Quelle politique énergétique ? Na pas perdre de vue l'accord ambitieux de Paris

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Quelle politique énergétique ? Na pas perdre de vue l'accord ambitieux de Paris

Par Valérie Goncalves

L’ambition du gouvernement de faire de la France un pays neutre en carbone en 2050 demande une véritable politique énergétique ambitieuse. Les mesures annoncées dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) sont loin d’y répondre.

Tout d’abord, la mise en place d’un haut conseil pour le climat s’apparente à de la « poudre de perlimpinpin » et vient en sus du Conseil National de la Transition Energétique (CNTE) beaucoup plus représentatif des forces vives du pays.

Un bilan, profondément nécessaire, de la dérèglementation du secteur énergétique n’est pas prévu dans la PPE.

En matière de maîtrise publique du secteur énergétique, le gouvernement ne dit rien ! Or la libéralisation du secteur avec comme conséquence le démantèlement d’unités de production et d’études ont conduit à la disparition de savoir faire pourtant indispensables à la transition énergétique.

Les éventuels scénarios de démantèlement d’EDF iraient à l’encontre de la nécessité de conforter un outil industriel solide pour la mise en œuvre de la politique électrique de la France. L’annonce de fermeture de réacteurs nucléaires n’est pas acceptable au regard de la double nécessité de maintenir un faible taux d’émission de gaz à effet de serre et une sécurité d’approvisionnement indispensable pour notre pays. Surtout au regard de la mise en concurrence des barrages hydrauliques, des fermetures annoncées des centrales thermiques d’ici à 2022 dont certaines ont des projets de reconversion en biomasse que le gouvernement semble ignorer.

Le renouvellement du parc nucléaire et la mise au point des réacteurs de 4ème génération doivent être préparés immédiatement et ne pas être remis à plus tard. L’électricité bas carbone de notre pays est un atout à préserver dans notre lutte contre le réchauffement climatique.

Pour agir sur le secteur principal émetteur de CO2, le transport, le gouvernement doit revoir sa feuille de route sur la libéralisation du rail, taxer le kérosène, le fioul lourd et les compagnies pétrolières pour financer la transition énergétique, accélérer le report modal des marchandises de la route vers le rail, le trafic fluvial et les véhicules propres routiers. Et faire disparaitre l’aberration de la loi Macron qui autorise la libéralisation du transport par autocar en concurrence directe avec le transport ferroviaire.

Des actions fortes en direction de la rénovation de l’habitat sont indispensables. L’objectif de rénovation de 500 000 logements par an dont la moitié de logement sociaux inscrit dans la loi de transition énergétique n’est pas atteint.

Le service public de la performance énergétique de l’habitat n’est pas opérationnel et financé. Le Crédit d’Impôt Rénovation Energétique (CITE) est divisé par deux et les fenêtres doubles vitrages exclues du dispositif. Quand à la reconversion des chaudières des 4 millions de ménages chauffés au fioul souvent sans autre solution (dont 1/3 en précarité énergétique) les aides allouées sont insuffisantes.

Le prix de l’énergie est une préoccupation majeure des français. Aussi, les tarifs réglementés de vente qui sont définis de façon transparente et qui reflètent les coûts réels, garants de l’égalité de traitement doivent être pérennisés. Produits de première nécessité, l’électricité et le gaz doivent bénéficier d’une TVA à 5.5% sur le kWh et non à 20 % comme actuellement. Prendre une telle mesure concourrait à une amélioration immédiate du pouvoir d’achat des ménages.

Combiner lutte contre le réchauffement climatique, gestes pour le pouvoir d’achat et créations d’emplois est possible. C’est ce que nous porterons avec détermination.

Paris, le 28/11/2018

Parti Communiste Français

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