Grève à l’Holiday Inn : centième jour demain

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Grève à l’Holiday Inn : centième jour demain

Le mouvement, suivi par les salariés du sous-traitant de l’hôtel, a commencé le 19 octobre. Il est devenu le symbole de tout un système dénoncé par les syndicats. 

Demain, cela fera cent jours qu’ils occupent le terrain. Cent jours qu’ils arrivent chaque matin pour coller des affichettes sur les façades vitrées de l’hôtel Holiday Inn de Clichy. Puis s’installent à l’abri, pour déchirer des journaux et en faire des confettis, qu’ils éparpillent devant une porte qu’ils ne sont plus autorisés à franchir depuis le début de la grève.

Le combat de Blandine, Illiana, Lassana, Yacouda et de leurs camarades est très important : changer les règles d’un système économique bien rodé, à savoir la soustraitance généralisée dans les grands hôtels qui permet au donneur d'ordre de récupérer les plus value réalisée par sur-exploitation des salariés présents chez le sous-traitant. Cette organisation du travail est également très pratiquée dans l'industrie notamment les grandes entreprises du privé et de plus en plus dans certains services et entreprises publics.

Tenaces et déterminés ils sont là tous les jours, sous la pluie et dans le froid. Le réconfort, il le trouvent du côté des klaxons de soutien des automobilistes qui circulent dans la rue Martre. Ou dans la promesse d’un couscous samedi, offert par un restaurateur.

« Notre combat, c’est celui de la dignité, sourit Yacouda. On revendique juste le respect de nos droits. »

Exceptionnellement, les onze femmes de chambre, gouvernantes et plongeurs en grève délocalisent leur combat : ils sont allés à Paris, Marseille (Bouches-du-Rhône) ou Genève (Suisse).

Cet après-midi, à 13 heures, c’est au tribunal de Nanterre qu’ils se rendront, pour une audience en référé. La procédure a été lancée par la CGT-HPE (hôtels de prestige) et la CNT-Solidarité ouvrière (CNT-SO), car les représentants syndicaux ne peuvent plus pénétrer dans l’établissement. Un délit d’entrave.

Les organisations syndicales demandent aussi que leur soit communiqué le contrat qui lie l’Holiday Inn et son prestataire, la société Héméra. C’est elle qui emploie les grévistes depuis décembre 2016. Mais la plupart travaillent dans l’hôtel depuis plus de dix ans et disent avoir vu leurs conditions se dégrader au gré des changements de prestataire. Cadences infernales, heures supplémentaires
supprimées, sobriquets désobligeants… Tel est le tableau dressé par les intéressés.

N'y a t-il pas là en l'espèce un délit de marchandage de main d'oeuvre et prêt de personnel illicite ?  « La logique de sous-traitance est devenue une dérive que nous combattons », souligne Claude Lévy, délégué CGT-HPE.

Depuis le début du mouvement, qui a pour cause la mutation contrainte de deux salariées dans d’autres établissements, la direction n'entend pas les salariés. Sur son site, la société Héméra indique notamment qu’elle refuse le retour de ces deux personnes, et que, par ailleurs, elle a fait des propositions. Or selon salariés, la direction aurait fait appel à du personnel d’autres établissements pour les remplacer.

Une possibilité de sortie de crise repose sur une réunion de médiation organisée par le préfet des Hauts-de-Seine, le 31 janvier. « Tout le monde espère une issue rapide et positive pour toutes les parties », explique une source proche de la direction de l’hôtel, soulignant « l’intervention de la municipalité auprès du préfet pour qu’il se saisisse du dossier ». Cela fait tâche dans clichy !

Clichy, hier. Plus autorisés à franchir les portes de l’Holiday Inn, les salariés en grève de la société Héméra s’installent non loin et occupent le terrain.

Sources Le Parisien

Publié dans Luttes sociales

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