250 000 manifestants le 9 mai pour défendre les services publics face à la réforme Macron

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

250 000 manifestants le 9 mai pour défendre les services publics face à la réforme Macron

Quelques jours après un 1er mai de haute tenue avec plus de 310 000 manifestants, un nouveau temps fort de l'action était attendu ce 9 mai avec l'appel unitaire des syndicats à se mobiliser pour défendre les services publics gravement menacés par la réforme Macron. Avec plus de 250 000 manifestants, 250 manifestations et des dizaines de milliers de grévistes, le pari est pleinement réussi ! Le gouvernement doit revoir sa copie.

Ils étaient 35 000 à manifester à Paris à l’appel des neuf organisations syndicales du secteur public, pour exprimer leur opposition totale au projet de loi qui casse les statuts, droits et garanties des fonctionnaires.

Les neuf syndicats de la fonction publique avec les premiers dirigeants des confédérations étaient présents en tête de cortège ce 9 mai. « Un fait rare qui devrait alerter le gouvernement » selon Philippe Martinez (CGT), à la hauteur « de la gravité de ce projet de loi », selon Yves Veyrier (FO), et "ce projet de loi n'est pas acceptable" selon Berger (CFDT). 

Ils ont défilé à Paris pour dénoncer les attaques faites au statut, aux droits et garanties des fonctionnaires, à la casse annoncée du service public, alors que le projet de loi de « transformation de la fonction publique » sera discuté à l’Assemblée nationale dès lundi.

« Nous ne voulons pas être remplacés par des boîtes privées », « Nous avons peur que cette loi Dussopt décide beaucoup trop de choses par ordonnances », s’inquiète Isabelle Cipris, élue CGT CHSCT au CNFPT, le centre de formation des fonctionnaires territoriaux.  « Si notre centre national bascule en Epic (établissement public à caractère industriel et commercial), notre objectif deviendra marchand. Or nous formons correctement, avec une culture de la fonction publique, des agents de proximité dans les crèches, les routes, l’entretien des lycées… Nous ne voulons pas être remplacés par des boîtes privées qui créent des managers en deux jours. »

Soucieuse du service rendu aux usagers, Isabelle déconstruit le discours officiel « hypocrite » et milite pour l’information, la pédagogie. Son établissement a lancé une pétition « Préservons le service public et la formation professionnelle de ses agents » qui a déjà recueilli 4 000 signatures.

Si le président de la République dit revenir sur les 120 000 suppressions d’emplois dans la fonction publique, peu le croient. À deux pas d’une mini-pancarte cartonnée affichant «Paye tes fonctionnaires, pas tes actionnaires », Isabelle Bouquet déambule avec un badge des finances publiques. « M. Darmanin veut déménager 3 000 agents en province : c’est facile quand on est marié, qu’on a des enfants, pas de logement, ironise cette secrétaire nationale de la fédération des finances de la CFDT.

Que votre conjoint vous suive, ça ne se décrète pas ! Ces annonces symbolisent cette façon d’agir de l’État sans concertation avec les premiers concernés, l’absence de dialogue social. Quant à la volonté martelée par le gouvernement d’aider à la mobilité, elle fait grincer la militante : « Une étude rendue l’an dernier par la direction générale prouvait que la mobilité entre les trois versants de la fonction publique était identique à celle du privé ! L’État veut juste baisser les dépenses publiques. C’est son seul et unique objectif. Il trouve des artifices pour l’atteindre. »

Et les outils mis en place par le texte de loi pour réduire à tout va la masse salariale la font frémir : « Au moment où commence le procès France Télécom, nous pouvons voir les mêmes pratiques managériales déployées au sein du ministère des Finances. Depuis cinq ans, il y a des suicides à Bercy.»

Réunis sur la place des Invalides, plusieurs inspecteurs du travail, syndiqués SUD, discutent mais ne peuvent décliner leur identité de peur de représailles, tenus par un code de déontologie qui les musellent. « Nous sommes en restructuration permanente. La loi crée des outils pour employer plus de contractuels, licenciables plus facilement, plus précaires, avec plus de difficultés pour prendre des décisions en toute indépendance. »

À quelques mètres des Invalides, des hospitaliers, enseignants et gilets jaunes se sont assis, jouant du tambour à proximité du ministère de la Santé. Les CRS viennent de se déployer en plus grand nombre, après avoir été quasi invisibles durant tout le parcours.

Les urgentistes réclament une ouverture de négociations à leur ministre de tutelle. Eux non plus ne croient pas aux annonces de non-fermeture d’hôpitaux. ■
 

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