Les gilets jaunes dépassent les frontières....

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Les gilets jaunes dépassent les frontières....

Alors qu'il était en conférence de presse en Egypte loin du soulèvement des invisibles de notre pays, Emmanuel Macron a été questionné par un journaliste sur le mouvement des gilets jaunes en France.

Réponse laconique de l'intéressé qui braque les projecteurs sur les violences mais pas sur les demandes sociales soutenues par l'opinion publique. Comme quoi le mouvement intéresse les opinions publiques et dépasse largement les frontières de l'hexagone.

La semaine précédente, le 12 janvier, une manifestation de gilets jaunes a eu lieu en Angleterre. Les gilets jaunes font donc des émules en Europe.

Le cortège a défilé jusqu'à Trafalgar Square, avec tambours et mégaphones. Sur les pancartes ou les gilets s'affichaient des slogans comme "May doit partir", "Le Royaume-Uni est brisé. Elections générales maintenant" ou "Tories dehors!", en référence aux conservateurs au pouvoir depuis 2010.

"Pour moi, c'est une marche contre l'austérité. Nous avons tout simplement été crucifiés", a déploré Delia Hazrati qui travaille dans la santé. Elle dit avoir été inspirée par le mouvement français des gilets jaunes. "Je pense que nous avons très urgemment besoin d'un changement de gouvernement. Le Royaume-Uni tombe en miettes, rien ne fonctionne plus", a insisté une enseignante de 59 ans à la retraite. 

Deux gilets jaunes français ont participé au rassemblement, organisé par l'organisation classée à gauche "People's Assembly Against Austerity", avec le soutien du parti travailliste d'opposition, de syndicats et d'une organisation contre le racisme. "Je pense que le mouvement des gilets jaunes peut se développer en Angleterre, car les gens en ont marre de la pauvreté, l'injustice, l'injustice sociale, financière", a déclaré Erick Simon. Sur son gilet était inscrit le message "Peuple anglais, le jaune vous va bien".

En parallèle, des dizaines de militants pro-Brexit, dont certains proches de l'extrême droite, ont également manifesté à Londres, revêtus eux aussi de gilets jaunes. Si la mobilisation de ces gilets jaunes était jusque-là restée minime, certains groupes ont été vivement critiqués après avoir proféré des insultes ou intimidé journalistes et députés aux abords du parlement.

Un homme d'une trentaine d'années a été arrêté samedi pour "trouble à l'ordre public", selon la police, après que la députée conservatrice Anna Soubry, favorable à un second référendum, a été traitée de "nazie" lundi.

Ces actes ont été condamnés par le gouvernement et amené plus de 50 députés à écrire une lettre à la patronne de Scotland Yard pour exprimer leur "vive préoccupation face à la détérioration de la situation en matière de sécurité aux abords du parlement".

Le ministre des Transports a prévenu les députés que bloquer la mise en oeuvre du Brexit en recalant l'accord négocié avec l'UE pourrait radicaliser la scène politique britannique. "Cela ouvrira la porte aux forces politiques populistes extrémistes dans ce pays, comme celles que nous observons dans d'autres pays en Europe", a-t-il mis en garde dans le Daily Mail. Avec à la clé, selon lui, le risque de multiplication de ce type d'incidents. 

 

Publié dans Luttes sociales

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