Santé : les personnels du Pôle de Psychiatrie du CHU de Saint-Etienne tirent la sonnette d'alarme !

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Santé : les personnels du Pôle de Psychiatrie du CHU de Saint-Etienne tirent la sonnette d'alarme !
Santé : les personnels du Pôle de Psychiatrie du CHU de Saint-Etienne tirent la sonnette d'alarme !

Personnels du Pôle de Psychiatrie du CHU de Saint-Etienne
(Médicaux – Paramédicaux – ASH – Psychologues – Administratifs)

aux

Ministre de la Santé, CGLPL, Maire de Saint-Etienne, Député, ARS, CME, Direction et Bureau pôle de psychiatrie, chefs de services de psychiatrie et pédopsychiatrie, autres pôles, CH Forez et Roanne, Syndicats FO et CGT, La Tribune, UNAFAM, représentants des usagers, services de soins.

Objet : Lettre ouverte des personnels du pôle de psychiatrie du CHU de Saint- Etienne.

Droit de réponse

Par ce courrier nous voulons faire entendre notre parole soignante et remettre la qualité des soins au centre de la discussion.

En dépit d’une demande impérieuse de la direction du respect du droit de réserve le personnel de psychiatrie s’autorise un droit de réponse.

Les soignants du pôle de psychiatrie sont satisfaits du passage des contrôleurs et sont en accord avec le rapport de ceux-ci.

La psychiatrie est une spécialité qui nécessite des moyens humains qui sont des remparts à la pratique de l’isolement et de la contention. Il existe un lien entre les conditions d’accueil indignes et la mise en place systématisée des contentions et de l’isolement aux urgences.

Nous trouvons pertinents l’idée de la mise en place de formations sur les pratiques alternatives à la contention et l’isolement (les formations évoquées par la direction n’ont pas été mises en place à ce jour lors de la rédaction de ce courrier).

Nous dénonçons ces pratiques au sein des services et des instances depuis des années sans réponse efficace de l’administration hospitalière.

Nous sommes très préoccupés, inquiets, révoltés par la pratique généralisée de la contention et de l’isolement, celle-ci étant également liée à une dégradation des moyens humains en psychiatrie. Nous réclamons du personnel formé à cette pratique de soin de manière ciblée, adaptée à la situation, et, en conformité avec la loi. Depuis de nombreuses années malgré nos alertes, le nombre de personnel diminue. La qualité de la formation initiale infirmière, la précarisation des personnels, le turn-over des agents, la désertification des postes de Psychiatre altèrent la qualité de la prise en charge des patients. L’Humain n’est plus au centre du soin.

Actuellement, la seule réponse de la part de la direction est une réponse architecturale sans dotation de personnel supplémentaire.

Si cela abouti nous n’aurons plus d’espace pour proposer des médiations thérapeutiques et des solutions alternatives à l’isolement. Nous voulons être acteurs à l’élaboration d’un projet cohérent de la psychiatrie stéphanoise.

Devant la gravité de la situation, les personnels du pôle de psychiatrie exigent :

  • Des moyens humains et financiers supplémentaires afin d’assurer des soins en accord avec nos valeurs humanistes auprès des patients et dans la dignité.
  • La réouverture du service fermé en juin 2017 et de sa dotation en personnel médicale et paramédicale correspondante plutôt qu’un « bricolage » dans les unités existantes.
  • La stagiairisation immédiate des agents contractuels afin de conserver leur savoir-faire acquis au sein des services.
  • Le rétablissement du budget de formation qui diminue depuis plusieurs années afin d’augmenter notre expertise soignante.
  • L’ouverture de places en structure d’accueil (lieu de vie) pour patients atteints de troubles psychiatriques. Il nous parait délétère de maintenir des patients plusieurs années dans des unités de soins qui ne sont plus adaptées à ce type de prise en charge.

Publié dans Luttes sociales

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