Pour la CGT, le coeur de la bataille pour l'urgence sociale, c'est l'entreprise !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Pour la CGT, le coeur de la bataille pour l'urgence sociale, c'est l'entreprise !

La CGT a lancé les « mardis de l’urgence sociale », dans toute la France. Par une journée d’actions et d’initiatives, elle rappelle la responsabilité du patronat dans la situation sociale actuelle.

Jour après jour la colère est en train de passer des ronds-points aux entreprises où les luttes sociales se multiplient dans la période.

Accélérer ces mobilisations, les élargir dans tous les territoires et dans toutes les branches et gagner la participation de masse des salariés avec l'unité d'action, sont les défis que la CGT a décidé de relever face à une situation sociale et économique catastrophique pour le pays et dont les causes se situent dans la gestion libérale des entreprises arc-boutée sur la rentabilité financière entraînant un coût du capital exorbitant et intenable pour les entreprises elles-mêmes, leurs salariés, les populations et le pays.

C'est tout l’enjeu des « mardis de l’urgence sociale » de la CGT, lancés au niveau national, aujourd’hui.

Une semaine après la journée unitaire de grève interprofessionnelle menée avec la FSU, Solidaires et les gilets jaunes, la CGT veut continuer à taper fort en cherchant à impacter l’économie.

« Dans un pays où les 40 plus grandes entreprises versent 57,4 milliards d'euros à leurs actionnaires, il ne faut pas uniquement frapper à la porte du gouvernement », relevait Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

Les gilets jaunes participeront localement à ces initiatives, s'ils le décident dans la lignée de la manifestation unitaire du 5, où la jonction s’était établie.

Les organisations de la CGT au plan local comme des branches souhaitaient des prolongements à la journée du 5 février qui a vu plus de 300 000 personnes dans les rues. « On va les rendre fou, avec les rendez-vous de chacun : les manifestations du samedi et des temps d’actions pour frapper l’économie, les mardis », affirmait le secrétaire de l'UD CGT des Bouches du Rhône.

Des initiatives sont prévues dans le département comme dans le Var où le rendez-vous est fixé à 11h30 devant l’Union patronale. D'autres actions sont également prévues dans d'autres départements et localités.

"Il y a besoin que l’on montre ensemble que la politique menée par le gouvernement et le patronat est mauvaise. Elle va toujours vers les riches", expliquait Philippe Martinez.

Du côté des gilets jaunes, les actes à répétition ont impacté l’économie, mais le ralentissement de la croissance est surtout du aux mauvaises politiques menées au niveau de l'Etat et dans les entreprises où l'austérité renforcée au service de la finance reste la constante.

Cette année, le secteur privé à notamment créé trois fois moins d’emplois qu’en 2017, selon Les échos. C'est bien la démonstration que les aides fiscales apportées aux entreprises ont eu aucun effet, pire elles n'ont pas empêcher la montée des suppressions d'emplois avec les départs volontaires "primés" qui ont battu en 2018 tous les records avec un demi million !

Les mesures d’aides fiscales aux entreprises sont donc sur la sellette. Éric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) estime que «les effets des politiques d’enrichissement de la croissance en emplois, comme par exemple le CICE, sont de plus en plus faibles avec le temps ».

Et les exemples d’entreprises, largement favorisées par les mesures d’Emmanuel Macron, qui suppriment les postes à tour de bras ne manquent pas : Carrefour, Nokia, Darty et Fnac… Parmi ces groupes, nombreux sont ceux qui n’ont pas versé la fameuse « prime Macron » ni augmenté les salaires réels..

Preuve qu’uniquement cibler le gouvernement n'est pas suffisant pour construire le rapport des forces et qu'il y a besoin de bien tenir les deux volets des responsabilités, d'une part la politique gouvernementale et d'autres part les choix de gestion des entreprises.

Ainsi la question du pouvoir d'achat, c'est avant tout la question du niveau du salaire qui est posée. On y répondra par une revalorisation de l'ensemble des salaires, du privé comme du public, et donc du SMIC en tout premier lieu mais aussi par l'augmentation des pensions de retraite et de l'ensemble des minima sociaux.

Il y a donc une nécessité pour la CGT de renforcer l'action dans les entreprises sans lâcher l'action en direction du gouvernement qui roule pour elles et leurs actionnaires !

L’augmentation des salaires, la suppression du CICE et rétablissement de l’ISF, autant de mesures qui sont portées par la CGT. Elles seront mises en place avec un rapport de force suffisamment élevé, et cela passe aussi par une mobilisation accrue

Publié dans syndicats

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