Tribune de Denis Durand

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Tribune de Denis Durand

« Tout sauf Sarkozy » ! C’est sur ce sentiment que François Hollande a construit sa victoire électorale de 2012… et le désastre de son quinquennat. Ne l’imitons pas en 2018.

Ce n’est pas l’espoir d’une alternance à l’Élysée qui a scellé l’unité des syndicats de fonctionnaires, réuni une majorité de salariés d’Air France pour infliger par leur vote un humiliant désaveu à leur PDG, suscité la convergence des grévistes de la SNCF avec les cadres supérieurs de l’entreprise.

Ce qui donne aux cheminots la force de tenir tête à un gouvernement décidé depuis le début à leur briser les reins en même temps qu’à leur service public, c’est qu’ils ne se sont pas contentés de protester, ni de défendre un statu quo qui ne répond ni à leurs attentes, ni à celles des usagers. Ils ont eu l’audace d’intervenir dans la gestion de leur entreprise, contre la rentabilité capitaliste qui inspire sa gestion actuelle et les projets du gouvernement. Ils proposent un projet raisonné, argumenté, convaincant pour le service public des transports ferroviaires, sans éluder la question de son financement.

Le potentiel de rassemblement qui en résulte se mesure dans la diversité des soutiens à l’appel « Dette de la SNCF et développement des services publics : l’argent des banques et de la BCE pour les services publics, pas pour la finance ! » (https://www.change.org/p/g%C3%A9rard-darmanin-dette-de-la-s…) qui réunit syndicalistes de la SNCF et d’autres professions, économistes, chercheurs, défenseurs de l’environnement, personnalités représentatives de la diversité de ceux qui tiennent au service public ferroviaire.

Ils se retrouvent autour de l’idée qu’il est possible de libérer les services publics du poids écrasant des marchés financiers, en s’attaquant au cœur de la construction européenne : la Banque Centrale Européenne et l’usage qu’elle fait de son pouvoir de création monétaire.

C’est la démonstration pratique de ce que l’unité ne se construit pas sur la négation des différences mais sur la confiance du mouvement dans sa capacité à imposer une alternative crédible à la politique du pouvoir, à la domination du capital, à la violence des marchés financiers et à son institutionnalisation dans la construction européenne actuelle.

Loin de faire obstacle à la « convergence des luttes », on favorise donc au contraire le rassemblement en désignant les pouvoirs à conquérir concrètement pour mobiliser les moyens financiers d’atteindre les objectifs sociaux et écologiques que s’assignent les mouvements sociaux.

Il faut saluer l’effet positif des efforts déployés par la CGT pour sortir les manifestations du 26 mai des ornières d’un « dégagisme » politicien. Mais où sont les forces politiques capables, pour ce qui relève de leur responsabilité propre, de mener une action constante pour que l’exigence de transformations à la fois concrètes et radicales fasse monter une « marée populaire » à la hauteur de la crise du capitalisme financiarisé et des dangers qui l’accompagnent ?

Ce rôle revient au Parti communiste. Puisse-t-il ne pas manquer son rendez-vous avec l’histoire.

https://www.change.org/p/g%C3%A9rard-darmanin-dette-de-la-s…

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article