Syrie: 60 snipers français interpelés par les forces régulières syriennes

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Syrie: 60 snipers français interpelés par les forces régulières syriennesSyrie: 60 snipers français interpelés par les forces régulières syriennes

La question de la présence militaire française au sol en Syrie est une question extrêmement délicate, la Syrie est un Etat souverain, qui n’a pas appelé la France à son secours. Des forces au sol seraient donc signe d’une … occupation.

Or, 60 snipers français viennent de se faire interpeller par l’armée régulière syrienne, après s’être perdus. Ils ont été libérés, mais que faisaient-ils là-bas? Que fait la France là-bas?

Les faits: 60 militaires français au sol en Syrie hors mandat international

Le 1er mai, à la frontière entre l’Irak et la Syrie, un cortège de 20 Jeeps blanches avec 60 militaires français rencontre un groupe des Forces démocratiques syriennes (Kurdes) qui doit les accompagner sur le territoire syrien. Ils devaient ensemble se rendre à El Qâmichli, que les forces kurdes et régulières syriennes se partagent. Mais arrivés à la ville de Al-Malikiyah, étrangement, les deux groupes se séparent et les Français continuent seuls.

C’est alors que dans la région de El Hassekeh, ils se trompent et au lieu de passer par le poste de contrôle tenu par les Kurdes, ils se dirigent droit sur le poste de contrôle tenu par l’armée syrienne régulière, à laquelle ils se rendent sans aucune résistance.

En fouillant les véhicules, les soldats syriens découvrent des fusils de snipers, des viseurs de nuit et différentes armes de guerre. Etrange arsenal pour des « conseillers », comme le déclare Paris : Le ministère français de la Défense avait reconnu en juin 2016 la présence de forces spéciales françaises en Syrie « pour conseiller les FDS contre l’EI

Après interrogatoire, l’on apprend que ces militaires, snipers français, devaient ensuite se diriger vers le centre de la Syrie, à El Hassekeh puis encore plus profondément à Deir ez Zor, cette zone tenue par les Américains qui ont la fâcheuse tendance de tirer sur l’armée régulière syrienne qui ose se rapprocher de trop près … sur son territoire …

Les Kurdes sont intervenus et ont négocié leur libération. Mais les Français n'ont pas expliqué qu'elle était leur mission en territoire étranger.

L’aide française aux Kurdes

Cette présence française au sol en Syrie pose la question de la légalité de l’intervention française dans un pays souverain, hors mandat de l’ONU et hors demande du pays concerné. Dès 2016 le ministère de la défense reconnaissait une « certaine » présence française, sans jamais préciser ni son ampleur, ni ses missions, ni son déploiement. Le flou est de mise lorsque l’illégalité est patente.

En mars de cette année, le Président Macron déclare qu’il faut aider les Kurdes, contre les Turcs. Et cela en Syrie. Sur quel mandat? Aucun. Mais il faut. La Présidence française tente de troquer la légalité indéfendable par une légitimité communicable. Toutefois, ici aussi, la politique louvoie. Et pour cause, l’opération reste totalement illégale:

Après la rencontre avec Emmanuel Macron, un représentant des Kurdes syriens à Paris a déclaré que le président français avait promis l’envoi de troupes françaises dans la région de Manbij. L’Élysée a démenti cette déclaration, affirmant que « la France ne prévoit pas de nouvelle opération militaire sur le terrain dans le nord de la Syrie en dehors de la coalition internationale anti-Daech ».

Une présence militaire française plus étendue en Syrie auprès des américains

Et pourtant la France étend sa présence militaire dans le nord et l’est de la Syrie, rejoignant les troupes militaires américaines qui soutiennent les Forces Syriennes Anti Bachar, dans leur prétendue lutte contre Daech, alors qu'il a déjà capitulé dans cette région.

Les forces spéciales françaises ont installé six batteries d’artillerie aux alentours du village de Baghuz sur la rive orientale de l’Euphrate dans le sud-est de Deir ez-Zor. Elles ont multiplié leurs bases militaires à Manbij, à Aïn Issa, à Hassaké et à Raqqa, ont affirmé des sources locales citées par l’agence de presse Turque Anadolu. Les soldats français seraient passées à l’action à plusieurs reprises, en faisant usage de leur unité d’artillerie, ont ajouté ces sources.

Les Forces Syriennes Anti Bachar (FDS) observent ces derniers mois, une augmentation des forces militaires françaises qui se sont infiltrées sur le territoire syrien depuis le sol irakien. Elles sont déployées dans le sud de Kobané dans la banlieue d’Alep et dans la cité d’Aïn Issa dans le nord de Raqqa, précise Anadolu. Elles ont, en fait, rejoint les militaires américains.

La coalition dirigée par les États-Unis a confirmé sur Twitter que l’artillerie française soutenait les Forces Syriennes Anti Bachar lors d'une attaque présumée contre les résidus des terroristes de Daech à l’est de l’Euphrate. Au contraire des régions du nord-est, contrôlées par la Turquie, les Français risquent, dans l’est de l’Euphrate, d’entrer directement en conflit avec l’armée légale syrienne et ses alliés de la Résistance.

Depuis le 14 avril, date à laquelle la France a participé directement à la frappe tripartite contre la Syrie sur ordre des Américains, elle ne cesse de multiplier la présence de ses effectifs militaires en Syrie.

Cet engagement militaire a été décidé sans consultation du Parlement français. Les proches du président se félicitent d’avoir suivi, au mot près, les directives de Washington qui a valu à l’armée française l’éloge du général américain Vottel : « Les militaires français sont de bons partenaires, ils sont à nos côtés dans des régions très difficiles et ce sont des partenaires très sûrs et fiables », selon l’AFP. « Nous sommes très fiers de cette relation que nous avons avec les Français », a-t-il insisté.

Sources Réseau International

Publié dans Moyen Orient

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