Les dessous des tensions guerrières entre Israël et ses voisins au Moyen Orient...

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Les dessous des tensions guerrières entre Israël et ses voisins au Moyen Orient...

Depuis quelques jours les tensions s'avivent entre Israël, l'Iran et le Hezbollah. Des actes guerriers viennent d'être commis par l'armée israélienne. Elle a bombardé des camps militaires iraniens installées en Syrie depuis son implication dans la guerre contre l'Etat Islamique. Depuis le climat se tend. L'Iran parle de répliques militaires et Israël gonfle ses muscles et provoque. L'administration américaine avive les tensions et accentue les risques d'un embrasement général dans la région.

Nous tentons avec cet article, d'éclaircir les raisons de cette agressivité de l'Etat israélien et de son allié américain au moment où commencent à se réfléchir des solutions faisant suite au chaos provoqué par la guerre civile en Syrie.

Les Occidentaux restent accrochés à une partition de l'Etat syrien. Israël veut sa part. L'Etat israélien rêve d'obtenir la reconnaissance internationale de l'annexion complète du plateau du Golan où viennent d'être découvertes d'énormes réserves d’or noir dans sa partie sud… Autre sujet de motivation, les réserves découvertes en mer méditerranée dans les eaux territoriales libanaises juxtant celles d'Israël et qui font déjà l'objet de confrontations politiques entre les deux Etats.

Quelle part aura Israël ?

Israël occupe le plateau du Golan depuis 1967, il l'a annexé en 1981. Dès l'élection de Trump officialisée, Netanyahu lui a demandé de reconnaître l’occupation israélienne illégale du plateau du Golan : une chose qu’aucun Président américain n’a fait depuis qu’Israël l'a ouvertement déclaré comme lui appartenant, en 1981[1].

Depuis ces pourparlers de février 2017, il semblerait que les États-Unis et l’Israël soient tombés d’accord de façon secrète, sur une stratégie qui permettrait à Trump de reconnaître Israël comme occupant de fait le plateau du Golan. Cette reconnaissance s'inscrivant dans les suites du chaos de la “guerre civile” syrienne.

Le Jerusalem Post a écrit au sujet du réel enjeu discuté entre les deux dirigeants : « la plus grande nouvelle ... serait plutôt sa décision de demander aux États-Unis de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan »[2]. Le journal israélien continue en argumentant : « le risque d’une restitution du plateau du Golan devrait être mesuré face au fait que l’Iran est en train de mettre en place activement un autre commandement avancé le long de la frontière israélienne avec la Syrie… capitaliser sur l’idée de Netanyahu aiderait les États-Unis à y limiter la réémergence de la puissance russe au Moyen-Orient après 40 ans d’absence »[3].

L’annexion de fait du plateau du Golan en 1981, a conduit le Conseil de Sécurité des Nations Unies à adopter la résolution numéro 497, qui dit : « la décision israélienne d’imposer ses lois, juridictions et administrations sur le du plateau du Golan occupé, est nulle et non avenue, et dénuée de tout effet légal international. »[4]

Depuis la position américaine a été constante, cette annexion constitue une violation de la quatrième Convention de Genève, prohibant l’acquisition de territoires par la force, et contrevient à la Résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies n°242, adoptée en novembre 1967, qui imposait le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés durant le récent [1967] conflit ».

Localisation du plateau du Golan syrien annexé par Israël en 1981, en violation de la Résolution n° 242 des Nations Unies

Localisation du plateau du Golan syrien annexé par Israël en 1981, en violation de la Résolution n° 242 des Nations Unies

Depuis 2017, plusieurs éditoriaux néolibéraux ont déclaré que la reconnaissance américaine du contrôle israélien sur le Golan « fournirait au gouvernement israélien une victoire diplomatique, qui aiderait l’Administration Trump à signaler à la Russie et à l’Iran, que les États-Unis planifient un nouveau cours des choses en Syrie ».[6] Position que vient de concrétiser D. Trump en déchirant le fragile accord international avec l'Iran qui lui donne le prétexte de relancer les sanctions économiques à l'encontre de l'Etat iranien.

Washington a décidé de jeter de l'huile sur le feu. Ce qui pourrait conduire à une possible guerre d’Israël soutenu par les États-Unis, face à la Russie et son allié syrien, autour de cette question du plateau du Golan. Que fera la Russie, si cette éventualité venait à se matérialiser.

L’étrange “coalition mondiale“ de Tillerson.

Concernant la reconnaissance américaine de l’annexion israélienne du plateau du Golan, les événements suivants commencent à faire sens, d’un point du stratégique :

Le 22 mars 2017 à Washington, le nouveau Secrétaire d’État américain Rex Tillerson a convoqué une conférence ministérielle américaine. Le Département d’État a déclaré qu’une combinaison de 68 nations et organisations était représentée. Or Washington a explicitement déclaré que les trois Etats les plus importants ayant un intérêt profond dans la défaite de l’EI en Syrie, et les trois parties essentielles à tout mouvement sérieux visant à déloger l’EI (nommément la Russie, l’Iran et la Syrie), n’étaient pas les bienvenus. Le Secrétaire d’État Tillerson a affirmé : « ils ne font pas partie de la coalition globale »[7].

Dans ses remarques, Tillerson a déclaré que la politique américaine viserait à « l’élimination régionale de l’EI par la force militaire. La puissance militaire de la coalition va demeurer là où ce califat frauduleux a existé, afin de mettre en place les conditions d’un total rétablissement après la tyrannie de l’EI ».

En d’autres termes, une occupation permanente menée par les États-Unis des zones contrôlées par l’EI en Syrie. Ceci faisant écho à un rapport de la RAND Corporation, cercle d’influence dépendant du Pentagone, appelant à la partition permanente de la Syrie entre la Turquie, l’opposition” syrienne et les États-Unis[8].

Le Hezbollah qui sécurise la frontière sud du Liban, depuis sa victoire sur Israël en 2006, peut être inquiet et considérer que c'est une provocation grave pouvant mener à un conflit.

Le Gouvernement Netanyahu a élaboré une “Opération Distance Sûre [Operation Safe Distance]”, dans laquelle « jusqu’à 250.000 civils pourraient être évacués de leur communauté frontalière, s’ils devaient être sous le coup d’une attaque majeure de la part du… Hezbollah »[9]. Or cette “dynamique de l’escalade” est précisément ce que font les Forces de Défense Israéliennes sur les hauteurs du Golan.

L’acte suivant, visant à isoler la Russie en tant que soutien au régime syrien d’Assad : il s’agit de la frappe aérienne illégale menée par l’Armée de l’air israélienne, contre un site majeur à l’extérieur de Damas. Israël a justifié que ce site était un dépôt d’armes du Hezbollah. Mais quelques jours plus tard, un drone israélien touchait un véhicule sur le plateau du Golan, qui transportait Yasser al-Sayed tué sur le coup.

Sayed était commandant d’une milice pro-régime, proche de Bachar al-Assad qui a répondu à cette frappe israélienne en tirant des missiles antiaériens S-200 contre les avions de l’Armée de l’air israélienne[10].

Le Ministre de la Défense israélien Avigdor Lieberman a déclaré à la presse qu’Israël « n’hésiterait pas » à détruire les systèmes de défense antiaérien syriens, si ce pays venait encore à prendre pour cible des avions de l’Armée de l’air israélienne.[11]

Ce qui par développement, placerait évidemment la Russie en ligne de mire, en tant que fournisseur des systèmes de défense antiaérien syrien.

Le Renseignement israélien, a clamé que Yasser al-Sayed était « sur le point de rejoindre les forces du Hezbollah » se regroupant sur les hauteurs du Golan libano-syriennes, sous une direction iranienne, se préparant à une guerre ouverte contre Israël qui a déclaré « on doit s’attendre à ce qu’Israël intervienne encore, afin de mettre un coup d’arrêt au dangereux stratagème Russo-irano-Hezbollah, visant à exploiter les turbulences en Syrie pour permettre aux ennemis d’Israël de pousser plus avant leurs positions d’assaut en Syrie »[12].

Une admission révélatrice de la part de Moshé Dayan.

Israël met donc en place une scène de propagande, qui lui permet de clamer qu’une coalition constituée de la Russie, de l’Iran, de la Syrie et du Hezbollah est en train de se préparer à reprendre par la force les hauteurs du Golan syrien, contre les occupants israéliens illégaux.

C'est une méthode éprouvée par les Forces de Défense Israélienne, consistant à provoquer un opposant (ici la Syrie), puis de se servir de la réaction prévisible de cet opposant à cette provocation, comme d’un prétexte pour des frappes militaires qui permettront une escalade dans la confrontation, escalade que les Forces de Défense Israélienne furent pourtant les premières à initier.

Moshe Dayan, a utilisé cette méthode en 1967. Répondant à un journaliste lui disant que les hauteurs du Golan étaient vitales pour la sécurité israélienne, Dayan l’interrompit : « cela n’a pas d’importance. Après tout, je sais comment au moins 80 % de ces incidents de frontière ont été initiés… ça se passe de cette façon : nous envoyons un tracteur afin de labourer une zone quelconque, dans laquelle il n’était pas possible de faire quoi que ce soit, dans la zone démilitarisée, et je savais par avance que les Syriens commenceraient alors à tirer. S’ils ne tiraient pas, nous disions au tracteur d’avancer encore, jusqu’à ce que finalement les Syriens s’énervent et tirent. Et alors nous utilisions l’artillerie et plus tard les frappes aériennes, et voilà comment ça se passait »[13].

Aujourd’hui, un jeu similaire de provocations se dévoile clairement, avec des frappes illégales des avions israéliens près de Damas, et des attaques de drones sur le plateau du Golan.

Aujourd'hui l'élément nouveau c’est l’attitude très consensuelle voire favorable envers Israël de l’Administration Trump et le silence complice de la France. Israël se croyant alors tout permis !

L'autre élément, certainement central, concernant les hauteurs du plateau du Golan doit être pris en considération : c’est le trésor que convoite Netanyahu sur le plateau du Golan : le pétrole, avec d’énormes réserves découvertes d’or noir sur le Golan…

Genie Energy et le pétrole du Golan.

Une compagnie pétrolière de Newark, New Jersey, appelée Genie Energy, s'est vue octroyer la permission de réaliser des forages pétroliers sur le Golan. Génie Energy n’est pas un opérateur anodin.

Son Conseil inclut Dick Cheney, l’ancien chef de la CIA et Président de la “Fondation pour la Défense des Démocraties”, James Woolsey, Jacob Lord Rothschild, de la dynastie bancaire anglaise, et un ancien partenaire en affaires liées au pétrole, mis en examen, Khodorkovsky qui avant son arrestation, avait secrètement transféré ses parts dans Yukos Oil aux Rothschild.

Le Conseil inclut également l’ancien Secrétaire à l’Energie américain Bill Richardson, et le magnat pro-israélien des médias et possesseur de la chaîne de télévision Fox News TV, Rupert Murdoch.

Toujours au même Conseil siègent l’ancien Secrétaire au Trésor Larry Summers, et le milliardaire des fonds spéculatifs Michael Steinhardt un ami d’Israël et Marc Rich également un membre du Conseil de la même “Fondation pour la Défense des Démocraties”, qui conseille Trump et fait pression pour que Washington reconnaisse Israël, en tant que possesseur du plateau du Golan [14].

Le complot s’épaissit en effet…

Quelque chose d'horrible couve décidément entre Washington et Tel-Aviv, via Newark, New Jersey…

Genie Energy s’est vu octroyer en 2013 par le gouvernement Netanyahu, les droits exclusifs d’exploration sur le pétrole et le gaz sur une portion d’environ 400 km², dans la partie sud du plateau du Golan[15].

En octobre 2015, peu après l’annonce faite par les Russes, qu’ils acceptaient la requête de Bachar al-Assad d’intervenir directement contre l’EI, Al-Quaida et les autres groupes terroristes en Syrie, Genie Energy fit une annonce majeure.

Yuval Bartov, géologue en chef du supplétif local israélien de Genie Energy, Afek Oil & Gas, annonçait que sa compagnie venait de découvrir un réservoir de pétrole majeur sous le plateau du Golan :

« nous avons trouvé une nappe de pétrole de 350 mètres d’épaisseur dans la partie sud du plateau du Golan. En moyenne dans le monde, ces nappes sont épaisses de vingt ou trente mètres, et celle-ci est dix fois plus épaisse que cela, nous parlons ici de quantités significatives »[16].

En janvier 2017, Genie Energy annonce la création de la compagnie, Atid Drilling Ltd, pour les  services de forage pétroliers terrestres [on-shore], basée en Israël, et constituée afin de réaliser des forages pétroliers notamment sur le plateau du Golan. Ils vont ainsi étendre la campagne de forage mené par le subsidiaire Afek Oil & Gas de Genie Energy, qui depuis l’annonce d’octobre 2015, a mené à bien le forage de cinq puits de pétrole sur le plateau du Golan[17].

La création de cette compagnie Genie Energy, confirme le caractère convainquant des résultats des forages préliminaires, selon lesquels il y aurait quelque chose de “gros“ sous le Golan.

Un mois plus tard, à la mi-février, peu après que Trump eut prêté serment en tant que Président, Netanyahu a filé à Washington afin de discuter de la reconnaissance par les USA de l’annexion par Israël du plateau du Golan.

Quelques semaines plus tard, Israël viole l’espace aérien syrien ce qui constitue un acte de guerre, engendrant une escalade de tension concernant le Golan. Puis le 22 mars, devant le Comité des Affectations [Credits] de Défense du Sénat américain [US Senate Defense Appropriations Committee], le Secrétaire à la Défense James Mattis demande au Congrès l'autorisation d'utiliser la force militaire américaine contre l’EI/Daech en Syrie[18].

C'est ainsi que nous pourrions nous trouver face à une nouvelle guerre pour le pétrole et en premier lieu pour le plateau du Golan, cette guerre impliquerait alors la Syrie, la Russie, l’Iran, le Liban avec le Hezbollah d’un côté, et de l’autre côté Israël avec la “Coalition anti-EI” de 68 nations de Rex Tillerson, ce qui constituerait une nouvelle guerre pour le contrôle du pétrole…

William F. Engdahl est consultant en risques stratégiques et conférencier, titulaire d’un diplôme en Sciences Politiques de l’Université de Princeton. Il est l’auteur de plusieurs livres à succès sur le pétrole, la géopolitique et les OGM. Traduction par Jean-Maxime Corneille, pour Réseau International, article original paru dans New Eastern Outlook.

[1] Principaux Courants/Politiquement Corrects [Mainstream].

[1] Daniel Shapiro, “Making sense of the strange Trump-Netanyahu meeting”, CNN, 16 février 2017, http://edition.cnn.com/2017/02/16/opinions/trump-netanyahu-shapiro-opinion/.

[2] Matthew R.J. Brodsky  “Trump ,the Golan Heights and regional progress”, Jeruslem Post, 28 février 2017, http://www.jpost.com/Opinion/The-Golan-Heights-as-the-key-to-progress-482762.

[3] Ibid.

[4] Wikipedia, Plateau du Golan https://fr.wikipedia.org/wiki/Plateau_du_Golan

[5] Op-Ed : “Opposé à la ligne Editoriale du journal)” : article de journal qui exprime les opinions d’une personne qui n’entretient pas habituellement de liens avec le comité de rédaction du journal. Au contraire de l’éditorial, il est signé par l’auteur.

[6] The Tower.org, “Experts Supporting Israeli Sovereignty in Golan Could Enhance Middle East Stability”, 19 février 2017, http://www.thetower.org/4593-experts-supporting-israeli-sovereignty-in-golan-could-enhance-middle-east-stability/

[7] Rex W. Tillerson, “Remarks at the Ministerial Plenary for the Global Coalition Working to Defeat ISIS”, Washington, 22 mars 2017, https://www.state.gov/secretary/remarks/2017/03/269039.htm. Voir aussi Sputnik News, “Why Russia, Iran Are Frozen Out of Anti Daesh Meeting in US”, 11 Mars 2017, https://sputniknews.com/world/201703111051484335-russia-iran-washington-meeting/.

[8] Deutsche Wirtschafts Nachrichten, „US-Plan zur Teilung Syriens kann neue Fluchtbewegung auslösen“, 25 février 2017, https://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2017/02/25/usa-planen-internationale-verwaltung-in-syrien/.

[9] Ian Deitch, “Israel plans mass evacuations if war erupts again”, Times of Israel, 21 Mars 2017, http://www.timesofisrael.com/israel-plans-mass-evacuation-if-war-erupts-again/

[10] Ben Caspit, “Is Assad shifting strategy on Israel?”, Al-Monitor, 20 Mars 2017, http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2017/03/israel-syria-lebanon-idf-assad-hezbollah-strategy-missiles.html.

[11] Anna Ahronheim, “‘Israel will not hesitate to destroy Syrian air defenses’”,

Jerusalem Post, 19 Mars 2017, http://www.jpost.com/Arab-Israeli-Conflict/Israel-will-not-hesitate-to-destroy-Syrian-air-defenses-484583.

[12] DebkaFile, “Israeli Russian clash over Hizballahs Golan grab”, 20 Mars 2017, http://www.debka.com/article/25973/Israeli-Russian-clash-over-Hizballah%E2%80%99s-Golan-grab.

[13] Serge Schmemann, “General’s Words Shed a New Light on the Golan”, The New York Times, 11 Mai 1997, http://www.nytimes.com/1997/05/11/world/general-s-words-shed-a-new-light-on-the-golan.html

[14] Genie Oil, Strategic Advisory Board, http://genieoilgas.com/about-us/strategic-advisory-board/.

[15] Michael B. Kelley, “Israel Grants First Golan Heights Oil Drilling License To Dick Cheney Linked Company”, Business Insider, 2 février 2013, http://www.businessinsider.com/israel-grants-golan-heights-oil-license-2013-2?IR=T.

[16] Eran Azran, « Geologist Reports Major Oil Find in Israel; Firm Stays Mum – Genie Oil executive says discovery in northern Israel points to ‘significant’ quantities » (Haaretz, 8 octobre 2015) http://www.haaretz.com/israel-news/business/.premium-1.679315.

[17] Genie Energy, “Genie Energy Launches Drilling Services Company in Israel”, 10 janvier 2017, http://www.genie.com

[18] Sputnik News, “Mattis Urges US Congress to Authorize Use of Force Against Daesh”, 22 Mars 2017 https://sputniknews.com/us/201703221051861827-mattis-urges-force-against-daesh/.

Publié dans Moyen Orient

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