La Réunion totalement paralysée par le mouvement social...

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

La Réunion totalement paralysée par le mouvement social...

Une grave crise sociale touche l'île depuis le 17 novembre. Sur place, les produits de première nécessité, notamment les médicaments, commencent à manquer.

Grandes surfaces bloquées, rayons vides, près de 3.000 conteneurs pas déchargés, stations-service fermées... Le mouvement des «gilets jaunes» paralyse totalement l'île de la Réunion depuis le 17 novembre. Ils ont même récemment été rejoints par les «cirés jaunes», des petits pêcheurs en colère, comme l'expliquent nos confrères de Réunion la 1ère. Au cœur des revendications: l'arrêt des taxes, et des mesures contre la vie chère.

 

Pour tenter de calmer la colère des Réunionnais, la ministre des Outre-mer s'est rendue ce mercredi sur l'île «pour dialoguer". Annick Girardin devrait notamment faire des annonces sur le coût de la vie. Dès lundi, elle avait annoncé une baisse immédiate du prix des carburants. Cette volonté d'apaisement n'a pas suffit à apaiser la colères. Un blocage total de l'île a eu lieu pour accueillir la ministre.

Commerces, écoles, hôpitaux...: l'île est à l'arrêt

«L'île de la Réunion est en arrêt total, toute l'économie est bloquée», expliquait Nadia Ramassamy, députée. Selon elle, «les gilets jaunes bloquent l'entrée des grandes surfaces et font pression pour que les commerçants ferment». Un entrepreneur qui vit sur place, évoque des «intimidations afin d'obliger les commerçants à être solidaires en fermant ou à nourrir les manifestants».

Une vidéo relayée par le site réunionnais Freedom confirme ses propos et montre des «gilets jaunes» demandant de la viande, de l'eau et du saucisson aux commerçants par solidarité.

Résultat de cette situation: les rayons des magasins sont vides car ils ne sont plus du tout approvisionnés. Les produits de première nécessité, comme le riz ou la viande, sont concernés, détaille Nadia Ramassamy, rappelant que l'île de la Réunion «importe la plupart de ses produits». D'après la députée, «les agriculteurs ne peuvent même plus nourrir leurs animaux ou écouler leurs viandes». Autre difficulté majeure: l'approvisionnement en carburant. Le port de commerce est en effet bloqué et de nombreux automobilistes peinent à faire le plein.

La situation des commerçants inquiète Bernard Stalter, président du réseau français des chambres de métiers et de l'artisanat. «L'île de la Réunion est le département le plus touché par les ‘gilets jaunes'», nous indiquait-il lundi. Avant de poursuivre: «J'ai eu énormément de retours d'artisans - bouchers, charcutiers, boulangers, coiffeurs -, et ils souffrent énormément. La situation est catastrophique».

Pour rappel, l'île de la Réunion compte environ 40.000 artisans. Selon Bernard Stalter, les entreprises de l'île connaissent déjà des difficultés en temps normal et sont fortement impactées par les blocages des «gilets jaunes». «Les commerçants sont pris à la gorge et ont des problèmes de trésorerie».

Outre les commerces, c'est toute l'activité de l'île qui est affectée, notamment celle des services publics. Les écoles, les collèges et les lycées sont fermés depuis une semaine. La Sécurité sociale est, elle aussi, bloquée depuis lundi dernier. Même les hôpitaux sont concernés. Sur place, une source explique que des séances de chimiothérapie et de dialyse sont annulées à cause de ruptures de stocks de médicaments.

Situation économique désastreuse

Pourquoi une telle mobilisation sur l'île de la Réunion?

Selon Nadia Ramassamy, la situation socio-économique est très préoccupante et explique ce ras-le-bol.

«56% des jeunes sont au chômage, le taux de chômage atteint 30% pour l'ensemble de la population et 42% de la population vit sous le seuil de pauvreté», déplore-t-elle.

La députée estime que la baisse des contrats aidés sur l'île a aggravé une situation déjà précaire.

«Il y avait 24.000 contrats aidés en 2016 et il n'y en a plus que 11.000 aujourd'hui. Les contrats aidés sont très importants ici, les gens ont besoin de travailler», argumente-t-elle.

Publié dans Luttes sociales

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