Macron n'a pas éteint la révolte des travailleurs pauvres. Son arnaque ne marche pas !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Macron n'a pas éteint la révolte des travailleurs pauvres. Son arnaque ne marche pas !

Après son discours et malgré le service après-vente assuré par la majorité En Marche et les grands médias, les syndicats et nombre de gilets jaunes appuyés par les forces de gauche expriment leur fort mécontentement. Ils appellent à l'action.

Plusieurs syndicats avec la CGT seront dans l'action le vendredi 14 décembre, les gilets jaunes continuent d'occuper les ronds points et préparent activement  les manifestations de samedi. De leur côté les forces de gauche soutiennent ces mobilisations et ont déposé une motions de censure visant à condamner la politique du gouvernement et à demander un changement de cap !

Tout avait été bien orchestré pour tenter de désamorcer le mouvement.  Les 100 euros de plus annoncés pour les salariés au Smic étaient censés faire leur petit effet. Mais cela n'a pas marché, aussitôt les syndicats comme les Gilets jaunes ont crié à l'arnaque ! « On n'est pas dupes », pouvait-on entendre sur les ronds-points occupés.

Il y a vraiment de quoi car de l'aveu même hier de Richard Ferrand, les annonces présidentielles sont « une accélération, ni (un) virage, ni (un) changement ».

Beaucoup de salariés, notamment les ouvriers et les employés qui constituent la grande masse des travailleurs pauvres, sentent l'entourloupe à propos de ces fameux 100 euros supplémentaires. D'autant que dès mardi soir, constatant que le flou s'installer sur certains plateaux de télé, le ministère du travail a précisé qu'il n'y aurait pas de coup de pouce au SMIC et que ces 100 euros correspondaient à la prime d'activité qui sera payée entièrement dès le 1er janvier au lieu des plusieurs années prévues. Il ne coûté rien à Macron d'affirmer que cette mesure ne coûterait rien aux patrons, en effet cette prime est payée par la CAF c'est à dire avec nos cotisations !

La prime de fin d'année au bon vouloir des patrons ne convainc pas non plus. « Je ne le regarde pas, je ne peux plus le voir. Je savais que ce serait du pipeau. La colère se reporte sur lui car il représente ce qu'on déteste. Je vois de la souffrance humaine partout », raconte Patricia.  Avec elle, dans le Nord, Sébastien, au chômage depuis deux mois, ajoute : « La fameuse prime, tout le monde ne l'aura pas. Celui qui touche 1 350 euros par mois l'aura-t-il ? Et pourtant, il ne s'en sort pas mieux. La solution, c'est d'augmenter tous les salaires, en majorant le taux horaire. »

Ici, non plus la motivation n'est pas entamée : « Certains font des crédits pour vivre et manger, la misère grandit. Mais les moutons se sont réveillés, tant mieux », lance Gilbert qui sera en retraite à la fin de l'année.

Le discours des députés En Marche a aussi une autre teneur, il vise à faire peur et à culpabiliser les gilets jaunes : « Si les gilets jaunes veulent continuer leur mobilisation, je pense qu'ils doivent trouver un type de mobilisation qui ne pénalise pas les commerces des centres-villes et des centres-bourgs en cette période de fin d'année très importante pour notre activité économique et pour l'emploi. Nous avons déjà des pertes de plusieurs milliards d'euros », insiste le député La Rem, Matthieu Orphelin.

Du côté de la droite, on a de la difficulté à tirer son épingle du jeu. Difficile quand la défiscalisation des heures supplémentaires, est ressortie du cimetière avec le « Travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy en 2007. Ou encore quand le spectre du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale plane sur le discours de Macron. Et comme semble t-il les mesures Macron coûteraient 10 milliards et que Macron parle de maîtrise des dépenses publiques, la droite ne dit pas un mot de "la baisse des dépenses publiques, on met la poussière sur le tapis, on repousse les choses", n'a pas manqué de relever Christian Jacob.

Par contre comme le Modem dont la porte-parole Sarah El Haïry estime que « l'acte V ne doit pas être dans la rue », mais « autour de la table des concertations », toute la droite est d'accord sur ce point : « Je pense qu'à un moment donné, il faut lever le camp des ronds-points, il faut reprendre la vie », a déclaré Eric Woerth.

A gauche, au contraire, le « président des riches » en a pris pour son grade.  Toutes les mesures annoncées » seront « payées par les contribuables
et les assurés sociaux, aucune par les grandes fortunes, ni les profits, dénoncent les communistes et les insoumis « C'est trop tard et c'est trop d'entourloupes et c'est pour ça que la mobilisation va continuer », renchérit Olivier Besancenot (NPA). « Le cap n'est pas modifié ! Le nouveau monde, c'est retour vers le futur », juge aussi Olivier Faure dont la formation a finalement décidé de se joindre à la motion de censure (lire ci-contre) des communistes. Dans ce camp-là, on estime que des points ont d'ores et déjà été marqués et qu'il faut pousser l'avantage. « Avec l'annonce de l'annulation de la hausse de la CSG pour les retraité·e·s modestes, le président de la République a opéré un nouveau recul. Preuve est faite que la mobilisation actuelle est décisive », constate notamment Fabien Roussel(PCF), qui appelle à ce qu'elle se poursuive.

A l'inverse, bien sûr, « il est temps de se remettre au travail », selon le Medef. Sans surprise, l'organisation patronale se félicite de mesures « de nature à répondre aux attentes exprimées sans pénaliser la compétitivité des entreprises ».

Solidaires et la CGT se montrent très critiques et mobilisés. « Ses petites phrases dont il s'est repenti, ou presque, ce ne sont pas des erreurs de communication, c'est naturel. Parce qu'il ne comprend pas les problèmes des Français, il ne comprend pas les problèmes de fin de mois, de chômage », juge Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

« un discours pour rien pour toutes celles et ceux qui ont du mal à vivre au quotidien », que dénonce le syndicat. La CGT appelle donc « à poursuivre les mobilisations et à agir par des grèves dans les entreprises et des manifestations le 14 décembre ». « Les seules réponses de Macron à la souffrance sociale se limitent donc à de la poudre aux yeux et à des miettes », estime également éric Beynel, de Solidaires. « Constat sans surprise qui confirme si besoin était qu'il faut amplifier et faire converger les mobilisations actuelles pour la justice sociale et fiscale », ajoute-t-il, appelant « à faire du vendredi 14 décembre une journée de grève interprofessionnelle et à rejoindre le samedi 15 décembre les mobilisations des gilets jaunes ».

Loin d'être satisfaites de la seule annulation de la hausse de la CSG pour les pensionnés qui touchent moins de 2 000 euros, neuf organisations de retraités (CGT, FO, CFCT, CFE-CGC, Solidaires, FSU, FGR-FP, LSR, UNRPA Ensemble & solidaires) invitent elles aussi à gagner la rue, le mardi 18 décembre.

Dès hier, lycéens et étudiants organisaient un « mardi noir ». Et samedi, un nouveau rendez-vous demeure bien à l'ordre du jour. « Ils peuvent toujours faire des mesurettes, nous faire croire qu'ils augmentent le Smic alors qu'en
réalité ils vont taper dans les cotisations sociales ( ). Pour moi, c'est complètement bidon et comme tous mes camarades gilets jaunes de France j'appelle à l'acte V, samedi prochain, à Paris », résume Christophe Couderc, un gilet jaune de Paris. Macron n'en a pas fini avec les mobilisations.

 

Publié dans Luttes sociales

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