C'est la finance qui décide : l'Assemblée refuse d'interdire les pubs alimentaires peu saines qui visent les enfants

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

C'est la finance qui décide : l'Assemblée refuse d'interdire les pubs alimentaires peu saines qui visent les enfants

"Demander aux industriels d'être vertueux face à nos enfants, c'est comme demander à une dinde de voter pour les fêtes de Noël, c'est pas possible!".

L'Assemblée nationale s'est refusée, au terme d'un débat animé, à inscrire dans la loi l'interdiction des publicités pour des produits alimentaires trop gras, trop sucrés ou trop salés à destination des enfants, ainsi qu'à rendre obligatoire l'étiquetage Nutri-Score.

Lors de l'examen du projet de loi agriculture et alimentation, des députés ont cherché à interdire ou limiter les messages publicitaires en faveur des "produits alimentaires et boissons trop riches en sucre, sel ou matières grasses et ayant pour cible les enfants de moins de seize ans" sur "tout support de communication radiophonique, audiovisuel et électronique".

Une députée soulignant qu'"en France, un enfant sur six est en surpoids", pointant le "coût pour la société" de l'obésité. "Les industriels usent à l'envi des codes de l'enfance" pour "influencer" les enfants, a-t-elle affirmé, évoquant les "nounours" ou autres "bonbons transformés en personnages de BD".

Comme "demander à une dinde de voter pour les fêtes de Noël"

Guillaume Garot a plaidé pour "poser un principe", "un jalon", tandis que Loïc Prud'homme évoquait un "lavage de cerveau" des jeunes et "un enjeu majeur".

"Demander aux industriels de l'agroalimentaire d'être vertueux face à nos enfants, c'est comme demander à une dinde de voter pour les fêtes de Noël, c'est pas possible!", a lancé Richard Ramos de la majorité macroniste.

A l'inverse, certains députés de la majorité macroniste ont insisté sur "la responsabilisation des parents" plutôt que de légiférer ou le risque de "mettre des secteurs en danger" avec une "dérégulation de la publicité" sans concertation européenne.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a affirmé qu'il fallait un texte "qui marche sur ses deux jambes" et souligné "le rôle de régulateur du CSA" qui peut "travailler sur les contenus", "sans que nous ayons besoin d'inscrire des choses par trop contraignantes dans la loi". L'ensemble des amendements ont été rejetés.

Des amendements défendus, pour rendre obligatoire la mention du Nutri-Score (étiquetage avec un code couleur) sur tous les supports publicitaires pour les denrées alimentaires ont subi le même sort.

"Quand on vous dit: 'mange ces céréales et 'le Tigre est en toi', ce qu'on oublie de vous dire (...) c'est qu'il y a aussi 50 grammes de sucres ajoutés et 30 grammes de graisse saturée", a notamment observé M. Véran, médecin, notant qu'il ne s'agit pas d'interdire mais de "donner une juste information". "La malbouffe en France aujourd'hui, c'est une plaie", selon Loïc Prud'homme.

Un "risque" au niveau européen

Mais le ministre a notamment invoqué le "risque" européen que cela ferait peser sur l'expérimentation en cours concernant cet étiquetage, "une belle démarche" mais basée sur le volontariat. Le rapporteur macroniste Jean-Baptiste Moreau a aussi invoqué "l'impossibilité juridique" de rendre le Nutri-Score obligatoire, disant craindre "un sort funeste" pour l'ensemble du dispositif par "effet boomerang".

Martine Leguille-Balloy députée macroniste, avocate, qui a dit "travailler pour Fleury-Michon", a appelé à ne "pas agacer des gens qui peut-être demain vont mettre (la mesure) au niveau européen".

Sources l'AFP

Publié dans Politique nationale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article