A l'hôpital Jacques-Coeur de Bourges, les blouses blanches voient rouge

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

A l'hôpital Jacques-Coeur de Bourges, les blouses blanches voient rouge
Entre la suppression des lits d'hospitalisation et le personnel non remplacé, les conditions de travail sont devenues plus que rudes, effrayantes. Sans compter l'hémorragie ininterrompue des urgences. 
 
Jeudi 28 juin, 10 heures. Malgré le soleil, quelques blouses blanches ont rejoint les cheminots devant la gare de Bourges pour manifester contre la politique du gouvernement. Si elles soutiennent leurs camarades de la SNCF, elles veulent aussi dénoncer le nouveau plan régional de santé 2018-2022.

« L'ambition est claire : réduire drastiquement les moyens alloués aux hôpitaux de la région sous couvert de dette publique. La situation est devenue insupportable pour tout le monde : usagers, salariés et médecins », témoigne Brigitte Landois, aide-soignante retraitée qui a commencé sa carrière aux urgences de la préfecture du Cher.

Trente-deux ans plus tard, ce service fonctionne à flux tendu. « Normalement, les urgences devraient tourner avec 25 médecins, mais ils ne sont que huit et, d'ici peu, ils ne seront plus que cinq », alerte Armelle Paris, infirmière pédiatrique et secrétaire de la CGT du centre hospitalier.

L'hémorragie s'étend aussi aux infirmières : 12 d'entre elles sont parties cet été ou ont changé d'affectation. Elles ont, pour partie, été remplacées par de jeunes diplômées… Les seules qui acceptent encore de venir travailler ici. 

« Dire que, quand le nouvel hôpital a ouvert en 1994, les filles se battaient pour être embauchées aux urgences. C'était pire que décrocher un casting, se souvient Isabelle Bertrand, infirmière détachée à la CGT. 

Les temps ont bien changé ! Aujourd'hui, plus personne ne veut postuler dans ce service. »

Difficile de les blâmer. Entre la suppression des lits d'hospitalisation et le personnel non remplacé, les conditions de travail sont devenues effrayantes. 

« On n'attire pas les mouches avec du vinaigre, constate Isabelle Bertrand. Personne n'a envie de postuler auprès d'un hôpital qui dysfonctionne. Notre centre hospitalier souffre d'un manque cruel d'attractivité. Même les internes boycottent l'hôpital ! »

Ce nouveau témoignage après des dizaines d'autres provenant de toute la France, nous conforte dans l'idée de se battre pour un plan d'urgence pour l'Hôpital et les EHPAD. Ce plan propose que l'on embauche dès 2018 100 000 personnes dans les hôpitaux, dans toutes les catégories de salariés, et 25 000 dans les EHPAD.

Comme nous avons pu en témoigner dans ce blog avec d'autres articles. Cela est possible à réaliser, l'argent existe, des propositions ont été faites en ce sens. Il suffit d'avoir la volonté politique de s'attaquer aux causes du mal qui ronge l'hôpital, les sous-effectifs, pour faire en sorte que les patients soient en sécurité et les salariés mieux traités. C'est "l'humain d'abord" et non la finance ou l'austérité budgétaire.

C'est ce que propose les communistes.

Publié dans Politique nationale

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