Pierre Bénite : Très bon débat sur les ordonnances Macron et les alternatives proposées par 1000 personnalités !

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Diaporama projeté en ouverture du débat public du 7 novembre

Stéphane BOCHARD pour la CGT et Frédéric RAUCH pour le parti communiste ont enrichi le débat public
Stéphane BOCHARD pour la CGT et Frédéric RAUCH pour le parti communiste ont enrichi le débat public

Stéphane BOCHARD pour la CGT et Frédéric RAUCH pour le parti communiste ont enrichi le débat public

La section de Pierre Bénite dans le Rhône a pris l'initiative d'organiser ce débat en soirée le 7 novembre avec les participations d'une quarantaine de personnes et de :

  • Frédéric RAUCH économiste, membre de la direction de Publication de la Revue "Economie Politique" et membre du Conseil National du PCF
  • Stéphane Bochard membre du secrétariat régional AURA de la CGT.

Après avoir présenté ses invités, Jean Chambon secrétaire de la section a ouvert la soirée en présentant les 35 mesures emblématiques que contiennent les 5 ordonnances Macron et qui visent à casser le code du travail et à amoindrir les capacités de résistance des travailleurs.

Chaque diapo projetée permettant de faire la différence entre ce qui existe aujourd'hui et ce qui va disparaître demain et dans beaucoup de cas être aggravé.

Pourquoi cette présentation ? Parce qu'aujourd'hui, nombre de militants parlent en général des ordonnances sans savoir toujours avec précision ce qu'elles vont transformer effectivement pour chacune et chacun. Il s'agit de bien savoir de quoi l'on parle tout en ouvrant à la réflexion politique, à l'élévation des consciences sur ce qui est mauvais, le besoin d'alternatives et sur le rapport des forces à construire.

Est-il justifié d'opérer un tel retour en arrière ? Si cela est injuste et non fondé socialement et économiquement, comment empêcher que les députés votent la loi de ratification, cela pose la question du rapport des forces et donc de l'unité ?

Le PCF comme la CGT mènent bataille contre les ordonnances, mais ils ne veulent pas non plus le maintien de l'existant qui est terrible avec plus de 6 millions de chômeurs, près de 10 millions de pauvres et des millions de salariés précarisés qui ne cessent de passer d'une situation d'emploi précaire à une situation de chômeur et ainsi de suite.

Expliquer, analyser est bien, mais cela ne suffit plus aujourd'hui, il faut transformer l'existant en mieux, en beaucoup mieux pour chacune et chacun, au travail et dans la société.

Le peuple français s'appauvrit gravement alors que d'un autre côté les progrès technologiques sont gigantesques et bousculent le quotidien tant dans notre vie de citoyen que dans les entreprises et alors que des milliards d'€ sont captés sur les richesses produites par une minorilté d'ultra-riches, les banques, les marchés financiers, les grands groupes mondiaux.

Est ce possible de continuer ainsi et d'accepter une telle dictature des marchés financiers et du patronat, représentés par Macron, qui met en danger la vie de chacun et notre environnement ? Est-il possible de faire autrement ?

La CGT a des propositions, de même le Parti communiste avec la sécurité d'emploi et de formation et beaucoup d'autres propositions qui touchent à la révolution informationnelle, à l'utilisation de l'argent, à la démocratie et la conquête de nouveaux pouvoirs partout.

La soirée avait donc un double objectif : s'éclairer sur les enjeux des ordonnances et débattre des alternatives pour transformer en profondeur les conditions actuelles, du travail pour le revaloriser afin qu'il ne soit plus une aliénation des êtres humains, mais un moyen pour leur émancipation et leur développement,;, chez nous, en Europe et dans le monde.

(Voir en pièce jointe le diaporama projeté sur les ordonnances.)

Après avoir visualisé le diaporama, le débat a été ouvert avec un rappel du calendrier.

Le principe et les grandes lignes des 5 ordonnances Macron ont été discutées à l’Assemblée Nationale en juillet et août. Elles ont été adoptées par la majorité LREM (Macronistes) le 30 août 2017.Les députés communistes ont mené une bataille acharnée et fait des propositions importantes pour changer la vie au travail des salariés en mieux, ils n’ont pas été entendus par la majorité gouvernementale.
 
Le gouvernement a donc été autorisé à prendre par ordonnances des dispositions très rétrogrades touchant à la vie des salariés au travail (emploi, salaires, conquis sociaux, santé, droit syndical, sécurité etc.). C’est l’ensemble du code du travail qui est remis en cause pour flexibiliser et précariser les salariés et donner la liberté totale aux patrons d’imposer leurs exigences pour augmenter l’exploitation et les profits !
Après une fausse concertation avec les syndicats, le 22 Septembre, le Conseil des Ministres a adopté les textes définitifs des ordonnances, signés par le Président de la République et publiés au Journal Officiel. Certaines mesures font l’objet de décrets.
 
Les ordonnances doivent faire l’objet maintenant d’un projet de loi de ratification qui sera soumis à l’Assemblée Nationale qui pourra soit les ratifier ou soit les rejeter si les députés jugent qu’elles ne sont pas conformes aux textes votés initialement ou si les mobilisations sont suffisamment puissantes pour obliger le gouvernement et les députés à reculer.
 
Le gouvernement a trois mois pour déposer son projet de loi avec le détail des ordonnances. Il a donc jusqu’au 30 novembre pour faire voter la loi dite de ratification.

 

Rien n’est donc joué ! Tout dépend de nous, les salariés, les citoyens et les jeunes.

Un rappel a été fait sur les mobilisations. Elles ont commencé en juin et se sont poursuivies en juillet. Dès la fin août, la CGT devant la gravité des mesures a pris l’initiative en recherchant en permanence l’unité syndicale afin d’avoir le rapport des forces nécessaire. Le parti communiste a lui-même pris des dispositions pour soutenir, pour informer et proposer une autre alternative que ce grave recul social.
 
ll y a donc eu le 12 septembre, le 21 septembre, le 10 octobre, le 19 octobre. Des reculs ont été imposés comme pour les chauffeurs routiers et les dockers. Des luttes ont lieu dans les entreprises et les branches.
 
Se prépare une nouvelle journée unitaire de grèves et de manifestations à l'appel de la CGT, de FO,, de Solidaires et des organisations de jeunesse l'UNEF, la FIDL et l'UNL. C'est le 16 novembre,
 
Les 5 ordonnances sont l'expression d'une politique ultralibérale qui va considérablement accroître les inégalités au profit d’une minorité.
 
Le diagnostic qui sous-tend ces ordonnances est erroné.
 
Dans un contexte de globalisation, de financiarisation et de mutations technologiques, nous récusons l’idée selon laquelle, face à la persistance d’un chômage de masse, la solution consisterait à « restaurer les mécanismes du marché » et à toujours plus marchandiser le travail : faciliter les licenciements et exacerber la concurrence salariale et sociale, renforcer le pouvoir patronal, réduire le « dialogue social » à un tête-à-tête entre employeurs et salariés au niveau de l’« entreprise », inciter au dumping social.
 
Tout cela pour poursuivre encore la baisse du « coût du travail ». Il repose sur l’idée paradoxale que la lutte contre le chômage passerait par des licenciements plus faciles. Ce qui est une ineptie!

Enfin les ordonnances ne contiennent rien :

-  sur les relations mortifères entre la finance et l’investissement, sauf de les renforcer en autorisant les licenciements en France dans les multinationales sans regarder leurs profits à l’étranger

-  sur l’évaluation nécessaire de l’usage des fonds publics et des liquidités bancaires massivement versés aux entreprises -  sur la responsabilisation des grands groupes envers les PME/TPE

-  sur la formation

-  sur la responsabilité sociale et environnementale des multinationales à base française dans leurs transferts financiers ou productifs à l’étranger (paradis fiscaux, délocalisations, etc.),

-  sur l’exercice par les salariés de pouvoirs réels sur la gestion des entreprises.

Ces ordonnances doivent être retirées ou très profondément modifiées. Les députés devraient les rejeter.

C’est une toute autre politique qui est nécessaire pour l’emploi et le travail.

Il faut viser une sécurité réelle de l’emploi, organiser une maîtrise par les salariés de leurs mobilités, créer les moyens de consacrer des dépenses nouvelles au développement des capacités humaines, désintoxiquer les entreprises de la finance, créer de nouveaux pouvoirs des salariés et des populations sur l’utilisation des marges des entreprises et de leurs aides publiques, discuter d’une réduction importante du temps de travail.

Nous voulons renforcer le pouvoir d’innovation économique et sociale des salariés au lieu de s’en remettre à des logiques financières, à la logique des actionnaires, en laissant le monopole du pouvoir aux dirigeants d’entreprises. Nous refusons de réduire l’entreprise à une société de capitaux cherchant leur rentabilité financière maximale. Bref, il s’agit de gagner de nouvelles libertés.

Cela permettrait aussi de relancer la demande et l’activité par l’investissement matériel mais aussi immatériel dans la formation, la protection sociale et dans une véritable transition écologique en France et avec nos partenaires européens.

Cette démarche a été validée par 1000 militants syndicaux, associatifs, politiques, élus et intellectuels d’horizons divers qui veulent ouvrir un débat social et citoyen pour un projet alternatif allant vers une véritable sécurisation de l’emploi et de la formation. Ils proposent et agissent pour que huit domaines soient discutés

1) Renforcer les garanties et protections des salariés et travailleurs, tout particulièrement par l’instauration de contrats de travail vraiment sécurisés pour les salariés, et par des formules spécifiques pour les nouveaux entrants dans le monde du travail et les seniors;

1)

2) Une nouvelle articulation entre formation et emploi, visant à mettre fin à l’alternance entre travail (plus ou moins précaire) et chômage;

3) De nouveaux droits individuels et collectifs pour les salariés (formation, organisation du travail, pénibilité, licenciements, etc.) et les chômeurs (indemnisation, licenciement, protection sociale, accompagnement);

4) Une refonte profonde du service public de l’emploi pour lui faire jouer un nouveau rôle de sécurisation des revenus et de l’emploi;

5) Une extension et une modulation des cotisations sociales en fonction de la politique d’emploi des entreprises, avec un bonus-malus anti-licenciements et contrats précaires.

6) Une réorientation de l’ensemble des « aides » actuelles pour baisser le coût du capital (dividendes, intérêts bancaires, accumulation financière, …) au lieu de celui du travail;

7) Une réduction offensive du temps de travail assortie à la fois d’une autre politique d’embauche pour lutter contre le chômage et de la mise en place de droits des travailleurs concernés sur la définition de leur charge de travail, sur leur évaluation et sur les effectifs nécessaires;

8) La dévolution de moyens financiers nouveaux aux salariés et aux institutions représentatives du personnel, en lien avec les syndicats, à l’appui de droits nouveaux de propositions alternatives contre les licenciements, fermetures d’entreprises et sur la GPEC (gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences). Il faut tout particulièrement ouvrir un véritable droit de suivi des salariés sur l’utilisation des aides publiques voire de saisine du crédit bancaire, permettant un réel partage des pouvoirs sur les investissements et les décisions de production.

Le renforcement du rôle de suivi et d’interpellation des organisations syndicales et des représentants des salariés dans les entreprises irait de pair avec la création, dans les territoires ou au niveau des branches, de nouvelles institutions sociales faisant le lien entre les entreprises, l’argent à leur disposition, les territoires concernés, la sécurisation et la formation des salariés et des privés d’emploi.

Il devrait s’agir, en définitive, de viser à la fois une autre démocratie et une autre économie, le social pouvant devenir le moteur d’un nouveau type d’efficacité économique et écologique. L’enjeu est démocratique.

Il est aussi d’inciter à une autre utilisation des moyens financiers (marges des entreprises, crédits bancaires) pour appuyer les investissements matériels et de R&D favorables à la création d’emplois, à leur sécurisation, à la réduction du temps de travail, à l’accroissement des qualifications, aux économies de matières, à de moindres pollutions et à la création de richesses dans les territoires, visant ainsi une nouvelle efficacité économique, sociale, humaine et écologique.

Les interventions

Elles ont porté sur l'inquiètude devant de tels reculs, sur le devenir des êtres humains qui ne trouvent plus leur route pour être heureux. Il est constaté que le monde change et que ce changement n'est pas un signe de progrès tant il est imposé par le capitalisme en crise.

Comment mobiliser et rassembler devant de tels enjeux ? Apparemment ce que nous faisons jusqu'à présent ne marche pas affirme un intervenant, N'y a t-il pas une autre façon de faire a demandé cet intervenant ? Devons-nous rester dans la situation qu'ils imposent aux êtres humains, c'est à dire producteur-consommateur ? Comment faire progresser les êtres humains et les libérer de ce carcan imposé par la finance?

Un intervenant a montré que cette politique néolibérale n'était pas propre à la France et qu'elle était mise en oeuvre dans d'autres pays d'Europe et du monde et a questionné : qu'est ce que l'on fait plus loin ? Si on laisse perdurer l'exploitation de l'homme par l'homme, on va régresser dans tous les domaines.

Face à de tels dangers on a besoin de fraternité, de beaucoup d'échanges, de transmissions des savoirs et d'éducation populaire. On a de vraies questions à travailler et notamment sur le travail, il a changé, il change et va encore changé sous l'impulsion des technologies, du numérique et de la robotisation. Que proposons-nous pour que cela ne se traduise pas par des reculs sociaux et plus de richesses accumulées par un petit nombre ?

Un intervenant a confirmé que c'est à l'échelle du monde que cette politique était pratiquée, et a précisé que les pays n'étaient pas tous au même niveau de développement; Nous en France nous avons des acquis importants qui sont devenus insupportables au capitalisme. La question selon lui, est de répondre à l'interrogation, l'évolution doit-elle être un signe de progrès pour tous ou au contraire par des destructions ? Il y a eu des périodes où le potentiel économique du pays était beaucoup moindre que celui d'aujourd'hui et pourtant il a été fait des réformes progressistes qui ont tiré tout le pays dans la voie du développement. Il estime qu'il y a besoin chez les gens de connaître notre histoire, il faut revenir sans cesse dessus.

Un intervenant a informé que Gattaz demandait que la France sorte de l'OIT car même celle-ci est devenue avec ses règles, un obstacle aux ambitions de la finance. Si la France régresse, comment cela va t-il se passer pour les autres, on va vers des catastrophes et notamment pour la jeunesse. Il faut lui transmettre le savoir et la mobiliser.

Un intervenant estime que l'un des obstacles à la mobilisation est résumé dans l'expression entendue : "on sort des élections, ils ont été élus-es, laissons leur le temps de faire leurs réformes." Certains quand ils prennent connaissance du contenu des réformes, disent : " c'est pas possible, ils n'ont pas été élus pour faire ça!". Il y a donc un gros travail d'explications.

Un autre pense que les forces financières tiennent leurs pouvoirs du fait qu'il y a des consommateurs qui achètent des productions finies et des services. Dire "on fait la grève de la consommation" n'est pas réaliste, déjà les gens n'arrivent pas à satisfaire leurs besoins car leur compte bancaire ne bouge pas depuis des années avec l'austérité. Il pense qu'il faut créer de l'espérance avec des propositions qui montrent qu'il n'y a pas de fatalité et que l'on peut faire aboutir;

Stéphane Bochard pour la CGT (Extraits)

A remercié la section d'avoir invité la CGT. Il a précisé que si les ordonnances sont très techniques, il y a besoin de s'approprier les contenus de chacune d'elle afin que les salariés mesurent ce qui peut se passer pour chacun d'eux, c'est une des bases pour gagner leur mobilisation. On constate que les gens restent sur les grandes idées libérales portées par les médias qui travaillent à la fois la fatalité et la résignation.

Il faut faire un effort de compréhension et démontrer que le diagnostic du gouvernement pour décider de tels reculs, est faux ! La CGT n'est pas la seule à le dire et à le montrer. En fait, on est confronté à un choix politique fait par l'Union Européenne de libéraliser les droits et les services. La bataille idéologique est terrible et de plus en plus elle vise à opposer les salariés et les gens entre eux.

Concernant les mobilisations, la CGT dés le départ, a mobilisé contre les ordonnances et pour des propositions qui visent à sécuriser les salariés, leur emploi et qui s'inscrivent dans une autre répartition des richeses produites mais aujourd'hui captées massivement par le capital, les actionnaires. La CGT  a affirmé sa volonté unitaire d'autant qu'en 2016 contre la loi El Khomri nous étions ensemble avec FO et d'autres. Nous étions unis sur une plateforme commune qui reste totalement valable contre les ordonnances Macron.

Nos efforts commencent à payer puisque le 16 novembre, il y a FO dans le coup. Il y a donc élargissement ce qui va favoriser la mobilisation. Effectivement rien n'est joué tant pour la loi de ratification que pour les batailles que nous allons avoir à mener lors des négociations de branches et dans les entreprises quand les patrons vont passer aux actes.

La plus grande difficulté rencontrée est le décalage entre les militants d'une part et les salariés et les citoyens d'autre part. Cela pose la question d'ancrer l'activité syndicale de résistance et de propositions dans les entreprises pour mobiliser les salariés et faire progresser le rapport des forces. Il y a besoin à ce niveau là d'initiatives multiples qui convergent avec des coordinations de l'action confédéralisées. Mesurons que cela  a déjà fait reculer le patronat et le gouvernement chez les dockers et les chauffeurs routiers.

Nous devons également avoir conscience que la méthode Macron nous allons devoir faire avec pendant 5 ans. Elle consiste à des fausses consultations avec les organisations syndicales prises séparémment pour évaluer ce qu'il possible au gouvernement de lâcher sans remettre en cause le fond imposé par Macron et le patronat mais qui empêche l'unité d'action. C'est pourquoi la CGT est favorable à ce que les organisations syndicales se retrouvent régulièrement entre elles, pour faire le point et décider d'initiatives communes. La méthode Macron, elle va se mettre en oeuvre sur la formation professionnelle, sur l'apprentissage, sur l'évolution de pôle emploi et dans d'autres domaines.

Enfin, il affirme que ces ordonnances ne parlent pas du travail. A nous de se saisir de cela, et d'avancer nos propositions. Il y a une forte attente sur cette question d'autant que l'on assiste à une dégradation terrible des conditions de travail, de la santé au travail aggravée par la précarité, la mobilité, l'austérité avec des répercussions dans toute la société.

Frédéric Rauch pour le parti communiste (Extraits)

Il a souligné que partout nous avions besoin de telle initiative pour éclairer les salariés et les citoyens. Il considère qu'il faut beaucoup plus argumenter concrètement à partir des situations vécues, car les gens ont conscience que le contenu des ordonnances n'est pas bon mais ils n'arrivent pas à comprendre la logique. Nous avons donc besoin de l'analyse des différentes mesures prises par Macron et de montrer la cohérence d'ensemble, c'est ce qui va permettre de lever des obstacles qui sont dans les têtes.

Les ordonnances Macron et les attaques contre le code du travail, contre tout ce qui sécurise les salariés, leur emploi, leur salaire, leur santé ne sont pas les premières. Elles s'inscrivent dans le prolongement et avec la même logique que ce qui a été fait précédemment notamment l'ANI, les lois Rabsanem et la loi El Khomri. En 2016, nous avons fait reculer le gouvernement sur certains aspects, ils sont aujourd'hui remis en cause avec les ordonnances. Même la rupture conventionnelle initiée par Sarkozy est reprise par Macron pour en faire une "rupture conventionnelle collective" permettant aux patrons d'éviter le passage par les plans de licenciements.

On le constate, il y a une seule cohérence qui a deux facettes, d'une part baisser le coût du travail et d'autre part amoindrir les capacités de résistance des salariés.

La logique c'est toujours la même, acheter la force de travail une valeur A et la revendre une valeur A'. La différence A-A' résulte de l'exploitation, mais qui la récupère? A grande échelle où passe l'argent ? Dans chaque entreprise on peut amener les salariés à se poser ces questions. Depuis 1945, avec les services publics et la sécurité sociale on a pu extraire une part de ces richesses produites captées par le capitalisme et les utiliser pour le développement du pays et pour répondre à des besoins vitaux pour les gens comme le droit à la santé avec la création dela Sécu.

Aujourd'hui cela est insupportable pour le capitalisme qui en veut toujours plus. Il veut récupérer pour lui ces sommes utilisées pour les êtres humains. S'il peut obtenir cela, les sommes consacrées aux être humains seront transférées dans les poches des actionnaires, iront payer les frais bancaires facturés par les banques. C'est le coût du capital qui augmentera et le coût du travail qui baissera. L'annulation par Macron de la cotisation sociale s'inscrit dans cette démarche d'ensemble et dans cette cohérence avec en toile de fond la privatisation de la sécurité sociale.

Macron parle de restaurer l'efficacité du capital. Mais l'efficacité est-ce de prendre plus de richesses aux entreprises pour les donner aux actionnaires et aux banques comme le fait Macron ? Ou est-ce de les partager autrement dès leur création en faisant plus pour les salaires, l'emploi, la formation etc et faire en sorte que les êtres humains se développent, s'épanouissent et que leur environnement soit protégé ?

En posant simplement ces questions, on mesure que l'on a besoin de mettre le social au coeur des critères de gestion des entreprises afin que l'utilisation des richesses soit orientée vers la satisfaction des besoins sociaux, une autre manière de produire qui économise des ressources, protège l'environnement, et vers des investissements utiles pour mieux produire, protéger les salariés, réduire leur usure et réduire le temps de travail.

Aujourd'hui ce sont des milliards de fonds publics qui sont prélevés sur les citoyens via le budget de l'Etat et sont transférées aux entreprises, au capital! Le CICE c'est 20 milliards annuels qui vont passer à 30 milliards. C'est un gâchis énorme, sans efficacité pour la société, le chômage ne recule pas, la précarité et les inégalités s'aggravent. Il n'est plus possible de continuer ainsi !

Face à l'argument de Macron qu'il résume par "liberté et mobilité", interrogeons: liberté pour qui ? Pour les hommes ou pour le capital ? Mobilité pour qui et dans quelles conditions? Mobilité contrainte ou mobilité choisie? Nourrissons ce débat de propositions alternatives, de contre projets et les communistes n'en manquent pas. Il leur revient de les faire vivre pour être utiles.

Face à la cohérence de Macron opposons une autre cohérence, celle du progrès social articulée à un autre partage des savoirs, des richesses, des pouvoirs et celle de la démocratie pour que chaque acte soit à la fois partagé par les citoyens et utile au développement de la société c'est à dire aux femmes et aux hommes qui la composent.

Le projet communiste de Sécurité d'Emploi et de Formation est au coeur du débat avec Macron. Pour nous, il s'agit que le salarié tout au long de sa vie active ait le droit à des formations choisies avec la garantie de percevoir un revenu de formation équivalent à son salaire et d'un retour à l'emploi avec reconnaissance de sa nouvelle qualification ou la garantie d'accés à un autre emploi de son choix.

Imaginons l'impact social, économique et civilisationnel d'une telle mesure. Elle contribuerait à éradiquer le chômage, à un progrès culturel significatif et mettrait en condition les femmes et les hommes de relever le défi de la révolution informationnelle.

Une telle mesure permettrait d'accompagner les progrès technologiques et l'évolution des emplois générée. On serait positif car il n'y a pas de marche arrière possible des progrès technique et technologiques. La question est-ce qu'il sont toujours utiles ? Si oui comment cela peut-il aider au progrès humain notamment en termes d'emplois, de mises en formation, et de réduction du temps de travail, à la journée, à la semaine, sur l'année et sur l'ensemble de la vie active avec la retraite. Lautre question c'est celle de la maîtrise des outils technologiques et donc de la démocratie avec des droits et pouvoirs nouveaux dans les entreprises, la cité.

Attention aux dérégulations possibles faites au nom des progrès techniques et notamment les tentatives d'un retour du travail à la tâche ou pour un projet. Une fois fini le salariés retournant au chômage et dans la précarité. C'est une rotation négative imposée au salarié par le capital (chômage-précarité-travail limité etc) à laquelle nous opposons une rotation positive fondée sur le choisi et sécurisant le salarié tout au long de  sa vie.

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Publié dans Pierre Bénite

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