Les 34 membres du comité CAP2022 sont l’élite de l’élite. Attention aux dégâts !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Les 34 membres du comité CAP2022 sont l’élite de l’élite. Attention aux dégâts !

Le rapport sur l'orientation de la Fonction Publique dit CAP2022 a été rendu public et a provoqué critiques, contestations tant chez les syndicats de la Fonction Publique que chez les élus ou les parlementaires. L'orientation et ses préconisations ont été pourtant souvent partagées de longue date par les membres du Comité Action Publique 2022 qui les ont élaborées et rédigées.

Les 34 membres de ce comité pour CAP2022 appartiennent, pour la plupart, à l’élite de l’élite.

Un club souvent à mi-chemin entre le Siècle et un conseil d’administration du CAC 40. Cette instance ressemble fort à la commission Attali pour la libération de la croissance française, au sein de laquelle le jeune co-rapporteur, Emmanuel Macron, a étoffé son carnet d’adresses.

Ce cercle très fermé est principalement composé de dirigeants de grands groupes et de hauts-fonctionnaires d’Etat. Deux catégories très perméables. Avec la montée en puissance des anciens des écoles de commerce (HEC ou l’ESSEC) parmi les lauréats des grands corps (l’Inspection générale des finances, le Conseil d’Etat et la Cour des Comptes), sortis dans la botte du haut du classement de l’ENA, les allers et retours entre le public et le privé sont devenus monnaie courante.

Au total, l’énarchie rafle près de la moitié des sièges. Un quota qui suscite l’ire des cadres territoriaux. En dehors d’un colonel de sapeurs-pompiers professionnels, Pascal Martin, ils ont, au même titre que les agents des hôpitaux, été évincés du casting initial. Tout comme les grandes organisations syndicales représentatives de la Fonction Publique comme la CGT ou FO.

Pour le Gouvernement, les collectivités sont bel et bien représentées dans le comité originel, par des élus locaux, comme le maire UDI de Sceaux, Philippe Laurent, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT).

Tous les groupes politiques présents à l'Assemblée Nationale ou au Sénat ne sont représentés. On a beau tourner et retourner la liste, aucun communiste maire, conseiller général, sénateur, député ou ancien ministre ne figure dans la liste. Certainement considéré comme des empêcheurs de tourner en rond avec leur attachement aux valeurs de notre République.

Quels sont ces 34 membres fondateurs de cette commission CAP 22

Ross McInnes.

Est un homme d’affaire d’origine australienne qui préside depuis trois ans Safran, géant de l’industrie de la défense et de l’aéronautique. A ce titre, il est un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics. Pour lui, les administrations doivent s’affirmer, comme « un élément clé de notre compétitivité et de notre attractivité ».

Véronique Bédague-Hamilius.

Elle est PDG du consortium Nexity Immobilier d’entreprise depuis février 2018. Un job dans le privé après près de trente ans dans le public pour cette énarque passée par l’ESSEC, mariée à un ancien collaborateur de l’actuel leader de la commission européenne, Jean-Claude Juncker. Secrétaire générale de la ville de Paris durant la deuxième partie du règne de Bertrand Delanoë, Véronique Bédague-Hamilius a été la patronne de quelque 50 000 fonctionnaires. Proche du PS, elle a été ensuite la première femme à diriger le cabinet d’un Premier ministre, Manuel Valls, entre 2014 et 2016. Depuis, elle a découvert le process des entreprises. Et pour Véronique Bédague-Hamilius : « Ce qui me frappe, c’est la rapidité qui imprègne les entreprises privées, même en respectant le dialogue social. La réalité, c’est que le management est plus difficile dans la fonction publique. Le mouvement est plus lent », lâchait la coprésidente de CAP 22, lors d’un débat, houleux, avec les représentants des cadres territoriaux.

Mathilde Lemoine

Comme Emmanuel Macron, elle a pris racine chez Rothschild en 2016. Cette ancienne, de la commission Attali n’est pas pour autant toujours très amène avec le pouvoir. Dans Le Figaro du 23 mai dernier, elle juge assez sévèrement les premiers exercices budgétaires de  la Macronie, pointant une « illusion d’une maîtrise des dépenses », à ne surtout pas confondre avec « un effort structurel ».

Guillaume Hannezo

Est l'ancien bras droit de Jean-Marie Messier à l’époque de Vivendi Universal. Inspecteur des finances et normalien il a rebondi chez Rothschild, puis maintenant à FDR Finance.

Jean-François Cirelli

Il a été Formé à Bercy, puis dans les cabinets de la droite française auprès de Jacques Chirac et de Jean-Pierre Raffarin, Il a présidé Gaz de France en 2004, jusqu’à sa fusion avec Suez en 2008, avant de devenir le bras droit de Gérard Mestrallet. L’ancien élève de l’ENA a trouvé refuge en 2015 à la tête de la section française de la méga-société de gestion US BlackRock, qui brasse au total plus de 4 500 milliards d’actifs.

Stéphane Brimont

Il préside l’institution financière Macquarie pour la France et le Bénélux. Auparavant, le monde est petit, il a fait partie de la garde rapprochée de Jean-François Cirelli chez GDF.

Enrico Letta

Il est l’ancien président du conseil transalpin, C'est un chaud partisan des traités européens qui préside l’Institut Jacques Delors. Il a aussi pris les commandes de la Paris School of International Affairs à Sciences Po. Son responsable est le même qu’au sein du Comité Action Publique 2022 : Frédéric Mion.

Per Molander,

Est un haut fonctionnaire suédois reconverti dans le consulting en politiques publiques.

Axel Dauchez

Il est de d'une veine digne de Macron, il est le DG de Make.org et veut libérer la parole de la société civile dit-il. Après avoir fait ses classes dans le marketing chez Procter & Gamble, ce polytechnicien a dirigé dans les années 2010 Deezer et l’entreprise de communication Publicis France.

Paul Duan

Il est un petit génie du Big Data qui promettait de baisser le chômage de 10 % en France grâce à un « simple algorithme ». Ce natif de Trappes aurait accompagné 120 000 demandeurs de travail avec sa plateforme Bob Emploi. Des états de service qui lui ont valu de remettre les diplômes de Sciences Po en 2017.

Ludovic Le Moan

Contrairement à ses camarades d’Action Publique 2022, il n’a pas fréquenté les grandes écoles. Titulaire d’un CAP de tourneur-fraiseur, cet entrepreneur de l’internet des objets a tapé dans l’œil d’Emmanuel Macron qui l’a embarqué dans ses virées dans la  Silicon Valley.

Marc Tessier

Il est l'’ex-numéro 1 de France Télévision. Il conseille le président de Vitis, « société de commercialisation de services audiovisuels sur les réseaux numériques », d’après la présentation officielle des membres de CAP 2022. Enarque et polytechnicien, comme jadis Valéry Giscard d’Estaing, le septuagénaire a passé la majeure partie de sa carrière dans l’industrie culturelle.

Frédéric Mion

C'est le directeur de Sciences Po. Il occupe une place à part dans le Comité Action Publique 2022 puiqu'il en est le Co-président, il fait partie du premier cercle d’Edouard Philippe. Conseiller d’Etat et ancien pensionnaire d’un cabinet d’avocat d’affaires, il a aussi été, un temps, à Sciences Po, le patron de la femme du chef du Gouvernement, Edith Chabre. Normalien et major de l'ENA, il a été adjoint au directeur général de l’administration et de la fonction publique de 2000 à 2003. Il a ensuite fait carrière essentiellement dans le privé, en particulier comme secrétaire général de Canal Plus. Avec la direction de l’IEP de Paris depuis 2013, il tient son bâton de maréchal. « Il n’est pas de meilleure démonstration de la place exorbitante de Sciences Po que l’attention portée à ses tribulations et à la nomination de son directeur, écrivait le politologue Alain Garrigou dans Le Monde, au moment de son sacre. Dans nul pays au monde une seule école aurait fait tant de bruit. »

Philippe Aghion

Il est économiste. Il a rencontré Emmanuel Macron au sein de la commission Attali. Il croise à nouveau la route du wunderkind dans les groupes d’experts de la campagne de François Hollande. Inspirateur du programme économique du nouveau Président, Il salue l’effet « Macron » et l'invite à transformer l’essai. Il l’exhorte à s’attaquer au « millefeuille territorial ». « Symptôme, selon lui, de la décentralisation qui provoque une accumulation des interventions, des niveaux administratifs et des effectifs. Pour Philippe Aghion, il convient d’agir en « consacrant l’intercommunalité comme unité de base en zone rurale, dont les maires de communes et les agents municipaux seront les employés ».

Jean Pisani-Ferry

Il est le fils d’un ministre du général de Gaulle et de François Mitterrand, arrière-petit neveu du fondateur de l’école laïque, gratuite et obligatoire, appartient à une haute lignée républicaine. Conseiller économique de Dominique Strauss-Kahn et commissaire général de France Stratégie  sous  François Hollande, il a rejoint la Macronie. En charge du programme du candidat, il a beaucoup poussé pour l’exonération massive de la taxe d’habitation qui selon lui  « frappe plus lourdement les résidents des communes en déclin et nourrit le vote Front national »..

Cécile Fontaine,

Elle est  issue de l’ENA et HEC, l’ancienne conseillère de Nicolas Sarkozy, occupe le rang de conseillère-maître à la Cour  des Comptes.

Anne Courrèges

Ancienne des cabinets de François Hollande à l’Elysée et de Manuel Valls à Matignon, elle est énarque et dirige depuis 2014 l’Agence de la biomédecine.

Sabine Baïetto-Beysson

Ex-DG de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH), elle œuvre au Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD). Elle est diplômée des Mînes de Nancy..

Philippe Josse

C'est un énarque . Architecte de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) quand  il tenait les manettes de  la direction du Budget, cet ex directeur de cabinet de Jean-François Copé siège au Conseil d’Etat.

Michèle Kirry

Elle est préfète et a présidé les concourhttp://www.lagazettedescommunes.com/wp-admin/post.php?post=566289&action=edits d’entrée à l’ENA pour 2017.

Roch-Olivier Maistre

Est spécialiste de la culture, prend place à la Cour des Comptes en tant que conseiller maître et président de  chambre.

Emmanuel Rebeillé-Borgella

Est également ancien de l’Ecole nationale d’administration. Il préside la section « Audits, inspection et vie des  services » du CGEDD.

Nicolas Revel

Directeur adjoint du cabinet de François Hollande au même titre qu’Emmanuel Macron, il connaît bien aussi la co-présidente de CAP 22, Véronique Bédague-Hamilius. Cet ancien de Sciences Po et de l’ENA était l’autre grand chambellan du second mandat de Bertrand Delanoë, en tant que directeur de cabinet du maire de Paris entre 2008 et 2012.  Nicolas Revel est aussi le fils du philosophe et éditorialiste libéral aujourd’hui disparu Jean-François Revel.

Clotilde Valter

Elle est l’inspectrice générale de l’administration. Elle est passée de l’autre côté de  la barrière, en se faisant élire députée en 2012 après notamment plusieurs années auprès de  Lionel Jospin à Matignon où elle suivait le dossier Corse. Battue aux dernières législatives, l’ancienne secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat et à la Simplification est revenue dans son administration d’origine.

Jean-Robert Rebmeister

Est contrôleur général des armées. Il prend aussi part au Comité.

François Bonneau

Il est le numéro deux de Régions de France . Contrairement à la plupart des membres d’Action Publique 2002, ce principal de collège encarté au PS depuis les années 1970 ne fait pas partie des adeptes d’Emmanuel Macron. Cela ne signifiant pas qu'il ne partage pas sa politique économique et sociale. François Bonneau vilipende régulièrement « le jacobinisme » du pouvoir central.

Jean-René Cazeneuve

Président, à l’Assemblée, de la nouvelle délégation aux Collectivités, le député LREM du Gers met en avant le droit à la différence des territoires qu’Emmanuel Macron veut graver dans le marbre de la loi fondamentale.

Frédéric Sanchez

Il est le président PS de la métropole Rouen Normandie. Il est, tout comme le Premier ministre, élu et énarque.

Christine Lavarde.

C'est la benjamine du Sénat. Grande argentière de la ville de Boulogne elle est issue de Normale Sup. Cette spécialiste des finances publiques, au même titre que l’étoile montante de la Macronie, Amélie de Montchalin à l’Assemblée nationale, est la seule représentante des Républicains sélectionnée au sein du Comité Action Publique 2022.

Philippe Laurent

Il est le maire et conseiller régional UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine). Il occupe une multitude de fonctions. Ancien dirigeant-fondateur d’un cabinet de consultants en finances locales, le conseiller métropolitain du Grand Paris, vice-président de l’Etablissement public territorial Vallée Sud Grand Paris est ainsi :

  • Secrétaire général de l’Association des maires de France
  • Président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale
  • Président de l’Association française du conseil des communes et régions d’Europe
  • Vice-président du Conseil national d’évaluation des normes
  • Membre du Comité des finances locales
  • Membre du conseil fédéral de la Fédération des Offices publics de l’habitat

Philippe Laurent se pose en avocat des agents territoriaux au sein du Comité Action Publique 2022.

Stéphanie Goujon

Elle est diplômée de HEC, et préside l’Agence pour le Don en Nature.

Pascal Martin

Il est colonel de sapeurs-pompiers au SDIS des Yvelines et le seul fonctionnaire d’une filière relevant des collectivités au sein du comité. Il est aussi engagé en politique. Ce centriste de l’UDI préside le département du Premier ministre, la Seine-Maritime.

Annie Thomas

Elle est issue de l’administration des PTT. Elle a aussi été syndicaliste CFDT. Un profil un brin exotique au sein du Comité Action publique 2022.

Voilà le tableau pour passer à la moulinette du libéralisme nos trois fonctions publiques. Attention aux dégâts !

Publié dans Politique nationale

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