Un an de présidence : si le capital peut remercie Emmanuel Macron, les portes de l'espoir restent ouvertes !

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Un an de présidence : si le capital peut remercie Emmanuel Macron, les portes de l'espoir restent ouvertes !

 Un président élu par défaut.

La 1ère année d’Emmanuel Macron à l’Elysée s’achève. Avant de parler de bilan, il est nécessaire selon moi, de rappeler les conditions de son élection. Au 1er tour de la présidentielle, il recueille 24 % des voix exprimées sur 77.8 % des votants. 10 millions d’électeurs ne se déplacent pas. En somme seuls 18.2 % des Français en âge de voter ont fait le choix de son programme, très flou même s’il est indéniable que l’individu est favorable à la domination du capitalisme financiarisé et mondialisé.

Le second tour, le 7 mai, voit Emmanuel Macron opposé à Marine Le Pen la candidate de l’extrême droite. Les forces politiques dites républicaines appellent à voter contre l’extrême droite. 43 % des Français vont utiliser le bulletin Macron pour empêcher l’élection de Marine Le Pen. 12.1 millions d’électeurs ne participent pas au scrutin.

Que cela soit au 1er tour ou au second tour, aucune majorité de Français n’a choisi ni soutenu le programme d’Emmanuel Macron. Ce qui me faisait dire, il y a un an : « la politique de Macron telle qu’elle est exprimée dans son programme, n’a aucune légitimité politique et populaire. Macron est un président très mal élu. Il est élu par défaut ! Cela ne l’autorise donc pas à faire ce qu’il veut ! »

Certains rétorqueront que les législatives qui suivirent lui donnèrent une majorité lui permettant de gouverner. Certes, la majorité de députés « En Marche » élus est de 308 sièges, auxquels on peut s’autoriser à ajouter ceux de la droite et du Modem qui votent sans hésitation les réformes de Macron. La seule différence est que la droite en demande toujours plus, jugeant que Macron ne va pas assez loin dans le recul du pays. 

Ceci étant rappelé, à l’examen du résultat des législatives, on voit que le parti de Macron « En Marche » réalise 7.826 000 voix soit 16.5% des inscrits. Même en ajoutant le Modem et Les Républicains, on obtient un total de 12 966 000 voix soit 27.41 % du corps électoral, 27 128 000 électeurs ne s’étant pas déplacés !

Une politique qui n'a aucune légitimité

Ces trois forces politiques sont donc loin d’avoir une légitimité pour mettre en œuvre la politique d’Emmanuel Macron même si elles ont 462 députés élus dus à un scrutin antidémocratique, « de voleurs » comme le qualifient certains politologues. Cela rend urgent de rénover profondément la loi électorale afin que les législatives soient un scrutin honnête, représentatif de la diversité à la fois sociologique et de pensée de notre peuple. Seule la proportionnelle intégrale le permet.

Si saluer l’anniversaire de l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée peut s‘entendre, par contre prendre en référence son programme, ses promesses comme le disent les médias, comparé à ce qu’il a fait, pour porter appréciation d’une année de présidence n’a aucune valeur démocratique. Je conteste fermement cette méthode qui laisse entendre qu’une majorité de Français aurait soutenu son programme. Ce qui est faux, c’est pourquoi je réfute le procédé. 

Selon moi, pour porter appréciation, il faut tenir compte du vote et de son contenu. On peut affirmer qu’au 1er tour de la présidentielle, plus de 31 millions ont fait le choix, sous des formes diverses, de rejeter l’ultralibéralisme ! Cela représente 65.8 % des électeurs inscrits, une donnée confirmée par les législatives. La vraie question à poser est donc : Emmanuel Macron a-t-il respecté ce choix très largement majoritaire des Français exprimé lors des élections de 2017, tout au long de cette première année de mandat ? A l’évidence, nombre de citoyens répondront non !

D’ailleurs l’individu a vu le danger, c’est pourquoi avec culot, Macron ose répondre : « J’ai reçu un mandat clair des Français ! Je l’exécute !». Ainsi il refait l’élection avec une gomme à effacer pour justifier l’abominable politique qu’il met en œuvre contre la France et son peuple. Bien évidemment, en déformant le réel, il entend donner le ton à ses ouailles, ceux et celles qui l’entourent, pour qu’ils glorifient celui qui leur a permis de trouver pitance au coeur de l’état.

Une politique abominable pour les riches et contre la France

Cette politique abominable est au service des riches. Cela lui a valu l’appellation de  « Président des riches ». Boulet qu’il risque de traîner pendant 5 ans. Sa politique est exclusivement au service de la finance, du capitalisme mondialisé et du patronat, c’est une politique de classe !

" Les grandes fortunes vont bénéficier du plus gros cadeau fiscal jamais obtenu depuis 30 ans". analysait en Octobre 2017 le député de Mayenne G. Garot."L’impôt sur les revenus du capital baisse et l’Impôt sur la Fortune est quasiment supprimé,  les actions, les yachts, les jets et même les lingots d’or n’y seront plus soumis ! Le Gouvernement indique qu’en réduisant la fiscalité des plus fortunés, il favorise l’investissement dans les entreprises : rien n’est moins sûr ! ".

N’ayons pas peur des mots, Emmanuel Macron a reçu un mandat clair, non pas de notre peuple, mais des riches, de la finance et du patronat : lever tous les obstacles qu’ils rencontrent pour élever les profits, piller et brader la France, briser tous les ressorts sur lesquels une alternative peut prendre appui pour ouvrir une perspective sociale, de progrès, écologique et démocratique.

Pour mettre en œuvre son projet libéral, Macron se dit agir comme le PDG de l’entreprise France. Ce qui en dit long sur sa logique et ses intentions. Il s’entoure d’un nombre incalculable de « godillots » issus de la droite dure et du Parti Socialiste reconvertis au monde de la finance, de calotins des conseils d’administration des groupes. C’est toute une bande de « manieurs de trique patronale qui est à ses cotés » avec quelques millionnaires bien choisis, histoire de ne jamais perdre la boussole au fil des évènements.

Un bilan terrible qui enfonce le pays dans la crise

Alors quel bilan tirer ? Au plan économique, bien que l’année 2017 se soit terminée avec une légère croissance due essentiellement à des facteurs externes, le 1er trimestre 2018 montre un net ralentissement du fait d’un recul de la consommation populaire. La crise est toujours là,  avec ses manifestations sociales graves, chômage massif assorti d’une précarité tout aussi massive des emplois, accroissement des inégalités, pauvreté, montée des enjeux écologiques et démographiques. A l’autre bout, des riches toujours plus riches et des profits qui explosent et sont redistribués principalement aux actionnaires. La France est devenu le meilleur pourvoyeur de dividendes ! 

Tous les ressorts de la crise systémique sont présents et les conditions d’une nouvelle manifestation sont réunies. Elle sera beaucoup plus violente que celle de 2009-2010 et fera des dégâts encore plus considérables selon les économistes avertis. Or toute la politique mise en œuvre par Macron aggrave ces conditions et en même temps détruit les gardes fous qui ont permis à la France d’amortir les effets de la crise financière de 2009-2010, notamment les Services Publics.

Au plan social, c’est la plus grande catastrophe de ces 25 dernières années ! La politique de Macron vise à lever avec brutalité les sécurités acquises par les luttes qui limitent l’empiètement du capital et du patronat sur les salariés et les citoyens. C’est une austérité renforcée dans tous les domaines de la vie au travail comme dans la société, et un transfert massif de fonds publics aux entreprises et la levée des diverses fiscalités pour les riches. 

300 000 contrats aidés sont supprimés, le code du travail est brisé afin de donner la liberté totale au patronat d’imposer ses critères de gestion contre les outils de production et les hommes au travail. C’est l’instauration de l’esclavage salarial avec la multiplication des contrats précaires et des bas salaires, la formation professionnelle livrée au patronat. C’est la spoliation des retraités, la remise en cause de la Sécurité Sociale et notamment la cotisation sociale qui fonde la solidarité et permet aux entreprises d’y apporter leur contribution à partir des richesses produites. Enfin c’est le laisser-aller des coûts financiers exorbitants (dividendes versés aux actionnaires - frais financiers bancaires - évasion et fraude fiscales etc.) qui entravent l’efficacité, le développement et nourrissent la crise. Au plan industriel, c’est le bradage de fleurons industriels au capital étranger comme la Navale de Saint Nazaire au capital italien ou l’Alstom à Général Electric et Siemens.

C’est une attaque terrible contre les services publics, les hôpitaux, les EHPAD, la remise en cause de la SNCF et du service public ferroviaire, et des trois fonctions publiques qui permettent pourtant à l’Etat de jouer son rôle au service de l’intérêt général. Nombre de services publics et administrations (Justice – école – fiscale - Pôle Emploi, etc.) sont affaiblis, démolis, liquidés et nombre d’activités utiles sont bradées (les autoroutes, les aéroports, les barrages hydroélectriques etc.) à des sociétés privées avides de fric. La marchandisation de tout est la règle, peu importe les effets pour les êtres humains, les territoires et le pays.

Austérité oblige, les collectivités territoriales voient leurs dotations réduites avec un chantage : « vous baissez vos investissements et vos coûts (emplois et associations) et vous aurez peut-être en retour une dotation de l’Etat. » Insupportable ! Au point que plusieurs maires ont engagé une résistance salutaire à ce chantage sordide. De l’issue de cette bataille dépend le devenir des services publics locaux qui font la vie quotidienne de nos concitoyens.

Notre jeunesse sacrifiée

Macron sacrifie notre jeunesse. Les jeunes n’ayant pas eu la « chance » d’être issus d’un milieu social, culturel et économiquement favorisé, sont orientés voire dirigés vers l’emploi précaire devenu le nouveau dogme de gestion des managers d’entreprises qui raisonnent qu’à court terme et cherchent des rapports financiers rapides et non plus en termes de transmission des savoirs, en collectif de travail pour l’efficacité, en formation professionnelle, en dialogue social pour contribuer à la solidarité nationale, au progrès social et à l’épanouissement des salariés.

Tout doit être réduit de manière drastique, tout doit être mobile, tout doit être accepté sans broncher, plus rien ne doit être discuté ou critiqué. L’uniformité est de mise. C’est le règne du subi contre le choisi et le négocié. Seul compte l’élévation de la productivité du travail pour la rentabilité financière. Les êtres humains, la santé et l’épanouissement individuel ne comptent plus.

Les chômeurs seront chassés pour les obliger à accepter l’inacceptable. S’ils refusent ils seront radiés de Pôle Emploi, condamnés à vivre d’errances et de rien ou de la solidarité familiale. 

Cette politique ne laisse aucune place au commun, à la critique et à la contestation. Il faut être efficace et performant. A l’hôpital, au sein de l’Université, des EHPAD, dans les activités sociales et culturelles. Aucune action publique ne doit y échapper. Mais, on rejette la question du sens, du rôle de la puissance publique dans une société marquée par la crise et ce que les citoyens attendent des services publics au XXIe siècle.

Pour les jeunes à l’école, au lycée ou à l’université, c’est un enseignement réduit afin de décourager celles et ceux qui en auraient envie, de poursuivre des études qui sont réservées à l’élite, choisie par ses pairs. On étouffe l’esprit critique, pour former non plus des citoyens maîtres de leurs choix de vie et de leur devenir, mais des sujets, des pions qui courbent l’échine, ne contestent pas l’ordre établi, promotionnent les dogmes du capitalisme financiarisé. 

Au nom de la concurrence et de la liberté individuelle, l’individualisme est devenu « le nec plus ultra » de l’éducation. On apprend à s’affirmer dans "la compétition" qui peut conduire à la violence des rapports humains. On marchant sur son voisin, ses amis, ses collègues. Chacun doit comprendre que dans « ce monde » il y a toujours des perdants et des gagnants, qui sont en général toujours les mêmes issus des mêmes milieux sociaux ! C’est une sauvagerie terrible inquiétante pour le devenir des sociétés.

Dans le domaine de l’éducation, en prenant appui sur les forces les plus réactionnaires, on fait une place toujours plus grande au privé. On affaiblit le service public d’éducation en supprimant des classes, en réduisant les investissements, la formation, et les  emplois, ce qui accentue l’échec scolaire notamment parmi les publics issus des milieux les plus défavorisés, alors que le privé est porté en exemple. Peu à peu, on assiste au transfert des élèves du public vers le privé. Pour décourager, on instaure la limitation aux entrées en facultés et on érige en système, la théorie de la sélection. Les perdants rejoindront les rangs des chômeurs ou accepteront les boulots précaires.

On ne peut passer sous silence, l’indigne loi sur les migrants. L’inhumanité est la trame de cette loi qui vise à chasser les migrants, à les expulser et à punir les citoyens qui font acte de solidarité à leur encontre. Le texte est si abject que même au sein « d’En Marche », le parti de Macron, des députés ont commencé de gronder !

Macron veut pousser l'Europe du capital et relance l'alignement atlantiste et guerrier

Concernant l’Europe, Macron fait le choix de pousser plus loin encore l’Europe du capital en promouvant le fédéralisme contre les peuples et les souverainetés nationales avec pour visée une Europe motrice du libre échangisme, de la mondialisation capitaliste, dotée d’une armée européenne destinée à mâter les peuples récalcitrants et à permettre aux puissances dominantes de l’Occident de jouer les gendarmes du monde. La tâche s’avère plus difficile que Macron ne le pensait, comme le démontre la contestation de députés européens lors de son passage au Parlement Européen. Dans les mois qui viennent, avec l’Election Européenne, nous en saurons plus sur les projets de Macron.

Au plan international, Macron a reçu et rendu visite à ses « amis ». C’est une nouvelle étape de l’alignement atlantiste de la France derrière Trump et son administration au mépris du droit international. Au-delà de la mise en scène indécente et humiliante pour notre pays, les décisions qui s’esquissent constituent une escalade guerrière lourde de dangers. Les frappes illégales en Syrie contribuent à internationaliser les affrontements qui assomment le Moyen-Orient, nourrissant le djihadisme et le nationalisme. Ces démonstrations guerrières témoignent que l’Occident entend rester le gendarme du monde quitte à faire capoter les efforts de paix les excluant. Sur le climat et le commerce international, Trump persévère sans faire la moindre concession et  délivre même un satisfecit à Macron pour sa politique migratoire. C’est un éloge infamant pour la France réputée comme étant « le pays des droits de l’homme. ».

La France est transformée en agence commerciale de vente d’armes sophistiquées produites par les « marchands de canons » au mépris de la sécurité collective et de la paix. Enfin c’est le choix réactionnaire de combattre les forces qui tentent de s’émanciper du capitalisme, et celui de soutenir les régimes autoritaires qui martyrisent les peuples, ainsi pas un mot sur la terreur et les assassinats d’Israël à l’encontre des palestiniens de la bande de Gaza, véritable prison à ciel ouvert.

Ces domaines d’activité politique sont suffisamment éclairants pour juger de l’action d’une année de pouvoir d’Emmanuel Macron. Il fait des choix de société qu’il entend imposer à la France pour lui faire franchir une étape décisive afin qu’elle soit plus et mieux au service du capitalisme mondialisé.

Tel est le sens et l’objectif de chacune de ses réformes ou plutôt contre-réformes. C’est le « Vieux monde » qu’il cherche à pérenniser quitte à liquider ce qui fait la spécificité, l’originalité, l’exceptionnalité de la France depuis 1789. C’est un projet cohérent et dangereux pour les sociétés, le monde et leur avenir car en rupture complète avec les valeurs de la République, la souveraineté populaire et la démocratie.

Autoritarisme et répression avec Thatcher comme modèle

Pour imposer son projet, Macron ne néglige rien. Ni la bataille idéologique, ni les mensonges, ni les chantages, ni les pressions, ni la répression. Il a pour modèle Mme Thatcher, la « dame de fer » anglaise, 1er ministre de 1979 à 1990, qui écrasa avec une violence inouïe les résistances à sa politique ultralibérale et d’austérité qui jeta la Grande Bretagne dans une crise profonde.

Mais selon le journal britannique, le président de Emmanuel Macron a bien étudié les discours de Margaret Thatcher”le Sunday Times,Selon la République Française “en a conclu que ses doctrines n’étaient pas transposables à la France, où la lutte des classes possède une longue histoire”. Et pourtant, avec sa réforme de la SNCF fortement contestée ou le conflit d’Air France “les Britanniques pourraient entendre ici des échos familiers”, pointe le Sunday Times.

Déjà les occupants de Notre Dame Des Landes, les cheminots et les étudiants qui occupaient pacifiquement leurs universités ont pu faire l’expérience de cet autoritarisme qui se manifeste par des interventions policières violentes comme si L’Etat rentrait en guerre contre ses citoyens qui refusent de rentrer dans le rang mais dont l’action pacifique est légitime et soutenue par l’opinion. C’est une étape inquiétante et dangereuse pour la démocratie que vient de franchir Macron, levant le voile sur l’hypocrisie du personnage cachée derrière un visage innocent d’enfant de cœur.

Arrogance - mépris et humiliation

Derrière la détermination de Macron est en effet présent l’autoritarisme qui accompagne toujours la violence sociale. Macron est le cas type du parfait réactionnaire quelque soit le pays où ce genre d’individu sévit. Cet autoritarisme guide son projet de réforme constitutionnelle dont la finalité est d’affaiblir la représentation populaire dans les institutions afin d’avoir les mains libres pour réaliser sa contre révolution. A l’autoritarisme, Macron ajoute le mépris qui va jusqu’à l’humiliation. Qui n’a pas à l’esprit la façon doit il traita le Chef d’Etat major Pierre De Villiers qui avait osé s’indigner devant des députés de la baisse du budget de la Défense. «Je suis votre chef» c'est par cette phrase qu'il rappela sèchement à l'ordre les militaires, après des critiques publiques de ses choix budgétaires. Humilié, De Villiers démissionna quelques jours plus tard.

L'image bien policée d'Emmanuel Macron est de nouveau gravement ébréchée lorsqu'il lance aux salariés de l'entreprise GM&S qui manifestent pour leurs emplois : «Certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas». Venant après les insultes de « fainéants » ou de « cyniques » à l’encontre des salariés qui agissent contre sa politique, cette humiliation des GM&S provoque des réactions en cascade sur les réseaux sociaux.

Dernièrement, Emmanuel Macron s’est encore distingué en affirmant que « ceux qui pensent que le summum de la lutte c’est les 50 euros d’APL… Ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays ». Quel mépris social insupportable. Même le Président de droite du Sénat n’est pas resté sans réaction, pour Gérard Larcher, « on ne peut pas avoir des mots raccourcis. L’APL est un sujet important pour des millions de familles françaises et il faut qu’on le traite avec équité ».

Avec ce regard non exhaustif sur cette 1ère année Macron, on comprend mieux pourquoi sa cote de popularité s’est écroulée aussi rapidement, que plus de 60 % des Français se disent déçus et que seulement 1.6 million de téléspectateur aient regardé l’émission de Fr3 consacrée à cet anniversaire. Un vrai bide, révélateur de la fracture réelle entre le Chef de l’Etat et les Français dont beaucoup d’entre eux lui reprochent son arrogance et son mépris.

Une fracture béante entre les Français et le chef de l'Etat

Cette fracture explique la forte contestation sociale actuelle avec des salariés qui s’opposent frontalement à cette politique jugée injuste, erronée, dangereuse au regard de la situation internationale, de la crise sociale et des prémices d’une nouvelle crise financière. Il est urgent d’arrêter cette démolition de la France et de ses valeurs si appréciées dans le monde entier.

Macron bénéficie du soutient des médias dont les grands groupes industriels, financiers et de communication sont devenus les propriétaires. La finance et le patronat veillent au grain. Beaucoup sont devenus des « organes de propagande » qui frise souvent l’indécence. On en prend la mesure avec le traitement des conflits des hôpitaux, de la SNCF ou d’Air France. Cette situation est à l’origine d’une crise des médias voyant nombre de citoyens en quête d’informations, se détourner des médias traditionnels et utiliser les réseaux sociaux. Cette domination sur les médias va jusqu’à faire voter une loi dite « Secret des affaires » ayant pour objectif de limiter la liberté d’investigation des journalistes. La transparence, outil de la  démocratie, est ainsi piétinée.

Lors de son premier voyage à l’étranger, Emmanuel Macron en bon stratège a choisi et utilisé tous les leviers de la communication politique. Cela a été – bien que Élysée s’en soit défendue – jusqu’à vouloir renouveler les journalistes qui sont accrédités pour suivre ces déplacements à l’étranger. 

Sachant les questions environnementales et écologiques sensibles dans l’opinion, Macron a organisé fin 2017, un sommet écologique. Tout le monde aujourd’hui semble avoir oublié cette opération qui a été l’occasion pour le locataire de l’Elysée de se faire passer pour « écolo ». Chose qu’il fera vite oublier avec l’abandon de NDDL, preuve de sa lâcheté et de son incapacité à saisir la subtilité des enjeux écologiques et surtout son projet de réforme ferroviaire qui ne dit pas un mot sur l’urgence d’un report des transports du fret et des voyageurs de la route vers le rail. Chez Macron, la finance et la marchandisation sont prioritaires sur le réchauffement climatique et le développement durable. Son numéro chez Trump apparaît pour ce qu’il est, une opération médiatique et démagogique ! 

Depuis sa candidature, chaque action d’Emmanuel Macron est soutenue par des éloges de manière quasi religieuse : «Un devoir d’efficacité», «un langage de vérité». Les critères du management privé, les anglicismes sont invités par ce « vieux monde politique » pour donner l’illusion de modernité. Les réformes sont à peine annoncées qu’elles sont déjà dépassées par la suivante, à coup de «bottom-up», «impact», «innovation», «benchmarking» ou autre «évaluation». Cette invasion des normes, des standards de gestion, et cette emprise grandissante des notations s’inscrivent dans la colonisation des services publics par la langue fonctionnelle de l’entreprise nommée « le New Public Management » ou art néolibéral de démantèlement de l’Etat.

Cela fait office de politique. Sous couvert de pragmatisme et de rationalisation, une idéologie conduit les réformes du pouvoir : les discours axés sur les valeurs sont interdits et remplacés par ceux privilégiant les techniques et instruments qui régulent, fragmentent, contrôlent et rendent conforme l’ensemble des pratiques sociales. Ces formes de gouvernance constituent un mouvement d’expropriation de la pensée, une confiscation de la décision des citoyens. Le politique se crée un espace qu’il domine et mesure, via des indicateurs. Pas de place pour le débat, la contradiction, la production d’un sens et d’une finalité. On exécute un acte par soumission à l’automatisme des procédures, il n’y a pas de pire menace pour une démocratie.

Elever les consciences et rassembler celles et ceux qui ont dit NON à l'ultralibéralisme pour un projet de société et de civilisation

Macron, ce n’est donc pas seulement le président des riches, c’est beaucoup plus que cela : il est le président des multinationales et sa visite, bras dessus bras dessous, à Trump le chef des grandes banques américaines et des trusts montre à quel point il peut être un parfait gestionnaire du système.

Ce président pour être élu par défaut, a « bénéficié » de la campagne médiatique ciblant Fillon et déblayant  le terrain occupé par la droite, de la récupération du Centre (Bayrou), de l’usure jusqu’à la corde de Hollande et du parti socialiste dont une grande partie des militants a rejoint Macron et de l’utilisation de l’extrême droite devenue un  classique de la manipulation des peurs.

Le capital a pu rassembler les tenants de l’ultralibéralisme pour tenter de passer une nouvelle étape avec la démolition de nombre de conquêtes sociales et démocratiques.

Pourtant, une prise de conscience en lien avec les luttes, se fait jour avec une certaine clarification sur les objectifs de Macron. Cela est à amplifier afin de mettre en mouvement les 31 millions de citoyens qui ont rejeté l’ultralibéralisme lors du printemps 2017 et sont prêts à s’investir dans la construction d’une alternative sociale, démocratique, économique et culturelle qui change la vie de chacun et celle des générations qui suivront et s'attaquent aux formidables enjeux de ce début de siècle : démographique - économique - social - démocratique - écologique - institutionnel et doit à la paix.

 

En effet, face à la crise du capitalisme des solutions radicales doivent viser son dépassement. Il s'agit d'inscrire l’action politique dans la perspective historique, révolutionnaire, correspondant aux possibilités de notre époque : construire une autre société, une autre civilisation. Une telle révolution n'est pas un rêve impossible: c'est à la fois un mouvement de transformations par les luttes, et un objectif politique, élevé, mais nécessaire et possible.

 

Pour mener ce combat, les tentations gauchistes et populistes comme la "personnalisation" qui masque toujours les enjeux de fond, sont à éviter voire à combattre. Il y a besoin de mettre en cohérence notre action et nos pratiques politiques avec l'analyse que nous faisons de la crise et de faire vivre le contenu transformateur, radical et crédible d’un projet de société ouvrant la voie à une nouvelle civilisation faite par et pour les être humains. C’est le rôle premier des communistes et d’un vrai parti communiste et révolutionnaire.

Pour terminer, notons que l’individu Macron, n’est finalement que la créature des hommes d’affaires, de la finance et du CAC 40 et en particulier du club de Bildelberg dont chacun sait à quel point il travaille pour que le capital trouve et forme les cadres politiques du système afin qu’il continue à dominer le monde tout en levant tous les obstacles entravant sa liberté. Mais si les femmes et les hommes parviennent à s’emparer d’un projet de société pour en faire le cœur du rassemblement populaire et majoritaire, pour une autre société et une autre civilisation, ces faux hommes providentiels seront balayés, et s’ouvriront alors les portes de l’espoir.

Jean Chambon

Secrétaire de la section de Pierre-Bénite (69)

Membre de la direction départementale de la Fédération du Rhône du PCF

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