Ahurissant, la France doit importer de l'électricité pour faire face à ses besoins en cette période de grand froid. !

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Ahurissant, la France doit importer de l'électricité pour faire face à ses besoins en cette période de grand froid. !

La vague de froid venue de Sibérie est arrivée, les températures sont descendues. Dans certaines régions les températures vont de -16° à -20° en dessous du zéro. Si on annonce une remontée pour la fin de semaine, Météo France annonce aussi des chutes de neige dans plusieurs régions dont certaines pas habituées du tout (La Provence).

Comme tout à chacun le ressenti est encore plus bas (des écarts de 5 à 8 degrès) et le réflexe normal est d'augmenter le chauffage et donc de consommer plus d'énergie. Trois grands motifs d'inquiètude dans ces situations apriori normales en saison hivernale et dans un climat tempéré.

1) La France produit-elle suffisament d'électricité pour faire face à la forte montée de consommation d’électricité, qui atteint des niveaux très élevés en fin de journée, entre 18 h 00 et 21 h 30.

2) Comment les "sans toit" et les SDF vont-ils être habrités et protégé alors que l'on annonce déjà plusieurs personnes couchant dans la rue, décédées victimes du froid ? A celà s'ajoute la précarité énergétique, 12 à 15 % de Français souffrent du froid chez eux, mais la « précarité énergétique » concerne un ménage sur cinq soit 20%. Ce qui est important et anormal.

3) Comment les Services Publics de l'équipement vont-ils faire face à la neige qui risque de paralyser une partie du pays alors que certains départements non habitués à cette situation sont sous-équipés en moyens humains et matériels, ce qui risque de porter atteinte à la libre mobilité des personnes ?

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Sur le premier poin, depuis hier après midi, le gouvernement et la direction de RTE (Gestionnaire du réseau de transport d'électricité) communiquent pour tenter d'apaiser l'inquiètude légitime en déclarant "Pas d’inquiétude particulière concernant la sécurité de l’alimentation électrique de la France cette semaine" « Il n’y aura pas de coupure d’électricité, ni pour les ménages ni pour les entreprises », assure Brune Poirson, secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire.

Pourtant en les écoutant on apprend des chose d'ahurissantes.

Ainsi selon RTE, ces moyens de production « permettent de couvrir les besoins électriques de la France et offrent des marges suffisantes, sans avoir à recourir à des solutions dites “exceptionnelles” », comme une baisse de la tension ou des coupures.

Mais pour éviter une surcharge du réseau, la France recourt à deux procédés :

  • D’une part réduire ou reporter la consommation de certaines entreprises et encourager les particuliers à limiter leur consommation d’électricité, éteindre la lumière dans les pièces inoccupées et limiter la consommation aux heures de pointe, le matin et autour de 19 heures.
  • D’autre part, les importations, qui permettent d’acheter de l’électricité produite dans d’autres pays européens. Le mot est lâché, la France doit importer de l'électricité pour faire face à ses besoins et éviter un arrêt du système car surchargé par une forte demande

Ainsi il est confirmé que la France est très sensible aux vagues de froid comme le précise la CGT, premier syndicat à EDF, qui estime que « la fragilité du système électrique » est « anormale ».

La France est de très loin, le pays le plus sensible en Europe. En cause, un schéma qui est toujours le même : plus la température baisse, plus le besoin de se chauffer est fort et tire sur le réseau électrique. « Pour chaque degré franchi au-dessous des normales de saison, c’est comme si on ajoutait l’équivalent de la consommation de Paris intra muros », soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires mobilisés.explique le directeur national de l’exploitation à RTE.

On apprend également que « Le parc de production français disponible en ce début de semaine couvre tout juste le besoin de consommation. On doit donc importer de l’électricité pour satisfaire nos besoins » notamment d’Allemagne et d’Espagne pendant les pics de consommation du matin et du soir. Ces pays n'ayant pas les mêmes besoins à ces pics.

Ce besoin d’importation est tout à fait anormal. Ce sont les politiques suivies par le gouvernement et la direction d'EDF ces quinze dernières années qui ont conduit le système électrique français au bord de l’implosion.

Par exemple, quelques semaines après la décision de fermer la centrale de Fessenheim on peut mesurer toute l'irrationalité d'une telle décision qui risque de manquer fortement au pays pour qu'il puisse faire face à ses propres besoins si la situation actuelle devait durer encore.

Cela est confirmé par la CGT qui estime que « l’indépendance énergétique de la France est en danger ». Par exemple, le mardi 27 février au matin la France a importé quasiment le maximum de ce qu’elle peut importer, tout en mobilisant une grande partie de ses capacités de production. Il n'y a donc très peu de marge de sécurité!

 

En France, 72 % de la production électrique est assurée par les centrales nucléaires, 12 % par les barrages hydroélectriques, 10 % par le gaz et le charbon, le reste (environ 6%) est assuré par l’éolien et le solaire mais encore très peu.

Heureusement aujourd'hui la production nucléaire civile nous sauve. Ainsi, pour éviter des difficultés, EDF a du  reporter des opérations de maintenance sur les réacteurs nucléaires de Gravelines (Nord) et du Tricastin (Drôme et Vaucluse) pour les maintenir en production et pour faire face. On apprenait également que quelques centrales à charbon ont été mobilisées.

Sources divers journaux, RTE et CGT énergie

Publié dans Politique nationale

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