Macron: beaucoup de blabla pour des miettes qui ne calmeront pas la colère légitime des Français.

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Macron: beaucoup de blabla pour des miettes qui ne calmeront pas la colère légitime des Français.

C'était une conférence de presse très attendue, mise en scène depuis plusieurs jours par les médias et l'Elysée. Elle a fait pschittt ... Les résultats d'un sondage réalisé dans les heures qui ont suivi la conférence de presse sont significatifs : 67% des sondés ne sont pas satisfaits de la prestation de Macron.

Les Français attendaient des réponses concrètes, sérieuses aux attentes qu'ils expriment depuis deux ans dans leurs mobilisations dont celles des gilets jaunes. Ils ne peuvent qu'être déçus. Toute la question posée est comment cela va t-il se traduire dans la société et la vie ?

Il y a déjà les manifestations du 1er mai, il y a les rendez-vous fixés par les gilets jaunes, il y a ensuite le 9 mai à l'initiative des syndicats de la fonction publique et il y a ensuite le vote du 26 mai où chaque citoyen pourra glisser un bulletin dans l'urne pour dire à Macron "C'est pas ça qu'on veut, on veut vraiment autre chose!". Le seul bulletin qui porte cette colère et le refus de voir se poursuivre la politique actuelle et pour un vrai changement de politique, c'est le vote Ian Brossat !!

Des réformes sont annoncées, beaucoup étaient déjà dans le programme de Macron en 2017. Donc rien de neuf, mais surtout de nouveaux dangers pour notre peuple. La seule chose de positive est le recul du chef de l'Etat sur la désindexation des retraités. Devant le tollé provoqué chez les retraités, il est obligé de faire marche arrière, mais en créant une inégalité. En effet, en limitant l'indexation sur les prix uniquement pour les pensions inférieures à 2000 euros. Celles au dessus qui concernent les couches moyennes perdront du pouvoir d'achat. C'est donc l'ensemble qui va être tiré vers le bas.

Devant plus de 300 journalistes, Macron a rappelé une nouvelle fois sa façon de répondre aux attentes des "gilets jaunes" : Nennie !

Il fut même provoquant en ayant le culot de trouver " justes les revendications" du mouvement ! Et son autoritarisme a repris le dessus quand il a martelé son exigence de voir "l'ordre public revenir avant tout". Ce n'est pas ce qu'il a dit qui va aider à la paix sociale. Quand on s'amuse à jouer la provocation, il faut s'attendre au pire !

Après avoir affirmé que ce qu'il a fait avec le gouvernement depuis deux ans constituait les fondamentaux de sa politique et qu'il n'était pas question d'en changer. Il a affirmé que les réformes faites jusqu'ici sont maintenues et qu'il fallait accélérer à travers 4 orientations : la représentation démocratique, la justice fiscale, le climat et le "projet français".

En résumé, il refuse d'entendre la colère, de répondre aux attentes, et continue comme si rien ne se passait dans le pays au risque de provoquer une grave fracture sociale.

Il a annoncé vouloir réformer le Conseil économique, social et environnemental (CESE) en un Conseil de la participation citoyenne, pour lequel "150 citoyens seront tirés au sort dès le mois de juin" afin de participer à cette assemblée. Ce qui ne plaisait pas à Macron et aux patrons, c'est que le CESE avait acquis une certaine notoriété et autorité par sa capacité au travers ses avis, de formuler des propositions économiques et sociales pertinentes à certaines réformes gouvernementales. Le chef de l'Etat ne supporte pas que son diagnostic personnel puisse être discuté voire remis en cause.

C'est un nouvel acte de centralisation autoritaire, tout comme le renouvellement de l'annonce qui éloigne les citoyens des lieux de pouvoir en voulant réduire le nombre de parlementaires et limiter le nombre de mandats dans le temps tout en concédant une dose de proportionnelle.

Sur le plan social, c'est le grand vide. Rien pour les salaires. Les patrons peuvent sabler le champagne ce soir! Emmanuel Macron a reconduit la prime exceptionnelle défiscalisée, d'un montant de 1.000 euros mais personne en novembre dernier avait compris qu'elle serait versée ponctuellement. 

Il veut poursuivre ses contre-réformes, avec un nouvel acte de décentralisation très flou et une baisse "significative" de l'impôt sur le revenu. Cette baisse, ne touchera pas les plus bas revenus, en partie ceux des ouvriers et des employés, qui sont déjà exonérés d'impôt du fait de l'insuffisance des salaires. Pour financer cette baisse, il a demandé au gouvernement de supprimer "certaines niches fiscales pour les entreprises" et de réduire la dépense publique.

Sur les niches fiscales aux entreprises, il n'a rien annoncé de concret, par contre en voulant réduire la dépense publique, il s'engage à une nouvelle cure d'austérité dans la fonction publique et le transfert aux collectivités locales de certaines missions de l'Etat et des services publics remettant en cause le principe fondamental de l'égalité territoriale entre les citoyens. Il a été muet sur les dotations aux collectivités et sur le financement de ces nouvelles missions pour les collectivités.

Il a également appelé à davantage de travail pour financer la baisse d'impôts avec l'idée d'un allongement de la durée de cotisations pour partir en retraite sans décote. Encore une fois, il aggrave les inégalités car seuls les salaires les plus élevés pourront supporter une décote sur leur pension pour partir à 62 ans. Par contre tous les autres qui ont des revenus insuffisants pour se permettre de supporter une décote sur leur pension devront travailler plus longtemps pour partir avec une pension leur permettant de survivre. Ce sont principalement les ouvriers et les employés au revenus les plus faibles qui seront les victimes d'une telle injustice sociale !

Il a 
refusé de rétablir l'ISF qui est une exigence majeure des gilets jaunes, des mouvements sociaux actuels et des Français. Il a cependant admis le principe d'une évaluation et d'un éventuel réajustement de son mécanisme et de son assiette. Pas de quoi faire trembler ses amis, les ultra-riches !

Un mécanisme de garantie des paiements des pensions alimentaires non honorées sera mis en place. Une décision qui donnera "la prérogative de puissance publique à la Caisse d'allocations familiales".

Les mouvements sociaux dans la santé ont conduit Macron a reculer et à annoncer qu'aucune "nouvelles fermetures ni d'hôpitaux, ni d'écoles sans l'accord du maire" d'ici la fin de son quinquennat. Ce qui signifie que celles déjà décidées auraient bien lieu. Il a indiqué que des "réorganisations" seront possibles car "indispensables". Ce sont les restructuration hospitalières avec les suppressions de lits, la baisse des effectifs et l'ambulatoire à marche forcée !

Il a dit que la politique migratoire française devait être "profondément refondée" et que Shengen ne fonctionnait plus. Il n'a rien annoncé de concret. C'est le flou permettant la poursuite d'une politique inhumaine à l'égard des exilés.

Il a annoncé vouloir renforcé la loi de 1905 sur la laïcité mais sans rien préciser de concret..

Il a indiqué vouloir des classes de "24 élèves maximum"de la grande section de maternelle au CE1.

Emmanuel Macron a encore dit souhaiter "un nouvel acte de décentralisation", en retenant le principe de différenciation territoriale, qui doit porter "sur la politique de la vie quotidienne" comme "le logement, le transport, la transition écologique pour garantir des décisions prises au plus près du terrain". L'Etat abandonnerait ainsi des responsabilités fondamentales qui lui reviennent mais qu'il ne veut plus financer et cherche à transférer sur d'autres.

Dès le mois de juin, un Conseil de défense écologique sera mis en place. Il a précisé qu'il s'agira d'une "convention citoyenne de 250 personnes tirées au sort, qui aura pour mission de travailler sur ce sujet, définir d'autres mesures incitatives ou contraignantes et proposer des financements pour ce faire". Le président a également répété sa volonté de défendre au niveau européen la mise en place d'une taxe carbone aux frontières.

En conclusion, nous reprendrons la réflexion de Ian Brossat,  tête de liste PCF pour les européennes: "Bref: rien pour les salaires, pas de retour de l'ISF, un système de retraites par points qui va faire baisser les pensions... Macron misait sur un effet waou. En fait, c'est plutôt l'effet oualou."

 

Publié dans Politique nationale

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