Le "secret défense" un outil qui peut entrainer la France dans le totalitarisme voire la dictature...Scandaleux !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Le canon de 155 appelé Ceasar capable d'atteindre sa cible à 40 kms avec 1 mètre d'erreur.

Le canon de 155 appelé Ceasar capable d'atteindre sa cible à 40 kms avec 1 mètre d'erreur.

Nous avons eu la chance lundi soir de pouvoir regarder un excellent documentaire sur l'utilisation des armes françaises vendues par les grands groupes de l'armement à l'Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis.

L'objet du dossier argumenté et très solide, était de montrer que ces armes étaient utilisées par l'Etat Saoudien dans la guerre qu'il mène contre les populations yéménites. Plus l'enquête avançait et plus on découvrit que l'Etat français était complice de la guerre menée par les saoudiens avec nos armes sophistiquées comme le canon Ceasar de 155, capable d'atteindre à 1 mètre près, une cible située à 40 kms !.

Ce faisant, la question posée par l'enquête rigoureuse des journalistes impliqués était donc de savoir si l'Etat français, le chef de l'Etat, les ministres responsables savaient que nos armes vendues allaient être utilisées à des fins criminelles dans la mesure où l'ONU a condamné l'Arabie Saoudite pour crimes de guerre à l'encontre des populations civiles yéménites.

La ministre de la défense, Florence Parly fut donc interrogée. Elle confirma dans un premier temps que ces armes n'avaient qu'un but défensif, ce qu'elle avait déjà affirmé à l'Assemblée Nationale en réponse à une question d'un député jugé trop curieux.

Malheureusement pour la ministre, l'enquête et les réponses aux multiples interrogatoires menés, firent la démonstration que la France savait, bien avant le début de la guerre civile yéménite, à quoi allait servir nos armes dont il fut demandé aux industriels de l'armement de les concevoir pour des conditions climatiques d'un pays comme le Yémen et non pour celles du Liban pour lesquelles elles ataient commandées à l'origine.

Non seulement la ministre était prise en flagrant délit de mensonge à l'Assemblée et à l'opinion publique, mais pire, l'Etat français a contribué activement avec la vente de ses armes, à la préparation de l'intervention militaire extérieure de l'Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis dans la guerre civile yéménite qui a déjà fait plus de 10 000 victimes dont des milliers de civils !

Un tel documentaire qui permet de citoyens de savoir, et dont il faut noter la qualité et le sérieux n'a assurément pas plu à l'Etat qui a entrepris dès le lendemain de sa diffusion,  une enquête préliminaire à l'encontre des journalistes pour "compromission du secret défense" ! Les peines encourues pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement.

A bien comprendre, ce secret défense dans ce cas précis, existe non pas pour protéger les intérêts de la France, mais pour empêcher l'opinion publique et les institutions internationales de connaitre la vérité sur le rôle, les actes et les buts poursuivis par la France dans cette guerre civile dans laquelle l'Arabie Saoudite a décidé d'intervenir militairement pour favoriser une partie des belligérants qui sera à ses ordres et acceptera sa domination.

En fait l'Etat veut connaitre les sources qui ont communiqué les informations qui sont d'intérêt public, pour sanctionner et réprimer et tenter de dégager la responsabilité de la ministre, du gouvernement et du chef de l'Etat.

C'est une nouvelle et grave atteinte à la liberté d'information et d'expression en cohérence avec la multiplication des interdits dans notre pays comme le droit individuel de manifestation ou la liberté de circulation en milieu urbain lors de journée de mobilisation. Autant de signes visible et graves qui montre que la France n'est plus le pays des droits de l'Homme, mais glisse chaque un peu plus dans le totalitarisme voire la dictature.

Nous saluons la déclaration commune publique des différentes rédactions des sociétés (Arte, Disclose, Konbini et Médiapart) où des journalistes ont travaillé ce documentaire et sont aujourd'hui menacés par l'Etat. (voir ci-dessous)

Ne faut-il pas que l'Assemblée demande une commission d'enquête pour faire toute la lumière sur ce scandale et dire quels sont les responsables ?

 

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