Les Gilets jaunes ne lâchent rien !
Les Gilets jaunes ont repris à leur compte une posture entendue ces dernières années dans les grandes manifestations contre la casse du code du travail ou contre la réforme ferroviaire : "On ne lâche rien !"
Cette exigence portée dans les rassemblements de samedi et dimanche fait écho à ce que le 1er ministre et Macron ont eux-mêmes pu dire dans les médias : on comprend ce mouvement mais on ne lâche rien sur notre politique !
Ainsi le fossé se creuse entre les « premiers de cordée » chouchous du président et les plus modestes, toujours sans interlocuteur malgré la persistance de leur mobilisation, l'urgence sociale demeure.
Les gilets jaunes étaient plus de 106 000 samedi à manifester dans toute la France. Certes, c'est moins important que les 283 000 de la semaine précédente mais le territoire est resté maillé de jaune. Et cela sa se poursuivre dans la semaine.
Les gilets jaunes sont aussi obligés de s'organiser s'ils veulent durer et être efficaces c'est à dire gagner. Ils vont désigner des représentants départementaux et nationaux. Ainsi comme tout mouvement social ils sont conduits à faire comme toute organisation humaine (syndicats, associations ou parti politiques), à avoir des représentants, des objectifs communs et des actions coordonnées. Et comme tout mouvement social, ils seront obligés d'avoir des rapports avec d'autres organisations rompues aux mouvements sociaux comme les syndicats.
A moins d'être noyautés par des adversaires de leur mouvement qui chercheront à les isoler ce qui favorisera le pourrissement et la violence des pouvoirs publics, procédé multi-centenaire de tout pouvoir politique réactionnaire.
Ceci étant précisé, la détermination des gilets jaunes, le soutien fort qu'ils ont dans l'opinion publique et la continuité de leur mobilisation montrent combien le mécontentement sur les salaires et le pouvoir d'achat est fort dans notre pays parmi les classes populaires et moyennes. Le gouvernement bien en peine pour répondre à cette question qui est au coeur de sa politique d'austérité, multiplie les échappatoires ou le bla-bla-bla comme l'a fait Macron hier en marge du sommet européen.
Christophe Castaner a renvoyé les gilets jaunes à la seule extrême droite. Selon lui, les « séditieux » manifestants parisiens ont « répondu à l'appel de Marine Le Pen » et voulaient « s'en prendre aux institutions ». Un écho du 6 février 1934 (marche des ligues factieuses d'extrême droite sur l'Assemblée nationale). Cela est très mal passé chez les gilets jaunes comme dans l'opinion publique.
Le président de la République a quant à lui une nouvelle fois botté en touche d'une autre manière, en annonçant la création d'un « haut conseil pour le climat » composé d'experts. Un organisme placé sous l'autorité du premier ministre censé « susciter moins de crispations » sur la « politique énergétique et ses conséquences fiscales », précise le Journal du dimanche.
Et qui a l'avantage de contourner les corps intermédiaires, avec lesquels le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, estimait qu'il fallait construire un « pacte social de la conversion écologique ». Le premier ministre l'avait rabroué : ce n'est pas ce que « demandent les gilets jaunes ».
L'exécutif sait, lui, ce que veulent les manifestants : de la « pédagogie »! De quoi faire éclater de rires les plus naïfs ! Ce qui fait que l'annonce que Macron va faire ne créé que peu d'illusions. Les mesures sur la vie chère, annoncées à huis clos, devant les membres du Conseil national de la transition écologique, ont pour objectif de donner le « cap » de cette transition afin de la rendre « acceptable » (sic!).
Ainsi dès le début de semaine, le risque est grand que le fossé se creuse entre l'exécutif et le mouvement en cours qui est beaucoup plus large que les "Gilets jaunes". Il va prendre une dimension nouvelle avec l'appel de la CGT a une journée de lutte le 1er décembre sur la question des salaires, du pouvoir d'achat et de la fiscalité.
De son côté le politique n'est pas en reste, les communistes à leur congrès national, ont adopté une motion offensive appelant à soutenir toutes les luttes en cours, à favoriser leur élargissement et à contribuer à la définition de leurs contenus pour commencer à changer vraiment les choses dans le pays.
Ainsi les communistes demandent :
- L'annulation des mesures fiscales prévues en 2019 sur les carburants;
- Une revalorisation de 200 € net du SMIC dès le 1er janvier 2019;
- L'ouverture dès le 1er janvier 2019 de négociations des grilles de salaires dans le privé comme dans le public afin de les revaloriser fortement;
- L'annulation de la hausse de la CSG sur les pensions et la revalorisation de celles-ci dès le 1er janvier 2019;
- Une nouvelle fiscalité plus juste, remise en place de l'ISF pour les riches en 2019, contribution exceptionnelle des compagnies pétrolières qui accumulent des profits gigantesques comme Total qui fait chaque année 10 milliards de profits, une fiscalité sur le kérozène utilisé par les avions et les énormes bâteaux de croisière et de transports de marchandises;
- Le maintien des lignes ferroviaires de proximité, menacées de fermeture et le développement du fret ferroviaire;
- Le retour à une TVA de 5,5 % sur les transports en commun.
La France est un pays très riche, mais ses richesses sont détournées, captées, subtilisées voire volées avec l'aide de l'Etat à ceux qui les produisent au profit des mêmes, les ultra riches qui n'en ont jamais assez, comme le montre avec éclat le scandale de Carlos Ghosn pris la main dans le pot de confitures.
Dans son intervention au 38ème congrès du PCF, Fabien Roussel nouveau secrétaire national, est revenu fortement sur ces questions faisant la démonstration que l'argent existait dans notre pays et que des mesures simples et justes pouvaient très rapidement conduire à l'utiliser autrement, de manière plus efficace pour répondre aux besoins sociaux de notre peuple tout en finançant des mesures accélérant la transition écologique pour laquelle le gouvernement actuel bricole, la joue petits bras, et l'utilise comme argument fallacieux pour voler les travailleurs et les citoyens avec des surtaxes injustes. !.
