisent à effacer notre parti, qui n’est dès lors plus en mesure de porter ses idées novatrices, le contenu radical et transformateur de nos propositions, avec pour seul objectif de gagner au sommet des rassemblements politiques boiteux pour obtenir quelques élus-es. Cela se réalisant avec un abaissement de nos idées et de nos propositions, certains considérant qu’elles font obstacle à l’unité.

 

Je persiste à penser que c’est l’inverse, plus nos idées et nos propositions sont popularisées, clairement énoncées et non pas avec de vagues formules, et plus grands sont les possibles en termes de mobilisation et de rassemblement. La question du rassemblement induit d’autres questions : Pour quoi faire ? Avec qui ? Avec quel rapport de forces et quelle autonomie du Parti ?

Ne faut-il pas en débattre ? Je le pense, surtout que cette problématique qui travaille le parti régulièrement vient de loin, du congrès de Martigues pour être plus précis.

 

Ne devons-nous pas à la lumière de nos diverses expériences revisiter cette stratégie d’effacement qui a conduit à notre affaiblissement en termes de force politique autonome et organisée et en audience électorale. N’est-il pas temps de redéfinir notre conception du rassemblement avec comme préoccupation l’autonomie politique du parti et son besoin de retrouver des capacités d’initiative ?

 

Le rassemblement nécessaire, est-il celui concocté au sommet entre des forces politiques diverses qui ont des projets et des objectifs différents et pour lequel nous affadissons notre autonomie, nous nous effaçons laissant à penser qu’il serait possible d’apprivoiser le capitalisme mondialisé et financiarisé alors que sa crise le conduit à être plus cruel, à démolir les protections des salariés et des citoyens, à nier la démocratie, les besoins sociaux, l’égalité, à provoquer des guerres pour assurer ses dominations et à sacrifier au nom du profit, les êtres humains et leur environnement.

 

L’échec des tentatives social démocrates et social libérales démontrent bien qu’il y a aucun aménagement ou accompagnement possibles du capitalisme. Ou on le subit ou on le détruit !

 

Notre conception du rassemblement n’est ce pas l’ambition de contribuer au rassemblement de toutes les diversités de notre peuple sur des objectifs transformateurs à porter dans les luttes et s’inscrivant dans la durée, afin de construire les rapports des forces nécessaires pour battre le capitalisme et lui imposer des avancées transformatrices, en rupture avec les logiques actuelles et qui valorisent les êtres humains et contribuent à leur libération et leur émancipation.

 

Il nous faut recréer de l’enthousiasme à s’engager pour changer radicalement la vie. Pour cela le PCF doit cesser de se renier. Paralysé par une vision étriquée de son histoire (le concept de communisme date de 1848 et nous confondons encore souvent « soviétisme » et communisme), il a fait sa mue pour pouvoir être respectable et respecté. Le résultat, c’est un parti à la remorque d’une social-démocratie hier ou d’un populisme de gauche aujourd’hui, qui n’arrive plus à convaincre, à entraîner, à donner de l’espoir et qui s’éloigne des premiers intéressés par la révolution.

 

Depuis des années, nos concepts fondateurs sont peu à peu vidés de leur sens. Nous survivons grâce à l’engagement de militantes et militants sincères et fidèles à l’engagement d’une vie. Des militants qui, malgré les difficultés et les errements, croient toujours en l’étincelle qui peut faire vaciller le capitalisme. Ils et elles sont la richesse inestimable de notre parti.

 

Rompre avec la stratégie d’effacement du parti, de ses idées et propositions

 

Il ne s’agit pas de « rassembler autour de nous », il s’agit d’être l’outil politique dont les masses se saisissent pour construire du commun, pour se rassembler et pour agir. Cela suppose un parti autonome, très démocratique qui diffuse, popularise ses idées et propositions et donne en permanence confiance à ses adhérents plutôt que le doute sur leurs capacités qui mène à la résignation et au défaitisme.

 

Une telle conception du rassemblement pose de fait autrement la question des alliances électorales et pose aussi autrement l’existence, le rôle, l’utilité, le fonctionnement et la conception des directions collectives, de tout le parti.

 

Cette question devrait être au cœur de la préparation du congrès extraordinaire qui devrait rompre avec cette stratégie d’effacement et faire le choix de l’autonomie du parti en faisant vivre ses idées, son projet, ses propositions et en donnant les moyens aux structures de proximité d’animer cette conception communiste en premier lieu dans les quartiers populaires et les entreprises où l’affrontement de classes est terrible et va se durcir avec les ordonnances Macron.

 

Le traitement des élections européennes découlera, des choix du congrès. En aucun cas ces élections ne peuvent interférer sur le congrès et sur les choix qu’il fera.

 

Vu ainsi, les élections européennes ne peuvent venir qu’après le congrès extraordinaire. Celui-ci pourrait alors décider de tenir une conférence nationale dès septembre ayant pour unique objet les européennes de 2019. Cette conférence aurait alors les choix du congrès comme boussole. Elle aurait à les mettre en œuvre et à définir dans ce cadre les alliances possibles à construire. Celles-ci ne seraient plus un objectif en soi mais un moment de la construction du rapport des forces politique avec l’affirmation des idées et propositions communistes concernant l’Europe et son devenir.

 

Traiter ainsi la question du rassemblement résout le problème du calendrier, permet aux communistes de s’unir et répond de manière offensive aux tentatives de diluer notre parti dans un conglomérat de forces politiques, à la remorque de FI et de son leader comme le préconisent les tenants du populisme de gauche, alors qu’elles n’ont pas les mêmes projets et objectifs.

 

Le besoin d’un parti communiste révolutionnaire

 

Ma dernière inquiétude provient du manque d’affirmation claire du besoin impérieux d’avoir dans notre pays un parti communiste révolutionnaire. C’est une question majeure. Les trois mots « Parti » « Communiste » et « Révolutionnaire » sont à la fois clairs et indissociables.

« Parti » parce que nous ne souscrivons pas à l’idée de mouvement et faisons le choix d’être une force politique organisée, structurée et avec un mode de vie démocratique où l’adhérent est la base de la pyramide pour décider, faire de la politique, pratiquer la lutte des classes en portant un projet communiste avec ses valeurs humanistes, écologiques et internationalistes.

 

« Communiste » parce que la crise systémique du capitalisme ne pourra être dépassée que par le communisme du 21ème siècle à faire vivre dans l’immédiat, dans les luttes en ayant pour visée l’abolition du capitalisme et l’instauration progressive d’une nouvelle civilisation dans laquelle les êtres humains, leur environnement et la démocratie sont les moteurs. Adhérent depuis 45 ans au PCF j’ai acquis la conviction que le communisme est non seulement d’une actualité évidente mais qu’il est un horizon universaliste vitale pour l’humanité tant le capitalisme l’entraîne vers la mort.

 

Il ne suffit pas d’affirmer que le mot communiste est quelque chose de déjà réglée dans notre parti, pour en déduire que notre orientation est en phase avec ce que devrait être la conception du communisme aujourd’hui. Cela pose la question de notre projet communiste, de son contenu et des propositions qui doivent porter des ruptures avec l’existant, comme par exemple la sécurité d’emploi et de formation. Elles doivent être énoncées avec clarté et précision, elles doivent être popularisées, débattues et enrichies notamment avec la formation marxiste de nos militants et adhérents. Nos abandons en ce domaine ont conduit à un assèchement de la pensée communiste et nous met en difficulté dans l’affrontement idéologique inhérent à la lutte des classes.

 

« Révolutionnaire », parce que nous faisons le choix de faire vivre dans les luttes et dans la démocratie un projet et des propositions qui transforment l’existant de chacun en toujours mieux. Le combat entre le capitalisme et tous ceux qui agissent pour l’instauration progressive d’une nouvelle civilisation découle de l’antagonisme entre le capital et le travail avec le besoin de s’attaquer aux formes nouvelles qu’il prend avec la dictature des marchés financiers et leur obsession de la rentabilité du capital qui est le moteur actuel des destructions humaines et matériels, de la surexploitation des salariés, de la pauvreté, du chômage de masse et des guerres.

 

Nous mesurons bien qu’il ne suffit pas de dénoncer « la finance » pour élever les consciences sur ce qu’il conviendrait de faire pour extirper le mal et faire que l’utilisation de l’argent devienne l’affaire des citoyens. Nous avons donc besoin de faire prendre conscience qu’il faut conquérir des pouvoirs démocratiques nouveaux sur l’utilisation de l’argent dans l’entreprise et dans les banques.

« Révolutionnaire » n’est ce pas la conscience que la construction progressive d’une autre civilisation est indissociable de la conquête de pouvoirs qui conduira à rendre possible l’abolition du capitalisme. C’est « une lutte à mort » avec comme enjeu central la prise des pouvoirs à tous les niveaux de décision, dans l’entreprise, dans les banques et dans les institutions de la commune à l’Europe pour décider avec les gens du sens et du contenu des transformations à opérer dont la mise en place d’une 6ème République.

 

Conquérir des pouvoirs pour construire dès maintenant « le communisme »

 

Cela nous conduit à réévaluer le rôle de l’Etat. Ne devons-nous pas dépasser l’illusion que l’action de l’Etat aurait le pouvoir de corriger les dégâts du capitalisme sans qu’il y ait besoin de conquérir des pouvoirs en tous lieux de la production des richesses par le travail, pour transformer l’existant en toujours mieux. Certes l’Etat a des pouvoirs au service du capitalisme, demain avec le rapport des forces, ces pouvoirs devront changer, accompagner, conforter ceux conquis par les citoyens en tous lieux où se prennent les décisions concernant leur vie quotidienne et future. Ainsi le développement des services publics avec leur démocratisation constitue une part décisive de cette évolution du rôle de l’Etat et de cette nouvelle civilisation à laquelle nous aspirons avec notre peuple.

 

Il s’agit dans cette contribution de quelques idées que je tenais à transmettre aux communistes et à la direction nationale. Bien évidemment tout n’est pas traité.

 

Ce congrès doit réaffirmer notre identité communiste, non pas par nostalgie, mais bel et bien parce que le communisme est la seule et réelle alternative à notre monde, le chemin à la hauteur des enjeux de civilisation qui sont devant nous.

 

Il n’est pas question pour moi de faire le procès de quiconque, de désigner un ou des coupables ou de militer pour une tendance comme certains le laissent penser.

 

Je veux un vrai congrès extraordinaire qui fasse preuve d’audace, parce que sincère et collectif, parce que mettant sur la table le bilan objectif de ce que nous avons fait ces 20 dernières années.

Un congrès qui sort avec une feuille de route claire. Une clarification stratégique quant au rassemblement et aux alliances et une orientation politique et des pratiques qui renouent avec le marxiste, des propositions capables de nourrir des campagnes offensives et rassembleuses comme sur la Sécurité d’Emploi et de Formation, sur les enjeux de santé et la Sécu, sur les leviers à prendre pour prendre le pouvoir sur l’argent en lien avec la chasse aux coûts du capital, sur les Services Publics, sur notre conception de l’Europe et du monde, sur la paix.

 

Avec une direction collective resserrée, représentative de nos adhérents et de notre peuple et engagée à mettre en œuvre ce qui est décidé. Une communication moderne, un débat national sur l’Europe et le PGE, un travail suivi et sans à priori pour resserrer nos liens avec tous les partis communistes d’Europe et du monde pour faire vivre nos valeurs internationalistes.

 

Jean Chambon

Le 6 novembre 2017

 

 

Publié dans PCF

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