Débat public sur les Services Publics à Pierre Bénite (Rhône) le 29 janvier 2018 avec JM. Durand

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Débat public sur les Services Publics à Pierre Bénite (Rhône) le 29 janvier 2018 avec JM. Durand
Débat public sur les Services Publics à Pierre Bénite (Rhône) le 29 janvier 2018 avec JM. Durand
Débat public sur les Services Publics à Pierre Bénite (Rhône) le 29 janvier 2018 avec JM. Durand
Débat public sur les Services Publics à Pierre Bénite (Rhône) le 29 janvier 2018 avec JM. Durand
Débat public sur les Services Publics à Pierre Bénite (Rhône) le 29 janvier 2018 avec JM. Durand
Débat public sur les Services Publics à Pierre Bénite (Rhône) le 29 janvier 2018 avec JM. Durand
Débat public sur les Services Publics à Pierre Bénite (Rhône) le 29 janvier 2018 avec JM. Durand

Une trentaine de personnes ont répondu à l'invitation de la section à ce débat public auquel participait Jean Marc Durand membre du Conseil National du Parti Communiste.

Ce débat était en lien avec les luttes actuelles qui ont lieu dans les Services Publics comme aux Urgences de Lyon Sud, à Henry Gabrielle, à l'hôpital de la Croix Rousse, dans les EHPAD, chez les personnels pénitenciers, à La Poste, chez les cheminots avec "La bataille du rail" et les convention TER entre la SNCF et les régions, dans l'énergie comme à la centrale de Fessenheim, contre la privatisation d'EDF et le 4ème paquet énergétique, à la Banque de France contre les 2400 suppressions d'emplois annoncées et dans nombre de collectivités où les baisses de dotations imposées par Macron vont causer des dégâts considérables dans les Services Publics locaux et les personnels notamment les 95 000 contrats aidés qui y sont présents.

Jean Chambon a ouvert la rencontre en faisant savoir que les luttes avaient pris une certaine épaisseur, elles font l'actualité. Mais elles sont aussi éparpillées et il y a besoin de les faire converger pour élever le rapport des forces sur la base de propositions crédibles, radicales et transformatrices qui répondent à la fois aux fortes demandes des salariés et des citoyens et aux exigences de la situation pour ouvrir un chemin à la transformation sociale. C'est l'objet des Etats Généraux du Progrès social ayant lieu samedi 3 février à Paris.

Le matin 4 thèmes seront débattus : le travail et l'emploi, le logement, l'industrie et les Services Publics, l'après midi il y a aura une mise en commun permettant de dégager les grandes propositions issues de ces 4 rencontres mais aussi des débats préparatoires dans les sections et les Fédérations.  

Au regard des collectivités territoriales présentes sur notre territoire, le plus grand hôpital de la région avec Lyon Sud (3000 à 4000 salariés et patients) dont Henry Gabrielle, des EHPAD, de la CNR, des enjeux autour de l'école avec l'expérimentation ultralibérale à Pierre Bénite "Espérance banlieue" etc., etc. nous avons fait le choix du thème des Services Publics sachant que le 7 novembre nous avions débattu  de l'emploi, des ordonnances et de la Sécurité d'Emploi et de Formation, avec Frédéric Rauch.

Il a fait un rappel historique des Services et Entreprises Publics, a montré qu'ils étaient la cible privilégiée de Macron qui a décidé de brader la France, de la livrer au privé pour satisfaire l’exigence du patronat, des riches et des grands groupes monopolistes. Cela est contraire à l'intérêt général dont seul le Service Public est porteur. Il a mis en avant les propositions communistes qui sont un choix de société et de civilisation, permettant d'ouvrir une issue à la crise et de rassembler.

Plusieurs interventions et questions ont suivi notamment sur notre démarche politique et la nécessité de porter de l'utopie avec notre projet, sur les hôpitaux, les transports, l'école et les services publics locaux mais aussi sur la question de la dette avancée comme justificatif par les tenants du libéralisme pour imposer l'austérité et la casse des Services Publics. Un débat a eu lieu sur la gratuité des Services Publics certains se prononcent pour une gratuité totale, d'autres pour une contribution solidaire limitée permettant la gratuité pour certaines catégories comme les jeunes, les étudiants, les sans emploi ou les personnes âgées.

Jean Marc Durand a répondu aux questions et a conclu le débat qui va se poursuivre et s'amplifier au coeur des luttes car le rassemblement passe d’abord par des contenus élevés portés par les salariés et les citoyens et l'évolution des consciences que nous seront capables de faire bouger par le débat avec la popularisation de nos propositions.

Il a souligné le fait que nous sommes face à une contradiction, d'un côté le capital a besoin de déstructurer et de financiariser pour satisfaire sa logique d'accumulation de l'argent, et de l'autre côté les besoins énormes des populations sont non satisfaits, ce qui motive les luttes. Et il y a devant nous une crise financière qui risque d'être énorme due à la suraccumulation financière à la recherche d'une rentabilité supérieure.

Dans ces conditions, les Services Publics constituent un levier fondamental pour développer l'économie réelle en répondant aux besoins humains et pour lutter contre les tendances déflationnistes. L'inflation zéro nourrit la rente du capital et aggrave la crise financière et tous les autres aspects de la crise. Faire le choix d'une conception du travailler ensemble, du développement, de la démocratie et du progrès social conduit à faire le choix des Services Publics. C'est un choix de société et de civilisation.

Prenons la mesure que la révolution informationnelle, appelée aussi numérique, entraîne des économies de moyens humains et matériels. Le capital ne trouvant plus le moyen de dégager des profits supérieurs, le taux de profit moyen baisse. Pour le redresser, les libéraux font le choix de réduire les dépenses publiques pour transférer au capital via les budgets de l'Etat et des collectivités une partie des richesses du pays. (20 milliards en 2018)

Il faut au contraire, développer les dépenses publiques. Le développement des Services Publics permet de tirer l'économie réelle c'est à dire utile à la satisfaction des besoins de tous. Le Service Public doit être ouvert à tous pour répondre à l'énorme besoin d'emploi. Tout citoyen peut devenir un Agent Public, un fonctionnaire. Ce sont des misions très valorisantes.

Il faut bien s'entendre sur ce qu’est le Service public. Les activités publiques sont hors du système marchant, le but n'est pas de faire du profit, ce sont des missions d'intérêt général dont bénéficie tout ou partie des citoyens à la condition qu'elles soient mises en oeuvre par des agents publics dont il faut garantir le statut.

Jean Marc donne l'exemple des impôts, aujourd'hui leur collecte est assurée par le Trésor et par les agents publics, si demain il y a le prélèvement à la source opéré par les entreprises privées, ce service ne sera plus public et on risque de voir le Service Public s'affaiblir alors qu'il faudrait le renforcer pour lutter efficacement contre la fraude et l'évasion fiscale.

La mission fondamentale du Service Public est qu'il soit ouvert à tous les citoyens avec une égalité d'accès et de traitement. Avec la Sécurité d'emploi et de formation mise en oeuvre dans les Services Publics, il est alors possible de dépasser le marché du travail. L'intervention des agents dans la gestion des services publics est nécessaire afin que les missions soient toujours exercées pour satisfaire les usagers, le public. Les droits syndicaux étaient le top dans les fonctions publiques notamment sous l'impulsion d'Anicet Le Pors en 1983, depuis ils ont été affaiblis. Nous devons les reconquérir et les élargir.

Un des enjeux est celui du financement. L'impôt est un des éléments importants du financement d'où le besoin d'une réforme profonde de l'impôt afin qu'il soit à la hauteur des besoins des services publics, pour un fonctionnement efficace. Pour l'investissement dont le besoin est énorme, il y a besoin du crédit et de la création monétaire. Pour cela, nous proposons la création d'un Fonds d'investisement social, pour les services publics et écologique financé par la BCE sous le contrôle des Etats, des parlements et des citoyens.

La réforme de l'impôt doit inclure la question de l'impôt des entreprises qui doit tenir compte des richesses réelles produites et de celles des plus fortunés. C'est une question de justice car chacun doit contribuer au fonctionnement de la société selon ses moyens pour que chacun satisfasse ses besoins.

Il y a une pression idéologique terrible pour faire accepter l'idée de la réduction des dépenses publiques en baissant le taux de prélèvement qui vise la cotisation sociale solidaire. Il est souvent mis en avant la question de la dette, de la sécurité de l'emploi des fonctionnaires, du niveau de leurs salaires, du surendettement de la SNCF, de la libre concurrence etc. Il y a ainsi beaucoup d’idées fausses à démonter.

Nous ne devons pas diaboliser la dette. Tout Etat pour les investissements a besoin d'emprunter, du crédit donc de dette à rembourser. Bien sur elle doit être maîtrisée mais elle est incontournable. Un Etat sans dette, c'est à dire sans emprunt ou sans crédit, soit n'investit plus et c'est toute la société qui recule, soit récupère l'argent sur le dos des gens par la marchandisation, l'impôt direct et les taxes. A quoi sert la dette ? Soit elle sert au développement humain, c'est notre conception, soit elle sert à verser une rente et à transférer l'argent aux entreprises (évasion fiscale de 60 à 80 milliards) aux patrons, aux plus fortunés comme la baisse de l'ISF, la flaxtap ou l'exonération des cotisations sociales (cela représente aujourd'hui près de 200 milliards par an). Ce sont bien deux conceptions de la société qui s'affrontent.

La dette est constituée de deux parties, le capital emprunté nécessaire et les intérêts de la dette. Ce sont les intérêts de la dette qui font l'essentiel de sa progression globale et dont les banques et les marchés profitent, c'est une rente qui est gâchée dans des dépenses inutiles, dans la spéculation et l'accumulation financière. C'est le premier poste budgétaire de l'Etat aujourd'hui. C'est le côté illégitime de la dette d'autant que très souvent les intérêts exigés ne sont pas justifiés.

Avant les années 70, l'Etat emprunté à la Banque de France au taux de 0%, il n'y avait pas de problème, mais Giscard a fait une réforme qui oblige l'Etat à emprunter aux banques privées et sur les marchés financiers, là est le noeud. L'Etat a perdu la maîtrise du crédit et se trouve dépendant de la finance. La question du crédit est de ce fait devenue incontournable.

Le crédit, c'est de la création monétaire qui est indispensable. Une fois le capital remboursé, l'on retrouve l'argent sous la forme de biens matériels, par exemple dans les TGV, dans les routes, dans les infrastructures, les équipements, les aéroports etc., etc. c'est ce qu'on appelle la circulation monétaire. Nous mettons en débat deux propositions, d'une part la création d'un Pôle public financier décentralisé en Région et qui permette la création d'un nouveau crédit qui échappe au marché financier et d'autre part un fonds de  développement des Services Publics en Europe financé par la BCE. Les traités actuels le permettent.

Nous avons une troisième proposition, c’est celle d’un crédit bonifié voire à zéro % si les entreprises s’engagent dans des créations d’emplois et des mises en formation. Il y a là un crédit incitatif.

Les Services Publics sont le moyen pour faire cela. Si l'on veut faire face à la pousser démographique et permettre aux êtres humains de manger à leur faim, d'avoir de l'eau, un air sain, l'accès aux communications, d'avoir droit à l'énergie, à l'éducation etc., etc. Ce sont les biens communs de l'humanité auxquels chaque être humain de la planète doit  avoir accès.

Cela pose la question de fond des terres arables, de leur utilisation, de l'agriculture, de l'alimentation à l'échelle de la planète. C'est primordial si on veut nourrir la population mondiale passée de 6 milliards en 2000 à 7.5 milliards en 2017, tout en en protégeant la planète et la santé des êtres humains.

Nous avons donc besoin de réfléchir à l'évolution du monde, à une autre conception des rapports internationaux fondés sur la solidarité, le partage et les coopérations et non plus sur les dominations des plus forts, des puissants et des plus riches. C'est donc une nouvelle conception de la mondialisation alors que le capitalisme mondialisé fait la démonstration de son incapacité à relever ces immenses défis. Les Services Publics sont un levier pour relever ce défi d'une autre mondialisation.

Concernant la gratuité, Jean Marc dit ne pas être un adepte. Il y a certainement des choses à reconquérir comme la gratuité pour l'école ou l'enseignement supérieur ou la santé, il estime qu'il faut aussi une contribution citoyenne solidaire minimale pour satisfaire la gratuité de certaines catégories de la population comme les jeunes, les étudiants, les chômeurs, les personnes âgées comme dans les transports.

Après 2h 30 de débat, un pot fraternel a été offert par notre section.

Publié dans PCF

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