Le point sur le conflit des cheminots au début de la 2ème séance de gréve

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Le point sur le conflit des cheminots au début de la 2ème séance de gréve

Le soutien de l'opinion pour la grève des cheminots grandit chaque jour. Un premier sondage révèle que sur 105 143 personnes intérrogées, 60 740 soit 57.8% estiment la grève des cheminots justifiée et le second révèle que sur 117 348 personnes, 69 333 soit 59.1% déclarent soutenir les cheminots en grève!

Enfin, selon une enquête Elabe pour BFMTV, la majorité des Français, soit 51%, est favorable à ce que le gouvernement modifie sa réforme en prenant en compte les revendications des cheminots.

C'est certainement cela qui a amené toute la semaine à voir l'exécutif flotter, qui ne sait plus à quel saint se vouer après un déchainement frôlant l'hystérie, des Pepy, Borne, Philippe et tous les médias appartenant aux grands groupes privés. Plus le mensonge était gros, plus ils en rajoutaient. Une horreur devenue insupportable.

Le flottement a été si flagrant que certains politologues ont cru devoir affirmer que Macron et son gouvernement auraient fait une erreur en annonçant la fin du statut des cheminots au point que Pepy dans le journal local Le Progrès s'est cru autorisé à dire que le statut des cheminots n'était pas une gène pour la SNCF. Alors pourquoi le supprimer ? D'autres parlent d'erreur d'appréciation de Macron sur l'état du rapport des forces et une sous-estimation des capacités de la CGT chez les cheminots, d'autres pensent que Macron est trop arrogant surtout qu'il est bien identifié comme le Président des riches.

Macron a vu et senti ces hésitations mulitiples, ces couacs, la fébrilité de certains de ses ministres et députés, la légèreté des arguments avancées et les tensions internes de l'exécutif. Il a décidé de serrer les boulons. Mais n'est ce pas trop tard ?

Lors d'un huis clos du Conseil des ministres, il a rappeler ses troupes à l'ordre. Disons le clairement c'est lui maintenant qui porte le dossier, il n'y a plus de fusible !

Aussitôt le gouvernement est remonté dans le train. Edouard Philippe, qui avait envisagé de laisser Elisabeth Borne s'exprimer seule à l'Assemblée, mardi premier jour de grève, s'est finalement ravisé. Jeudi, il était l'invité de France Inter. Il a annulé ce week-end sa visite au Mali pour être présent sur le territoire au moment du deuxième round de grèves.

La confiance affichée par  l'exécutif sur la SNCF n'en était pas une et n'était que du bluff. Nous ne sommes pas loin de la crise. Alors Macron a décidé de changer de stratégie. Il durcit le ton.

C'est Philippe qui réaffirme que les trois points clés qui sont au centre du conflit ne sont pas négociables. Il ira jusqu'à pratiquer un chantage odieux, en affirmant que l'Etat pourrait reprendre une part de la dette mais à la condition que les cheminots rentrent dans le rang et accepte l'ouverture à la concurrence, la remise en cause du statut et la transformation des sociétés publiques en société anonymes qui ouvrent la voie à la privatisation.

Enfin, et il courrait dans les couloirs de l'Elysée le bruit que Macron pourrait intervenir jeudi dans les médias pour parler aux Français. Il nous fait le coup de Hollande et de bien d'autres, En difficulté, ils mobilisent les médias déjà bien à leur service, pour tenter de pervertir les esprits à coups de bobards et de fausses annonces.

Toujours est-il que les cheminots se préparent à leur second cycle de grève, les 8 et 9 avril avec l'organisation de plusieurs manifestations, assemblées et prises de parole. Les cheminots seront en grève du samedi 7 avril 20 h au mardi matin 10 avril 8h.

La colère est grande chez les cheminots qui ne supportent plus d'être insultés, vilipendés alors qu'ils ne responsables de rien. Ce n'est pas eux qui veulent passer en force une réforme néolibérale catastrophique pour le service public ferroviaire, l'environnement, pour les salariés et usagers et pour la France. Actuellement les salariés grévistes se déclarent. Beaucoup n'auront pas à la faire pour cause de congés ou de repos puisqu'il s'agit d'un week-end.

Les premières discussions entre le gouvernement et l'intersyndicale de la SNCF n'ont servi à rien, le gouvernement restant bloqué sur ses conceptions néolibérales. Suite à la dernière réunion du 6 avril au ministère, les syndicats des cheminots très déçus ont dénoncé "une mascarade" du gouvernement.

"Il n'y a pas eu de négociation (...) Le gouvernement avance à marche forcée pour tenter de nous asphyxier" a lancé Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots. Nous rajouterons que Macron et son entourage ont preuve fait d'une arrogance que de plus en plus de gens ne supportent plus mais qui illustre le choix politique de Macron d'avoir une politique en faveur des riches et contre la majorité des gens et notamment de ceux qui souffrent le plus.

Il suffit de regarder ses principales reformes depuis un an : coup bas contre les ouvriers et les employés, les techniciens avec les ordonnances facilitant les licenciements collectifs, coup bas contre les retraités avec la hausse de la CSG, coup contre les chômeurs en renforcant leur contrôle, coup bas contre les jeunes lycéens et étudiants en favorisant la sélection et l'élitisme, coup bas contre les personnels de santé avec le renforcement de l'austérité et la suppression d'emplois, d'hôpitaux, coup bas contre le fonction publique en bloquant le point d'indice et en visant la casse du statut, coup contre les salariés avec la réforme de la formation professionnelle alors que les besoins de formation sont énormes, coup bas contre les cheminots avec la fin du statut et la privatisation de la SNCF, etc, etc Et nous pourrions continuer la liste. Ajoutées les unes aux autres, on constate que c'est bien la France que l'on détruit !

Parmis tous ces salariés, retraités, jeunes, chômeurs se sont les plus pauvres qui sont ciblés prioritairement par Macron et son gouvernement de droite, car c'est le seul moyen de récupérer d'un côté les sommes qu'il a transférer de l'autre côté aux nantis, aux rentiers et aux riches. C'est cela que les Français ne supportent plus. Mais au fond c'est pourtant le caractère de classe de Macron qui s'affirme et son mépris pour les plus humbles.

C'est le message clair et fort que lui transmis une infirmière du CHU de Rouen qui a eu le courage de refuser de lui serrer la main !

Heureusement, dans les entreprises, les villes et les quartiers comme dans les villages, les gens la chance de voir les communistes qui sont présents pour les défendre et pour construire avec eux une autre politique dont ils ont besoin avec la France.

C'est bien tout cela que met en exergue la bataille des cheminots et rend populaire leur combat. Face à un pouvoir droit dans ses bottes et qui se montre arrogant, les syndicats menacent de durcir la grève en la prolongeant au delà de la date de fin de grève prévue le 28 juin.

Ils doivent pouvoir compter sur la solidarité et la mise en mouvement du plus grand nombre et le poids de l'opinion publique.

Publié dans Luttes sociales

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