Espoir, changement de tête et de discours chez FO !
A l'issue du 24e congrès, le nouveau secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau, a donné un coup de barre à gauche, promettant des actions.
Avec 96,8 %, Pascal Pavageau, seul candidat en lice, a été élu vendredi à la tête du syndicat Force Ouvrière. Une quasi-unanimité qui tranche avec le vote du rapport d'activité, qui a failli ne pas être adopté (il a obtenu 50,54 % des suffrages, contre 94 % lors du dernier congrès).
Jean-Claude Mailly a d'ailleurs boudé le discours du nouveau secrétaire confédéral, allant même jusqu'à envoyer un tweet cinglant dénonçant l'« hypocrisie » et la « duplicité » de Pascal Pavageau.
Reste que, avec ce changement de tête, FO change de ton vis-à-vis d'Emmanuel Macron, même si le secrétaire général assure qu'il « n'y a pas de fracture », estimant que, « ce qui compte, c'est ce qu'on fait maintenant ».
Pour son premier discours, le nouveau secrétaire général a tapé fort contre la politique du « chacun pour soi » qui a pour conséquence de « déprotéger » les Français. Il a critiqué un président de la République à « des années-lumière du terrain », qui fait une politique pour les « 10 % premiers de cordée » et pas pour les « 90 % derniers de corvée ». « De plus en plus de salariés commencent à mesurer cette dimension interprofessionnelle et globale du fait qu'il y a une vision en face qui concourt à leurs difficultés. »
Le leader de FO s'est inquiété que les digues de la protection sociale, « ultrafragilisées » par les gouvernements précédents, pourraient céder à force d'être « pilonnées », citant le projet de loi sur l'assurance-chômage, la formation professionnelle et l'apprentissage présenté au Conseil des ministres, vendredi, le projet de loi Pacte, et le cadre de la réforme sur les retraites.
Mais, pas question de pratiquer la « politique de la chaise vide ». Face à ces attaques « tous azimuts », mandat a été donné à la nouvelle direction confédérale d'organiser une « mobilisation professionnelle » qui pourrait passer par la manifestation, les actions juridiques, les discussions avec les parlementaires ou encore « la grève ».
Pascal Pavageau a annoncé qu'il prendra contact « avec toutes les organisations syndicales,
à la recherche de la plus grande unité possible ». ■
Clotilde Mathieu
Article publié dans l'Humanité du 30 avril 2018
