Grève gagnante à la Tour Eiffel
Les salariés étaient en grève depuis mercredi après midi pour exiger de refondre efficacement le dispositif d’accueil des visiteurs de la Tour.
Après plusieurs séances de négociation et une mobilisation importante des salariés à l’appel de l’intersyndicale CGT et FO, un accord a été obtenu qui offre à tous les visiteurs l'accès aux deux piliers —avec une file prioritaire pour les billets achetés en prévente.
L'enjeu est d’enfin accueillir les visiteurs de la tour dans des conditions dignes.
Déclaration commune CGT et FO : La tour Eiffel ré-ouverte au public !
Initialement prévue dès l'ouverture, la grève engagée à l'initiative de l'intersyndicale CGTFO de la SETE n'a en réalité démarré que le mercredi 1er août après-midi. De rudes et intenses négociations ont suivi. Elles ont abouti dans la soirée du 2 août. La tour Eiffel va donc enfin pouvoir offrir au public des conditions d'accueil fortement améliorées. C'était l'enjeu du mouvement.
Le monument a réouvert ce vendredi 3 août.
L'intersyndicale CGT-FO de la Société d'Exploitation de la Tour Eiffel (SETE) avait volontairement déposé son préavis de grève sept jours à l'avance, afin de laisser aux négociations attendues toute leur chance d'aboutir. Rien n'y a fait. Les trois réunions formelles qui se sont succédées du vendredi 27 au mardi 31 juillet entre représentants de la direction générale et délégués syndicaux de la SETE ont abouti à une impasse : la direction générale de la SETE a refusé de refondre efficacement le dispositif d'accueil des visiteurs de la tour — ce qui était le coeur même des revendications ayant justifié le dépôt du préavis de grève.
Pour mémoire, le nouveau process mis en oeuvre pour accueillir les visiteurs de la tour Eiffel depuis le 2 juillet dernier repose sur un principe consistant à dédier l'un des deux piliers permettant l'accès à la tour aux seuls visiteurs ayant acheté leur billet par le système de prévente (le pilier nord). Le second pilier ouvert (le pilier ouest) est, lui, exclusivement réservé aux visiteurs achetant leur billet sur site (vente directe).
Les raisons de la grève ? L'inadaptation évidente du procédé retenu aux contraintes opérationnelles d'exploitation du monument.
Les conséquences ? Des agents d'accueil au bout du rouleau, dans l'incapacité d'accueillir les 25000 visiteurs quotidiens de la tour dans des conditions dignes et décentes. Et au-delà, des visiteurs et des touristes furieux, eux aussi excédés. Et à juste titre !
Voilà pour les causes structurantes des revendications émises par l'intersyndicale CGT-FO. Une intersyndicale qui, malgré l'échec des trois réunions s'étant tenues à l'issue du dépôt de leur préavis de grève, a même été, à la demande de la direction le 31 juillet au soir, jusqu'à accepter de reporter d'un jour le démarrage de la grève — et cela afin de vraiment tout faire pour essayer d'éviter le conflit.
Mais rien n'y a fait. La direction de la SETE n'a rien voulu entendre. Pas plus le mercredi 1er août qu'au cours des trois rencontres précédentes. Toutes hors sujet, ses « propositions » n'ont en rien répondu à l'objet même du mouvement social engagé : assurer une qualité d'accueil décente à la totalité des visiteurs souhaitant accéder à la tour en cette période d'été particulièrement chargée.
Acculée, devant la position dogmatique de sa direction générale et son refus catégorique de remettre en cause le système inadapté déployé depuis le 2 juillet dernier, l'intersyndicale, après avoir tout tenté, n'avait plus qu'une seule solution : traduire ses convictions en actes — autrement dit, engager la grève. Celle-ci a démarré le mercredi 1er août après-midi.
Le comble ? L'élargissement récent du dispositif de prévente à 50% des visiteurs de la tour est un projet visant à répondre à la volonté de la Ville de Paris d'une meilleure qualité d'accueil des visiteurs — ce qui est exactement ce pour quoi les salariés de la SETE se sont mis en grève. « A l'impossible, nul n'est tenu », dit l'adage.
La suite fut chargée et intense. Dès le mercredi soir, de rudes négociations s'engageaient. Elles se poursuivirent toute la journée du jeudi 2 août — par bonheur, dans un climat autrement plus constructif qu'auparavant. Et cela pas vraiment par hasard : c'est en effet l'intervention et l'engagement de la Ville de Paris qui, consciente de l'enjeu, tenait à faire aboutir ces négociations, qui fut l'élément déterminant.
Hier jeudi 2 août au soir, un accord était signé entre l'intersyndicale CGT-FO et la direction générale de la SETE.
Cet accord va enfin permettre aux salariés de la tour de mettre en oeuvre le procédé d'accueil des visiteurs qu'ils défendent : offrir à tous les visiteurs l'accès aux deux piliers — avec une file prioritaire pour les billets achetés en prévente. Dès le 6 août, le dispositif sera réaménagé dans ce sens. L'enjeu : enfin accueillir les visiteurs de la tour dans des conditions dignes.
La grève n'avait plus de raison d'être. Elle fut levée dès la signature de l'accord.
Le vendredi 3 août au matin, la Tour Eiffel était ré-ouverte au public.
