Déclarations de Ian Brossat et Fabien Roussel

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Déclaration de Ian BROSSAT le 26 mai 2019

Je souhaite ce soir remercier très chaleureusement les centaines de milliers d’électrices et les électeurs qui nous ont fait confiance. C’est une belle campagne qui s’achève, après 12 ans d’absence à une élection nationale. C’est une campagne que nous avons voulue sincère, combative, fidèle aux combats et aux valeurs de la gauche.

En dépit de nos efforts, il arrive que la marche soit parfois trop haute pour être franchie du premier coup. Ce soir, nous n’atteignons pas encore nos objectifs.

Première leçon. L’extrême-droite arrive en tête de ce scrutin. Rappelons-nous, il y a encore 10 ans, la liste du Front National ne dépassait pas les 6%. Le score d’aujourd’hui est le résultat d’un pari perdu, un pari forcément perdant et dramatique pour notre pays. Cette stratégie, c’est celle d’Emmanuel Macron, qui impose aux Français ce face-à-face avec Marine Le Pen pour assurer sa survie politique. Non, ce n’est pas un duel comme on cherche à nous le faire croire, c’est un duo : un duo imposé par les deux camps, un duo mortifère pour notre pays et pour la démocratie. A force de jouer avec le feu, Macron s’est brûlé.

Deuxième leçon. La gauche a également sa part de responsabilités. Je prends ma part de responsabilité, il ne s’agit pas de se dédouaner. Ce soir, la gauche est affaiblie, tout est à reconstruire.

J’ai l’intime conviction que l’avenir passe par l’humilité, le travail collectif, le respect mutuel, le refus de la tentation hégémonique. Ecoutons-nous, respectons-nous, travaillons ensemble.

Cette gauche, cette gauche que nous devons reconstruire, que nous allons reconstruire, doit placer au coeur de son projet la justice sociale et l’urgence écologique. Et soyons clairs: cette reconquête des coeurs et des esprits ne sera possible que dans la rupture avec le libéralisme.

Reconstruire une gauche digne de ce nom en France, c’est à cet objectif que le Parti Communiste doit consacrer tous ses efforts, dans les semaines et dans les mois à venir.

A tous les communistes, à celles et à ceux venus d’autres horizons et qui nous ont rejoint , je voudrais vous témoigner de ma profonde gratitude.  Etre vôtre candidat, vous représenter, fut un honneur et un privilège.

Je voudrais dire à chacune et chacun de nous ce soir : le combat continue — il continue partout, il continue toujours.

Je voudrais remercier chaleureusement Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, pour son aide, pour son engagement, pour son énergie. Je voudrais avoir une pensée à destination de ma chère Marie-Hélène Bourlard, lui dire que nous y étions presque et que demain nous y arriverons.

Nous formons une belle et une formidable famille, mes amis, mes chers camarades. Camarade, c’est un joli nom. 

C’est uni, comme une famille, que je veux vous demander ce soir deux choses. Je vous le demande du fond du cœur.

Ce soir, demain, cette semaine, dans les prochains mois : conservons en nous ce formidable état d’esprit et cette énergie qui fut le nôtre durant cette campagne. Faisons-les vivre ! Conservons-en nous cette joie d’être ensemble, cette envie, ce bonheur de nous être retrouvés.

La deuxième chose que je vous demande et j’en terminerai ainsi : dans cette période politique trouble, n’oublions jamais que nous n’avons aucun adversaire à gauche. Conservons la bienveillance qui fut la nôtre, conservons cette envie sincère de tendre la main, de réussir le rassemblement demain.

Nous avons réalisé une formidable campagne. Ne nous arrêtons pas là !

Je vous remercie.

Ian Brossat

Tête de la liste du PCF « L’Europe des gens contre l’Europe de l’argent »

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Déclaration de Fabien ROUSSEL secrétaire national du PCF

Les estimations connues à cette heure indiquent une forte hausse de la participation par rapport à ce qui était attendu. La droite et l’extrême-droite remportent l’essentiel des sièges au Parlement européen. Mais le pire est le score de l’extrême droite.

Oui la France est ultra droite ! Et c'est grave pour notre démocratie.

C'est grave pour notre pays, nos valeurs, pour ces millions de français qui vivent de plus en plus mal, pour nos services publics, pour le vivre ensemble, pour nos valeur de liberté, d'égalité, de fraternité.

Deux ans après le séisme de 2017, cela doit tous nous interpeller.

La responsabilité première en incombe à M. Macron qui a choisi de réduire cette élection à un duel entre lui et Marine Le Pen. Résultat, le Président de la République aura offert à l'extrême-droite un boulevard politique. Ce jeu cynique a un prix catastrophique : il met en danger la République au moment même où des formations autoritaires et xénophobes viennent d’obtenir des résultats préoccupants dans plusieurs pays d’Europe.

Nous sommes plus qu'inquiets de la place qu’ont pris, dans la campagne électorale, les propos démagogiques ou mensongers, les discours racistes et les appels à la stigmatisation des réfugiés.

Malgré notre belle campagne, nous n'atteignons pas notre objectif. Notre résultat est en deçà de nos espérances. Et le socle de voix obtenues est le point de départ d'une longue reconquête de notre électorat. Car oui, la gauche n'a pas la même couleur quand le PCF est bas et quand il est haut ! Notre liste marque une progression notable en voix du vote communiste.

Je tiens à saluer l'excellente campagne de Ian Brossat, de nos députés Patrick Le Hyaric et Marie-Pierre Vieu, de Marie-Hélène Bourlard et de toutes les candidates et candidats de la liste. Merci aussi à toutes celles et ceux qui, bien au-delà du PCF, ont choisi de nous soutenir, artistes, syndicalistes, membres de la société civile. Cela traduit l’écho des propositions que nous avons portées dans cette campagne.

La belle dynamique de campagne nous donne plus de force et d'envie de construire avec d'autres une alternative à la politique d’Emmanuel Macron.

Certes, du fait d’un mode de scrutin inique et presque seul de son genre en Europe, qui élimine toute liste ayant obtenu moins de 5 %, le résultat ne permet pas d’envoyer des députés au Parlement européen.

Ces élus manqueront pour conduire les combats plus que jamais indispensables pour construire l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent. Ce combat ne s’en poursuivra pas moins, avec nos partenaires du Parti de la gauche européenne et du groupe de la Gauche unitaire européenne, dans les luttes et les batailles qu’il faudra mener contre le néolibéralisme et le nationalisme qui menacent l’Europe et la France.

La grande leçon de ce scrutin est donc le besoin de reconstruire la gauche, afin d’ouvrir une issue à la grave crise que vit notre pays.

Il convient maintenant de travailler au rassemblement. C’est le sens de l’appel solennel que nous lançons ce soir à l’ensemble des forces de gauche, et à tous nos concitoyens , orphelins d'une vraie politique de gauche.

Notre pays est en proie à une colère profonde devant les inégalités que provoquent des politiques au service exclusif de la finance. Rien n’est plus urgent que de proposer à notre peuple une perspective de progrès social et de justice, d’égalité et de fraternité retrouvées, de démocratie.

C’est la seule manière de faire renaître un espoir majoritaire et de pouvoir battre, en même temps, le président des ultra riches et ses faux adversaires d’extrême droite.

Dans le respect de notre diversité, nous devons, nous pouvons construire un large rassemblement sur des propositions de gauche en rupture avec le modèle capitaliste qui est à bout de souffle.

Nous devons mettre en échec le projet gouvernemental de contre-réforme des retraites, gagner ensemble une augmentation générale des salaires et des pensions et une sécurité sociale étendue, un plan d’urgence pour les services publics, le retour sur les privatisations imposées aux Français à commencer par celle d’ADP, une lutte déterminée contre l’évasion fiscale et pour une autre utilisation de l'argent public, des banques et des entreprises.

Passons ensemble à l’action.

Je dis à tous les militants et les sympathisants, les électeurs, celles et ceux qui nous ont soutenus qu'ils peuvent être fiers de ce qui vient d'être fait et que le combat continu.

Continuons d'avoir les bras ouverts, continuons de tendre la main à toutes celles et à tous ceux qui n'en peuvent plus de cette France des Riches et qui veulent construire un espoir à gauche, une alternative au capitalisme.

Tout ce qui a été semé durant cette campagne devra être cultivé dès demain matin. Il est temps d'entrer dans le temps de la reconquête à gauche.

Fabien Roussel

Secrétaire national du PCF

 

 

Publié dans Elections, Europe

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