Protection de l’enfance : les travailleurs sociaux dans la rue

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Protection de l’enfance : les travailleurs sociaux dans la rue

Ils ont manifesté le 19 mars à Bobigny pour réclamer des moyens supplémentaires car en Seine-Saint-Denis, la protection de l’enfance est à bout de souffle.

« On a l’impression de se répéter », soupire Khaled Benlafkih, représentant du syndicat FSU. Un sentiment d’urgence qui pousse aujourd’hui les travailleurs sociaux dans la rue. Ils manifesteront à Bobigny, pour « réclamer les moyens de faire leurs missions », résume Sabino Patruno, de la CGT. Et les réclamer… au président (PS) du conseil départemental Stéphane Troussel, qui a lui-même interpellé l’Etat à de multiples reprises sur le manque de moyens.

Les syndicats accusent la collectivité, dans un tract unitaire de mener « une politique austéritaire ». De quoi faire tousser le vice-président (PS) Frédéric Molossi : « Le budget de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) est de 273 M€ en 2019, contre 253 M€ en 2018. Comment parler d’austérité ? Il y a des difficultés, mais elles ne sont pas liées au département ! »

« Nos décideurs ont-ils conscience de la situation ? », s’interroge une responsable de service social, qui décrit « le manque de places en foyer, les familles à la rue, les professionnels qui commencent à déserter, les difficultés à recruter… »

Il y a surtout des décisions qui passent mal. La restructuration annoncée du centre départemental Enfance et famille en fait partie. La structure, financée par le département, gère 361 places en foyers (le reste étant dévolu au secteur associatif), et va se tourner davantage vers l’accueil d’urgence. Les syndicats réclament un « moratoire » sur la fermeture du foyer La Farandole, à Saint-Denis (20 enfants de 6 à 14 ans), structure « exemplaire », selon les élus PCF et Front de gauche du département, qui appuient cette demande.  « Il n’en est pas question », rétorque Frédéric Molossi.

Jeunes étrangers : les coûts d’accueil explosent

La FSU pointe le démarrage compliqué de la cellule d’accueil des jeunes étrangers. Inaugurée en novembre à Bobigny la CAMNA, centralise le suivi des mineurs non accompagnés, ces ados arrivés seuls en France. Dans le 93, ils sont 1 400, contre 400 il y a trois ans, et le coût de leur prise en charge, non compensé par l’Etat, a explosé.

Cette cellule avait été constituée avec 17 volontaires venus d’autres services. Quatre mois plus tard, une partie d’entre-eux_ « moins de 50%! », assure Frédéric Molossi_a demandé à changer d’affectation. « Chaque travailleur social doit assurer le suivi de 80 jeunes. La charge
est trop lourde », estime un éducateur. « Tout ne peut pas se mettre en marche en 48 heures », rétorque Frédéric Molossi, qui rappelle que le département fait aussi appel à six opérateurs privés (Croix Rouge, Aurore…) pour la création de 800 places supplémentaires et l’accompagnement d’une partie des jeunes étrangers. ■

Publié dans Luttes sociales

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