Macron et la liquidation d'Alstom, besoin de la vérité ! Article paru à Médiapart.

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Les salariés d'Alstom manifestent à Bercy

Les salariés d'Alstom manifestent à Bercy

C’était un rapport qui devait rester inconnu du grand public, avant que la commission d’enquête parlementaire sur Alstom ne découvre son existence. À l’automne 2012, Emmanuel Macron, alors secrétaire général adjoint de l’Élysée, a commandé – sans en parler au ministre – un examen des scénarios visant à faciliter le désengagement de Bouygues dans Alstom. Dès cette date, le démantèlement du groupe industriel est à l’étude.

Quel rôle a joué Emmanuel Macron dans cette affaire ? A-t-il défendu les intérêts de Bouygues ou ceux de l’État ?

C’était le 11 mars 2015. Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, intervenait devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale pour s’expliquer sur le dossier Alstom. « Le gouvernement a été mis devant le fait accompli », insistait-il pour justifier le rachat précipité des activités énergie du groupe industriel par General Electric (GE). Ce jour-là, Emmanuel Macron a menti.

C’est une des découvertes les plus surprenantes qu’a faites la commission d’enquête parlementaire sur Alstom : Emmanuel Macron, en tant que secrétaire général adjoint de l’Élysée, était averti de longue date des difficultés du groupe Alstom et de la volonté de son principal actionnaire, le groupe Bouygues, d’en sortir. À peine arrivé à l’Élysée, « il avait commandé au cabinet américain AT Kearney un rapport qui fixait déjà dans les grandes lignes le démantèlement du groupe français », écrit le Canard enchaîné du 28 mars, relayant la découverte qu’ont faite par hasard les parlementaires de la commission d’enquête.

Ce rapport est resté confidentiel. Une fois remis, il n’a pas été partagé au sein du gouvernement. Il semble même avoir été oublié. Il n’a donné lieu en tout cas à aucune suite : aucune alarme n’a été tirée à temps au sein du pouvoir sur les difficultés rencontrées par Alstom et son actionnaire. Et il semble aujourd’hui bien embarrasser l’Élysée.

Car l’existence même de ce rapport pose question. Quel a été le rôle d’Emmanuel Macron dans cette affaire ? A-t-il validé par avance, sans rien en dire, le schéma proposé dans ce rapport et qui sera suivi à la lettre, qui aboutit aujourd’hui au démantèlement complet d’Alstom et à la reprise de son activité ferroviaire par Siemens, après le rachat de l’activité énergie par GE ? Quel intérêt a-t-il défendu alors, celui de Bouygues ou celui de l’État ?

 « Au terme de six mois d’investigation, j’ai acquis la conviction qu’en autorisant la vente d’Alstom à GE, l’État a failli à préserver les intérêts nationaux », insiste le président de la commission d’enquête, le député LR Olivier Marleix, en préambule du rapport d’enquête remis le 19 avril. « Si cette fusion représente un projet industriel, c’est celui de GE qui réalise une opération de croissance externe. Côté Alstom, elle exprime le projet financier (légitime) de son actionnaire, et côté État, elle n’exprime qu’un laisser-faire », poursuit-il.

Créée dans un large consensus, cette commission d’enquête parlementaire, au fil des auditions, a fini par déranger de plus en plus l’exécutif. Des propos s’y sont tenus qui n’avaient jamais été proférés publiquement auparavant. Des faits totalement inconnus ont émergé.

Et puis, au fil des auditions, est apparu en pleine lumière l’étrange fonctionnement de l’État, les relations étroites entretenues entre la haute administration, les banquiers d’affaires, le monde des affaires, les lobbyistes. Ce petit monde qui entend incarner le pouvoir, qui passe d’un côté ou de l’autre au gré de ses intérêts et qui aime l’ombre.

« Si cette commission d’enquête a pu déranger, c’est parce qu’elle est venue chambouler des pratiques politiques, administratives et des affaires qui relèvent de l’entre-soi. Cette mise en lumière a perturbé les acteurs habituels peu habitués à rendre compte des droits et prérogatives que leur confère la loi ou bien encore des souplesses qu’ils s’accordent avec les règles de transparence de la vie publique », rétorque le président de la commission à ses détracteurs, de plus en plus nombreux au fur et à mesure que les travaux de la commission avançaient.

Un rapport pour initiés

Cet entre-soi s’illustre parfaitement dans l’histoire de ce rapport AT Kearney. Son existence a été découverte par hasard. Au détour d’une phrase, David Azéma, ancien directeur de l’Agence des participations de l’État, en fonction au moment des faits, évoque deux rapports. L’un est connu de tous, il sert de référence pour toutes les analyses sur Alstom. Il s’agit du rapport du cabinet Roland Berger, commandé début 2014 par Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement économique, au moment où il prend conscience qu’il y a le feu chez Alstom.

Mais David Azéma parle aussi d’un second rapport, celui d’AT Kearney, venant contredire les conclusions du premier. Tout le monde tombe des nues. Ni les uns ni les autres n’en ont jamais entendu parler, au cours des nombreuses auditions sur l’affaire Alstom. Pas même Arnaud Montebourg, pourtant en première ligne au moment de l’opération de rachat par GE : « Ni moi, ni mes deux directeurs de cabinet n’ont eu connaissance de ce rapport. Sinon, je n’en aurais pas commandé un second. J’ai découvert l’existence de ce rapport par la commission d’enquête », nous assure-t-il aujourd’hui. Boris Vallaud, directeur de cabinet de Montebourg à l’époque puis secrétaire général adjoint de l’Élysée confirme. « Je n’ai pas souvenir de ce rapport. Je ne me souviens pas d'en avoir été destinataire. »

Peut-être a-t-il pressenti qu’il en avait un peu trop dit ? David Azéma se montre beaucoup plus vague lors de la suite de son audition. Il a même des trous de mémoire. « Je pense qu’il a été commandé six ou huit mois auparavant. Je ne sais pas si la demande est venue du ministère de l’économie, de l’Élysée ou de Matignon », répond-il à la question du président de la commission, désireux de connaître la genèse de ce rapport.

Mais il n’est pas le seul à avoir des trous de mémoire. Les seuls mots d’Alstom et d’AT Kearney semblent depuis figer tous les interlocuteurs qui ont pu approcher de près ou de loin le dossier à cette époque.

Les banquiers d’affaires de Rothschild, conseillers à la fois de Bouygues et d’Alstom, jurent n’en avoir jamais entendu parler, pas plus qu’ils n’ont disent-ils été approchés par AT Kearney au moment du rapport, ni même d’en avoir parlé à l’Élysée. Le groupe Bouygues n’a rien de plus à ajouter, après l’audition de Martin Bouygues devant la commission d’enquête. L’auteur du rapport, Laurent Dumarest, est injoignable, tout comme David Azéma devenu banquier d’affaires chez Perella Weinberg. Quant à l’Élysée, il n’a pas répondu à nos questions.

Pourtant, l’affaire semble bien inquiéter au sommet de l’État. Dès la parution de l’article du Canard enchaîné, le député LREM, Guillaume Kasbarian, rapporteur de la commission d’enquête, est envoyé pour déminer la situation.

« Aucune audition de notre commission ne laisse penser que l’APE aurait effectué une commande de rapport auprès d’AT Kearney pour le compte de l’Élysée et sur commande directe d’Emmanuel Macron (…). Je ne sais donc sur quel fait s’appuie le propos du Canard enchainé », déclare-t-il alors.

L’ennui est qu’Emmanuel Macron lui-même a dit l’inverse. Revenant dans une très longue enquête publiée dans Vanity Fair en novembre 2014 sur l’affaire Alstom-GE, le journaliste Claude Askolovitch écrit alors :

« Depuis un an, deux rapports ont été commandés sur l’entreprise, ses faiblesses et ses besoins d’alliance. Le premier a été voulu par Emmanuel Macron, alors secrétaire général adjoint de l’Élysée. » « Je me rappelle parfaitement. C’est Emmanuel Macron qui me l’a dit. Il venait de quitter le secrétariat adjoint de l’Élysée [en juin 2014 – ndlr] et s’apprêtait alors à faire de l’enseignement. Il m’a raconté cela au cours de la conversation, comme un fait connu. À aucun moment, je n’ai eu l’impression qu’il s’agissait d’un secret d’État », explique Claude Askolovitch aujourd’hui.

Alors, pourquoi l’Élysée tente-t-il aujourd’hui d’accréditer une autre version ? Y aurait-il donc quelque chose à cacher ?

Un tout petit monde

Les circonstances dans lesquelles a été commandé ce rapport sont, il est vrai, assez particulières. Le 23 octobre 2012, l’Agence des participations de l’État (APE) commande dans l’urgence, selon une procédure de gré à gré, un rapport sur la situation d’Alstom pour la somme de 299 000 euros.

La lettre de commande adressée à AT Kearney est rédigée dans des termes assez surprenants :

« Le groupe Bouygues pourrait vouloir céder sa participation au capital d’Alstom », est-il écrit. Il est alors demandé « d’évaluer les avantages et inconvénients résultant d’un changement d’actionnaire pour l’entreprise, pour l’industrie française et pour l’emploi ». « En clair, la commande passée à AT Kearney n’est pas celle d’une analyse théorique du marché des turbines pour s’interroger sur la stratégie d’Alstom mais repose bien sur une information précise relative à un changement d’actionnaire de référence », relève Olivier Marleix.

Turbines à gaz dans une usine d'Alstom. © Reuters

Comment Emmanuel Macron a-t-il eu vent des intentions précises du groupe Bouygues de se désengager d'Alstom ? Pourquoi décide-t-il, sans en parler au ministre, de demander en urgence un rapport à l’APE à partir de cette information ? De plus, la lettre de commande est rédigée dans de tels termes qu’il s’agit juste de regarder les mérites comparés d’un groupe acquéreur ou d’un autre. Aucune allusion n’est faite aux mécanismes, aux moyens que pourrait mettre en œuvre l’État pour aider Bouygues à vendre sa participation, tout en préservant Alstom. Il est encore moins envisagé que l’État se substitue à lui. À ce moment-là, Emmanuel Macron agit-il en banquier d’affaires ou au service de l’État ?

Emmanuel Macron, banquier d’affaires de Rothschild : la critique a été faite à maintes reprises, souvent sans fondement. Cette fois-ci pourtant, le soupçon est réel que tout se soit passé en famille, entre soi. Tout le monde se connaît, se fréquente depuis des années.

Pour avoir passé plusieurs années à la banque Rothschild, Emmanuel Macron ne peut pas ignorer les liens d’estime et d’amitié qui existent entre David de Rothschild et Martin Bouygues. Deux banquiers d’affaires conseillent le groupe : Grégoire Chertok pour Bouygues, et Nicolas Bonnault pour Alstom. Et depuis de nombreux mois, tous dans la banque savent que le groupe Bouygues est en difficulté.

L’attribution de la quatrième licence à Xavier Niel, voulue par François Fillon, est en train de déstabiliser tout le secteur de la téléphonie mobile. Début janvier 2012, Xavier Niel a annoncé son intention d’engager la guerre des prix : les abonnements mobiles sur Free seront à 19 euros, voire 2 euros. Tous ses concurrents (Orange, SFR, Bouygues Telecom) sont obligés de s’aligner. Le temps est aux réductions de coûts et aux plans sociaux, afin de réaliser des économies.

Bouygues Telecom est le plus vulnérable. Il est désigné comme la victime probable de cette bataille. Mais Martin Bouygues veut conserver cette activité qu’il a créée. Il lui faut des moyens financiers.

Malgré sa taille, le groupe n’a pas beaucoup de ressources financières disponibles. Si ce n’est cette participation de 30 % dans Alstom, où le groupe a plus de 3,5 milliards d’euros immobilisés et qui ne présente plus guère d’intérêt pour lui. Mais comme le reconnaît Martin Bouygues lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire , « un bloc de 30 % n’est pas facile à céder ».

Lorsqu’il est entré au capital d’Alstom en 2006, fortement incité par son ami Nicolas Sarkozy, Martin Bouygues avait le projet de créer un groupe intégré verticalement, rassemblant les activités BTP du groupe, Alstom et Areva. Le projet n’a jamais pu aboutir, Anne Lauvergeon à la tête d’Areva bataillant jour et nuit pour s’opposer à cette prise de contrôle. Par la suite, les difficultés d’Areva, apparues dès 2011, ont amené le groupe Bouygues à renoncer à tout rapprochement.

Mais avec la fin de ce projet, la participation dans Alstom n’a plus grand sens, si ce n’est assurer 20 % du résultat net du groupe chaque année. Tant que le groupe ferroviaire et d’énergie gagne de l’argent, tout va bien. Mais en 2011, sa situation se dégrade : le marché de l’énergie est en plein retournement.

Le groupe est très présent sur les centrales à charbon et à gaz qui se ne vendent plus, mais quasiment absent dans toutes les énergies renouvelables. Chaque mois, le groupe consomme de l’argent. Et son actionnaire Bouygues n’a pas la capacité ni l’envie de lui apporter les moyens de renforcer son bilan, de l’aider à se repositionner.

Sans état d’âme, Patrick Kron arrive vite à la conclusion : sans taille critique ni ressources financières suffisantes, Alstom doit se vendre. Martin Bouygues est d’accord.

En mai 2014, alors que l’affaire Alstom divise le sommet de l’exécutif, le magazine Challenges écrit que le groupe Bouygues a donné mandat à la banque Rothschild pour l’aider à céder sa participation. Aujourd’hui, la banque d’affaires jure qu’elle n’a reçu aucun mandat pour aider Bouygues à vendre sa participation. La preuve, selon elle ? Bouygues n’a pas pris de banque conseil lors de l’opération Alstom-GE. Interrogé à ce sujet par la commission d’enquête parlementaire, Martin Bouygues, qui est sous serment, ne répond pas non à la question mais botte en touche : « Cela fait longtemps que je ne crois plus à tout ce que disent les journalistes. »

Dans cette opération, il y a un problème à surmonter : Alstom est un groupe stratégique pour la France, compte tenu de sa position dans le nucléaire, dans la défense, dans le ferroviaire.

Depuis le « sauvetage » par Nicolas Sarkozy, il est aussi devenu un emblème et un enjeu politiques. Il faut donc que cette cession soit organisée de façon à créer le moins de remous possible. D’une façon ou d’une autre, il faut que l’État l’ait par avance avalisée.

« Dans la pratique, il semble que dans notre pays se soit plutôt installée l’habitude d’aller d’abord chercher un feu vert au sommet de l’État, l’administration réalisant, ensuite, l’instruction formelle de l’autorisation », écrit le président de la commission, Olivier Marleix.

Et c’est bien le soupçon qui émerge : que Bouygues et Alstom d’une façon ou d’une autre soient allés chercher auprès de l’Élysée le feu vert dont ils ont besoin pour préparer l’opération de cession d’Alstom, l’étude AT Kearney ne servant que de caution à leur projet.

Scénario numéro un : le démantèlement

Réalisé en à peine quatre semaines, ce rapport, dont Mediapart a eu connaissance, est remis fin décembre 2012 et présenté à l’APE en janvier 2013, marqué par le sceau « secret ». D’une manière plus que transparente, Bouygues y est présenté sous le sigle « OU » et Alstom sous le nom de « Lewis ». Même si les activités d’Alstom y sont largement décrites, ce sont d’abord les intérêts de Bouygues qui y sont défendus.

Rappelant que le groupe de BTP est devenu actionnaire d’Alstom « sur incitation étatique », le rapport relève le « faible intérêt stratégique » pour Bouygues de se maintenir au capital : les synergies entre les deux groupes sont faibles et surtout, cette participation pèse sur son cours de Bourse – décote en Bourse en raison de son statut de holding, précise-t-il.

Conclusion : « Dans ces conditions la cession de sa participation dans Lewis permettrait à OU de réinvestir dans son métier sans que cette cession n’ait d’impact significatif sur son activité. »

Écartant d’emblée un maintien d’Alstom seul – le groupe aurait pu réorganiser son tour de table au fur et à mesure que Bouygues cédait ses titres –, le rapport n’envisage qu’une acquisition ou une prise de contrôle par un concurrent.

Une reprise par Areva – on se demande d’ailleurs comment, vu l’état du groupe nucléaire –, une alliance avec le chinois Dongfang ou avec le japonais Mitsubishi, et même une nationalisation sont bien envisagées mais pour la forme, a-t-on envie de dire.

Le scénario central est celui d’un démantèlement du groupe industriel, les activités énergie pouvant être reprises soit par GE, soit par Siemens.

« Le scénario Siemens mettrait à risque plus ou moins 6 000 emplois [un chiffre qui sera constamment repris en 2014, lorsque Arnaud Montebourg mettra à l’étude une reprise par Siemens – ndlr] en France et entraînerait l’éclatement probable du groupe. Le scénario GE aurait un impact potentiel plus limité en termes d’emploi (autour de 1 600) et pourrait préserver l’intégrité de Lewis », conclut le rapport.

N’est-ce pas exactement la conclusion espérée par les responsables d’Alstom et Bouygues ?

Les raisons de la passivité de l'Etat français

Mais le rapport va plus loin. Il donne aussi des pistes sur l’avenir de l’activité transports. Une entité autonome pour cette activité doit être prévue, quel que soit le scénario retenu, assure-t-il.

« La structure capitalistique de cette nouvelle entité devra être organisée afin de pérenniser l’activité et le centre de décision français (…) avec a minima une minorité de blocage ou des modalités juridiques permettant un contrôle de l’État français. »

Mais tout cela n’est censé durer qu’un temps. Une consolidation s’impose afin de « créer un airbus européen du ferroviaire » – l’expression y est déjà. Avant d’insister : « Parmi les constructeurs ferroviaires européens, Lewis (Alstom) Transport et Siemens Transport sont deux activités de premier ordre et au portefeuille d’activités large. » Les avantages de ce rapprochement permettraient de « créer un égal européen de Bombardier ».

Le scénario là aussi sera suivi à la lettre, le gouvernement reprenant jusqu’aux éléments de langage proposés.

« Bien sûr que si j’avais connu ce rapport, j’aurais tout mis en œuvre pour m’y opposer, tenter de trouver dans le calme des solutions alternatives pour Alstom. J’avais prévenu François Hollande et le gouvernement après Florange : “Il n’y aura pas de deuxième Florange.” C’est pour cela que l’on m’a caché ce rapport, parce qu’ils savaient que je ne resterais pas silencieux », dit aujourd’hui Arnaud Montebourg.

Patrick Kron et Jeffrey Immelt © Reuters

Une fois remis, ce rapport a été totalement oublié, enterré.

Pourquoi, après un tel rapport, n’y a-t-il eu aucune réaction gouvernementale, aucune autre étude lancée pour voir s’il n’existait pas des scénarios alternatifs, ou à tout le moins étudier quels étaient les actifs stratégiques, les savoir-faire décisifs qu’il importait de conserver pour les intérêts français ?

Est-ce Emmanuel Macron qui a décidé seul qu’il était possible de laisser filer dans des mains américaines une grande partie du nucléaire français ? Ou en a-t-il référé à quelqu’un, et si oui à qui ?

La passivité de l’État français, en ce début de l’année 2013, ressemble en tout cas à un feu vert implicite à un scénario de cession qui, au bout du compte, ne ménage que les intérêts du groupe Bouygues.

On comprend mieux par la suite l’attitude du PDG d’Alstom à l’égard du gouvernement. Au-delà de son caractère exécrable, la façon de mentir de Patrick Kron tout au long de cette affaire, d’envoyer bouler les ministres, de ficeler le gouvernement laisse à penser qu’il avait obtenu quelques assurances ailleurs.

La légende d'une opération éclair

Officiellement, le rachat des activités énergie d’Alstom par GE a été bouclé en deux mois à peine. Patrick Kron a rencontré Jeff Immelt, PDG de GE, le 8 février au Bristol à Paris. L’accord a été conclu le 23 avril lors d’une visite du PDG d’Alstom aux États-Unis, au cours de laquelle le groupe américain lui a fait une offre « qu’on ne peut pas refuser » : 12,3 milliards d’euros pour toute la branche énergie. Tout est ficelé pour qu’aucun retour en arrière ne soit possible.

Le gouvernement découvrira la transaction par une mystérieuse dépêche Bloomberg, annonçant le même jour la cession d’Alstom à GE.

Alors que les deux groupes se connaissent depuis des années, voire des décennies, que rien officiellement ne presse, peut-on croire qu’une telle opération, la plus grosse acquisition de GE, ait été négociée en seulement deux mois ?

« Les très grands groupes réfléchissent en permanence à des stratégies, aux opportunités qui peuvent se présenter », dit Martin Bouygues lors de son audition devant la commission d’enquête, pour justifier la rapidité de l’opération.

Certes. Néanmoins, le rapport AT Kearney, qui semble avoir servi de référence dans toute cette affaire, insistait sur la nécessité de préparer bien en amont l’acquisition de la branche énergie d’Alstom.

« Le choix d’un scénario de référence suppose d’interagir avec les dirigeants des sociétés concernées et nécessite d’approfondir cette étude aux niveaux stratégique, juridique et financier avant d’engager sa mise en œuvre », soulignait–il en conclusion. Cette recommandation aurait-elle été oubliée ?

Quelques faits laissent à penser qu’Alstom et Bouygues ont préparé le terrain. À l’été 2013, comme le raconte la même enquête de Claude Askolovitch, le président d’Alstom Grid (réseaux), Grégoire Poux-Guillaume – un des très proches de Patrick Kron –, approche un responsable de GE pour lui demander si le groupe américain serait intéressé de racheter Alstom. L’information remonte très vite jusqu’au sommet du groupe, semble-t-il. En janvier, Grégoire Poux-Guillaume, accompagné de Keith Carr, le directeur juridique du groupe qui négocie directement avec le département américain de la justice, entame des discussions informelles avec les équipes de GE.

Dans le même temps, le groupe industriel français paraît sérieusement travailler son cours de Bourse. À l’automne, Patrick Kron assure que la situation d’Alstom est solide :

« Les appels d’offres sont nombreux et nous anticipons un niveau de prises de commandes plus élevé dans les prochains mois, ce qui contribuera au rebond du cash-flow au second semestre », indique-t-il alors. Le cours prend 4,65 %, pour atteindre 28,35 euros.

Mais en janvier, l’analyse change radicalement. Le 21 janvier, Alstom émet un avertissement sur ses résultats (profit warning) pour la première fois depuis dix ans. Compte tenu de la stagnation de la demande en Europe et du ralentissement dans les pays émergents, le groupe indique « anticiper un cash-flow libre légèrement négatif au deuxième trimestre ».

Cette seule indication suffit pour faire chuter le cours de Bourse, qui retombe à 21 euros. Dans la foulée, le groupe Bouygues, son principal actionnaire avec 29 % du capital, annonce en février une dépréciation de sa participation, à hauteur de 1,4 milliard d’euros. Cette décision, qui met Bouygues dans le rouge, précipite une nouvelle chute boursière d’Alstom.

À l’arrêt de ses comptes semestriels à l’été 2014, Alstom reviendra sur cet avertissement, soulignant que les risques étaient bien moindres que redouté. Qu’importe ! Le rachat d’Alstom est conclu. Et il a été négocié sur la base d’un cours effondré d’Alstom. Comme s’il fallait à tout prix que cette opération soit négociée au plus vite.

Sous la menace de la justice américaine

Dans quelle mesure les enquêtes judiciaires lancées par le Department of justice (DoJ) américain ont-elles précipité les choses et forcé Patrick Kron à accélérer la cession à GE ? C’est la part d’ombre qui pèse sur ce dossier et qui n’est toujours pas complètement élucidée.

Si la procédure judiciaire n’a pas été l’élément déclencheur pour provoquer la vente d’Alstom à GE, elle a en tout cas lourdement pesé dans les négociations.

Dès mai 2014, nous révélions l’existence de ces enquêtes pour corruption contre Alstom et les menaces qui pesaient sur ses dirigeants, à commencer par Patrick Kron lui-même. Une menace que le groupe a tue pendant des années à tous.

Il a fallu attendre la commission d’enquête parlementaire pour découvrir qu'une procédure judiciaire américaine avait été ouverte dès l’automne 2010. Loin de s’en ouvrir au gouvernement et de chercher quelque aide auprès des services diplomatiques, Patrick Kron a au contraire caché la procédure. Plus grave : il refusera par la suite toute relation avec le système judiciaire américain. Jusqu’au jour où Frédéric Pierruci, vice-président d’une filiale d’Alstom, est arrêté à New York le 23 avril 2013, apprenant qu’il avait été mis en examen sans le savoir depuis de longs mois. Emprisonné, menacé, ce dernier a fini par craquer et raconter ce qu’il savait à la justice (voir l’enquête du Nouvel Obs). 

« Lors de ses deux auditions devant la commission des affaires économiques les 11 mars et 1er avril 2015, Patrick Kron a écarté tout lien entre la vente de la branche power d’une part et “la négociation avec le DoJ” d’autre part, affirmant clairement que la seconde est postérieure. La réalité n’est pas celle-là (…). En 2014, l’enquête étant close, Alstom a été invité soit à plaider coupable, soit à être renvoyé en procès. C’est ce que M. Kron appelle une “négociation” », relève durement Olivier Marleix.

Alstom comme Patrick Kron, personnellement mis en cause, ont décidé de plaider coupable. Après la signature de l’accord avec GE, un vice-président du groupe américain a participé aux discussions avec le ministère de la justice, comme l’a révélé la commission d’enquête.

De 1,5 milliard d’euros, l’amende a été ramenée à 722 millions d’euros. Mais GE, qui s’est engagé à la payer au moment de la négociation, s’est finalement récusé sur ordre de la justice américaine, a expliqué le groupe américain. C’est donc Alstom qui a dû payer l’amende.

Après avoir été un moment libéré, Frédéric Pierucci a de nouveau été condamné en septembre 2017, à une peine de prison de 30 mois aux États-Unis. Il purge sa peine dans une prison de Pennsylvanie.

Il a été totalement abandonné par le groupe, qui l’a licencié pour abandon de poste et qui refuse de lui offrir la moindre garantie juridique pour couvrir les milliers de dollars de frais de justice. « Au sein d’Alstom, Frédéric Pierucci n’était qu’un simple rouage. Il a payé pour d’autres, bien plus haut placés », dit Olivier Marleix.

 

« Il s’est empressé de tout défaire »

Pris de court par l’annonce du rachat d’Alstom par GE, Arnaud Montebourg met tout en œuvre pour arrêter cette opération « catastrophique ». Alors que tout semble bouclé, il parvient in extremis à négocier quelques semaines de plus, grâce à l’adoption d’un décret qui permet à l’État de bloquer toute cession d’actifs considérés comme stratégiques.

Alstom et GE sont obligés de patienter à cause de ce droit de veto. Pendant le court répit qu’il a obtenu, le ministre et ses équipes essaient de monter des solutions alternatives : Siemens, Mitsubishi, tout est regardé. Mais rien ne marche. GE est le seul à présenter une offre.

Montebourg est obligé de s’incliner. Mais il entend quand même obtenir des compensations. Il impose la création de trois coentreprises à parité avec Alstom dans les réseaux électriques, certaines énergies renouvelables – dont l’hydroélectricité, où Alstom a une position de numéro un mondial –, dans les turbines à vapeur liées au nucléaire. Le groupe américain a même consenti pour cette dernière activité un droit préférentiel à l’État français, afin de lui permettre de garder la main sur la totalité de la filière nucléaire française.

Le groupe américain s’engage aussi à maintenir quatre centres de décision en France et à créer 1 000 emplois supplémentaires en France dans les trois ans, avec une pénalité à la clé de 50 000 euros pour chaque emploi non créé.

Enfin, Montebourg tord le bras au groupe Bouygues et lui impose de prêter à l’État 20 % du capital qu’il détient dans Alstom pendant trois ans.

L’encre de l’accord est à peine sèche qu’Arnaud Montebourg démissionne pour cause de désaccord politique de son poste de ministre. Et surprise, c’est Emmanuel Macron qui lui succède au ministère de l’économie.

« Au moment de la passation de pouvoirs, je ne lui avais demandé qu’une seule chose : qu’il respecte les accords passés avec GE. Il s’est empressé de tout défaire », raconte aujourd’hui l’ancien ministre.

Pendant la bagarre contre GE, Emmanuel Macron s’est opposé à de nombreuses reprises à Arnaud Montebourg, l’accusant d’agir comme au

Clara Gaymard, PDG de GE France, et Jeff Immelt, PDG de GE, à l'Élysée le 4 décembre 2014. © Reuters

« Venezuela », se répandant partout sur le fait que « le deal avec GE se ferait quoi qu’il advienne ».

À peine installé, il remet tout en cause. Alstom devait être à parité dans les coentreprises ? Finalement, le groupe n'a que 49 % du capital et aucun pouvoir.

La présence de l’État pour garder un droit de regard sur la filière nucléaire ? En déshérence. La surveillance des accords sur les créations d’emploi ? Réduite a minima.

Le groupe américain obtient ainsi d’avoir les mains totalement libres après son rachat des activités d’énergie. Et naturellement, Emmanuel Macron signe le décret autorisant la cession de la branche énergie à GE.

À la suite de cette vente, Alstom s’est précipité pour récompenser ses actionnaires. Il a pu verser un dividende exceptionnel de 3,5 milliards d’euros à ses actionnaires, dont plus d’un milliard pour Bouygues.

Désormais, le groupe américain est dans les salles des machines des centrales nucléaires d’EDF, un endroit où malgré des relations anciennes, il n’avait jamais eu le droit d’aller auparavant. « GE a simplement remplacé Alstom sans que le paysage concurrentiel ne soit réellement modifié et la concurrence réelle », relève Dominique Minière, directeur exécutif d’EDF. De l’aveu des dirigeants d’EDF, les relations sont tendues avec le groupe américain.

Les responsables de l’entreprise publique ont noté une dégradation en matière de sécurité, de qualité, des défauts dans la maintenance des turbines. Il s’agit juste de nucléaire, mais cela semble être une question assez subalterne, tant pour le groupe américain que pour nos responsables politiques.

De leur côté, les syndicats soulignent le recours accru à la sous-traitance, la perte des compétences et des savoir-faire chez les anciens d’Alstom. Il faut faire des économies. Le nouveau PDG de GE, John Flannery, qui avait pourtant mené les négociations avec Alstom, estime que son groupe a payé trop cher le groupe français. Ce dernier n’est pas assez rentable à ses yeux : il ne rapporte que 8 % par an.

Les trois coentreprises, elles, sont en voie de réorganisation. General Electric est en train d’isoler la structure nucléaire, dans laquelle Alstom assurait encore la fonction de service après vente. Le groupe est en train de rapatrier cette activité au sein de son entité nucléaire, dans le but sans doute de revendre par la suite.

De même, l’activité hydraulique, qui n’intéresse pas du tout GE bien qu’Alstom soit numéro un mondial dans ce secteur, est en train d’être liquidée. Un plan de suppression de plus de 345 emplois est engagé dans l’indifférence générale. En mars, le comité central d’entreprise a déposé plainte contre X pour détournement de bien public par négligence. L’action vise le ministère de l’économie. Il paraît qu’il existe un décret pour s’opposer à toute action qui nuirait à des actifs stratégiques. Mais manifestement, le ministère n’a pas du tout l’intention de s’en servir.

D’autant qu’il ne faudrait pas qu’il nuise aux intérêts du capital : Alstom a prévu de céder toutes ses participations dans les coentreprises à l’occasion de son rapprochement avec Siemens. Le groupe français dispose d’une option de vente auprès de GE à prix garanti d’ici à septembre 2018. Il a déjà prévu que le fruit de ces ventes donnerait lieu à un deuxième dividende exceptionnel de 4 euros par action. Bouygues est donc assuré de toucher au moins 300 millions d’euros de plus.

Quant à l’emploi, GE, en dépit de ses engagements, n’en a créé que 365 en trois ans. Si l’on inclut les suppressions d’emploi à Grenoble, le solde est ramené à zéro. GE avait pourtant promis de créer 1 000 emplois d’ici à la fin 2018.

Le non-respect de ses engagements est assorti d’une pénalité de 50 000 euros par emploi non créé. On attend avec intérêt la réaction de l’État à la fin de l’année.

Dernière étape de la liquidation

Comme cela avait été planifié dans le rapport AT Kearney de décembre 2012, l’activité ferroviaire d’Alstom est en cours d’absorption par Siemens.

Le 11 mars 2015, Emmanuel Macron assurait pourtant que le groupe avait tous les moyens pour résister seul après la vente de sa partie énergie.

« Désendetté à terme, Alstom bénéficiera d’un bilan très solide et d’une trésorerie suffisante pour investir, ce qui le placera en position de consolidateur. (…) Nous avons bien noté la disponibilité de Siemens pour une éventuelle consolidation, et nous sommes prêts à poursuivre le dialogue avec le groupe. De telles opérations se heurtent toutefois à des obstacles importants, s’agissant en particulier des règles européennes relatives à la concurrence et des impacts sociaux. Ce n’est donc pas l’option que nous privilégions à ce stade », affirmait-il alors. Aurait-il encore menti ?

Pour faciliter cette prise de contrôle par Siemens, le gouvernement a renoncé à exercer son droit d’achat sur les 20 % du capital que lui avait prêté Bouygues. « Siemens ne voulait pas de la présence de l’État au capital », a-t-il été avancé comme argument imparable.

Cela permet donc à Bouygues de récupérer la totalité de ses titres et de toucher le troisième dividende exceptionnel prévu à la conclusion de l’opération. Là encore, il devrait toucher quelque 300 millions d’euros.

À l’occasion de la prise de contrôle par Siemens, Bouygues accepte de se laisser diluer. De 29 % aujourd’hui, elle devrait tomber à 14 % face à Siemens, qui contrôlera 50 % du nouvel ensemble.

Mais comme l’a reconnu Martin Bouygues devant la commission d’enquête : il n’a pas vocation à rester actionnaire longtemps dans le groupe ferroviaire. En faisant preuve de patience, le groupe Bouygues aura pu ainsi se séparer de son bloc de 30 % dans Alstom, sans moindre mal pour lui. Il est vrai que l’État y a beaucoup aidé.

Martin Bouygues dément à ce stade avoir passé un accord de rachat avec Siemens. Le rachat de cette participation donnerait plus de 66 % au groupe allemand, qui alors deviendrait le maître absolu de l’activité ferroviaire.

Un cas de figure impossible, à en croire le ministre des finances, Bruno Le Maire. Le groupe allemand a signé un « standstill » de trois ans, qui lui interdit d’augmenter sa participation, a-t-il assuré. Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent…

Un rapport du Sénat toujours sur Alstom, remis également le 19 avril, souligne que d'autres modes de rapprochement auraient pu être privilégiés plutôt qu'une simple opération capitalistique favorable à Siemens.

Pour les sénateurs, le risque que cette opération ne profite aux intérêts industriels allemands au détriment des intérêts français est grand. Il y a d'ailleurs des chiffres sur lesquels le gouvernement se tait.

Selon le rapport AT Kearney, qui semble avoir guidé toute la marche d’Emmanuel Macron dans cette liquidation d’Alstom, 4 000 emplois directs chez Alstom et 3 000 emplois dans toute la filière industrielle des transports sont en risque dans le cas d’un rapprochement des activités ferroviaires d’Alstom et de Siemens. Tout ceci n’a jamais été évoqué par le gouvernement. Mais il est vrai que le rapport est secret.

Article de Martine Orange paru dans Médiapart du 20 avril dans le cadre de son activité journalistique : Entreprises-Enquêtes.

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Publié dans Industries

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Si l'on considère certaines grandes sociétés (côtées au CAC 40,le must)et les informations les concernant dont on dispose (Lafarge et son soutien financier à Daesh,Bolloré et le travail des enfants dans des conditions proches de l'esclavage,France-Télécom et son harcèlement institutionnalisé conduisant au suicide de dizaines de salariés,Bayer-Monsanto et la très lucrative vente de produits dangereux,toxiques tant pour les agriculteurs que pour la biodiversité,Lactalis et le lait en poudre qui menace la vie des nourrissons,Wolkswagen et le trucage de ses véhicules polluants,la banque UBS et ses paradis fiscaux,Alstom et la liquidation du patrimoine industriel français avec Kron/Macron,les laboratoires Servier et le mediator,le médicament qui tue)on peut s’interroger sur le comportement de leurs dirigeants.Ces gens ne sont-ils pas des voyous en col blanc ?Peut-on encore affirmer sans sourciller qu’ils sont des « premiers de cordée »oeuvrant pour l’intérêt général ?Si tel était le cas toute la cordée menacerait de s’effondrer.Que font les pouvoirs publics pour limiter leurs nuisances ?Quels sont le degré de connivence et le niveau de corruption entre ces puissances économiques et nombre de « responsables » politiques ?Sous le régime des premiers de cordée macronisés il faut renoncer à la biodiversité,aux droits des personnes,à l’Etat de droit,à la démocratie y compris dans l’entreprise,à la responsabilité et à l’intégrité des dirigeants.Il ne reste plus que corruption à tous les étages,lâcheté,mise en danger de la vie d’autrui,renoncement à la protection des salariés et des plus vulnérables,mépris pour le vivant,mensonge généralisé.C’est ABJECT.Surtout,ne nous taisons pas.
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