Les retraités agiront de nouveau dans l'unité le 14 juin...

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Les retraités agiront de nouveau dans l'unité le 14 juin...

Le président Macron a affirmé « ne pas être contre » la proposition de sa ministre de la
Santé de supprimer un jour férié au titre de la solidarité, pour financer les risques de perte d’autonomie. Une solidarité à sens unique qui en dit long sur l’objectif du président…

Cela ressemble à une mauvaise blague. La hausse de la CSG a été imposée pour compenser la suppression des cotisations chômage et maladie prélevées sur les salaires et permettre une augmentation de leur pouvoir d’achat. Voilà que ce même gouvernement demande aux salariés de travailler un jour férié sans rémunération supplémentaire, donc gratuitement, pour aider les personnes âgées en situation de dépendance.

Solidarité des salariés et des retraités vers… les plus riches

Dans un cas, la hausse de la CSG, comme dans l’autre, la suppression d’un jour férié, il s’agit pour le président Macron d’éviter de solliciter la solidarité du patronat et des plus riches.

Rappelons qu’il a supprimé l’ISF et réduit l’imposition sur les revenus financiers du capital, privant l’Etat de près de 5 milliards de recettes. De plus les salariés contribuent déjà massivement, à leur insu, à la « solidarité » envers les plus riches. Aujourd’hui ils consacrent 26 journées de travail par an à la rémunération des actionnaires, contre 10 jours dans les années 80 !

Selon le président, ces « libéralités » dont ont bénéficié les grandes fortunes favoriseraient l’investissement. En réalité elles ont pour l’essentiel grossi les fortunes, enrichi des actionnaires déjà très riches et alimenté la spéculation et l’évasion fiscale, aux dépens de notre économie.

De Hollande en Macron, une pluie de cadeaux !

Les cadeaux aux grandes entreprises s’élèvent au total à 73 milliards d’euros :

  • 35 milliards d’exonérations de cotisations sociales,
  • 27 de crédit « impôt compétitivité emplois »,
  • 6 de crédit « impôt recherche »,
  • et 5 milliards rendus aux très riches avec la suppression de l’impôt sur la fortune.

Dans le même temps le chômage qui est le prétexte principal à cette pluie de cadeaux, ne baisse pas et reste à des niveaux très élevés avec plus de 6 millions de personnes sans emploi.Tout cela sent la mauvaise arnaque dont la grande masse des Français sont les victimes !

Il est urgent de faire autrement que ces réponses du "vieux monde"

Les communistes tout comme certains syndicats avancent une autre logique, plus juste et plus efficace.

Une partie de ces sommes, 14 %, pourraient financer la prise en charge de la perte d’autonomie, quelque soit l’âge, dans la branche maladie de la Sécurité sociale. Cette proposition est juste et réaliste car la suppression d’un deuxième jour férié ne rapporterait que 2 Milliards d’euros supplémentaires, alors qu’il faut 10 Milliards d’euros par an pour améliorer l’accompagnement des personnes âgées fragilisées.

C'est une proposition qu’il faut soutenir, au risque de voir se multiplier les mesures de « solidarité » entre ceux qui n’en ont pas les moyens pour exonérer ceux qui les ont.

Après la hausse de la CSG, la journée de solidarité supplémentaire, n’en doutons pas, les retraités seront soumis à de nouvelles ponctions sur leurs pensions.

Les salariés et les résidents des EHPAD ne peuvent plus attendre !

La situation des salariés et des résidents des Ehpads ne peuvent attendre comme en attestent les fortes mobilisations du débat d'année. Chaque jour la situation se dégrade pour les uns et pour les autres.

C'est pourquoi, nous proposons un plan d'urgence pour la "santé" à appliquer dès 2018. Ce plan pourrait voir dès cette année 100 000 embauches dans les hôpitaux et 25 000 dans les Ehpads. Outre la part prélevée sur les cadeaux aux entreprises, il faudrait augmenter de 0.5% la cotisation sociale payée par les entreprises hors les TPE.

Pour les années suivantes le lourd effort d'investissements en infrastructures dans l'ensemble des services publics (Ecoles - universités - Ehpad - Ferroviaire - Energie - Ecologie, etc.) pourrait être financé par un fonds européen social, économique et écologique alimenté par la BCE. Les traités européens le permettent. Seule manque la volonté politique d'obliger la BCE à financer les besoins humains, plutôt que la spéculation comme elle le fait actuellement.

Il existe donc bien des solutions pour répondre aux besoins urgents de nos anciens, sans imaginer des usines à gaz qui visent à toujours faire les poches des mêmes : les salariés et les pauvres et qui laissent tranquilles le capital, la finance et les plus riches !

Exiger une loi de finance rectificative immédiate

Une loi de finances rectificative annulant la hausse de la CSG pour tous et décidant de ces nouvelles mesures pour la santé, est possible! Ce n’est pas parce qu’une loi de finances a été votée et même promulguée qu’elle ne peut faire l’objet de la moindre modification.

Cette loi de finances rectificative, est un texte présenté au cours de l’exécution budgétaire, selon l’évolution de la conjoncture, l’existence de nouvelles rentrées fiscales inattendues ou encore une détérioration de la situation.

En 2008, Sarkozy a ainsi fait voter une loi de finances rectificative pour venir au secours des banques empêtrées dans la crise financière ! Il s’agissait alors de 400 Milliards d’euros. Autant dire que rien ne doit retenir les retraités victimes d’une ponction de 4,5 Milliards au titre de la CSG, d’exiger aujourd’hui leur dû ! Et rien ne doit retenir les salariés des Ehpad et des hôpitaux de réclamer les moyens d'exercer correctement leur travail.

Le mécontentement des retraités et pensionnés et légitime. Il doit se traduire par un nouveau rapport de forces politique et social contraignant le Gouvernement et sa majorité parlementaire à débattre au plus tôt d’un collectif budgétaire et d’une loi de financement rectificative de la Sécurité Sociale (les motivations et procédures sont communes) pour faire valoir la justice sociale et la véritable efficacité économique, celle découlant du respect des droits collectifs !

Le 14 juin, convergences et solidarité

A l'initiative des 9 organisations syndicales de retraités, le 14 juin sera une nouvelle journée de lutte des retraités de notre pays avec des manifestations dans tout le pays..

Ce nouveau mauvais coup de Macron à l'encontre des salariés est un nouveau terrain de convergences entre salariés et retraités : rejeter la hausse de la CSG et le deuxième jour férié travaillé, pour imposer la contribution des plus riches et du patronat à l’amélioration des conditions de vie des anciens et des salariés.

A ce refus, les retraités exigeront la revalorisation des pensions afin qu'ils puissent vivre décemment car la grande partie des retraités ne sont pas des privilégiés contrairement à ce que pense le Chef de l'Etat et son équipe.

Nous soutenons totalement cette initiative du 14 juin, et appelons à participer massivement aux manifestations de retraités se dérouleront dans toutes les villes du pays. Une vraie journée de solidarité.

Publié dans Luttes sociales

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