Européennes : pourquoi La Voix du Nord et Le Télégramme ont refusé l'interview de Macron

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Européennes : pourquoi La Voix du Nord et Le Télégramme ont refusé l'interview de Macron

Macron se croyant tout permis a voulu utiliser la presse régionale pour faire passer son message aux électeurs à 5 jours des élections européennes sans que l'on sache qui financera cet acte anti-démocratique. La décence aurait voulu que le chef de l'Etat sollicite les têtes des listes présentes à cette élection pour qu'elles fassent de même, afin que l'égalité soit respectée. Cela n'est pas dans les meurs du chef de l'Etat qui a beaucoup de mal avec la démocratie et surtout avec sa tête de liste. Il faut donc sauver le soldat Loiseau et tous les moyens sont bons pour cela !

De nombreux journaux comme "Le Progrès"  « Ouest-france  », «  La Provence  », « Sud-Ouest  », «  La Dépêche du Midi  », « Le Parisien  », «  DNA  »… ont donc publié l'interview mais deux ont eu le courage de refuser cette publication, "La voix du Nord" et "Le Télégramme" . Ils nous expliquent pourquoi.

Le titre nordiste avance deux arguments. L'un a trait à la forme : « Une interview d'une heure trente, encadrée de façon inédite puisque les participants devaient s'engager à coécrire sur place une version unique des réponses présidentielles, puis à la soumettre à la relecture de l'Elysée avant toute publication du texte validé. »

Or, « depuis le 15 janvier 2018, nous n'acceptons plus la relecture des interviews avant parution », (qui est une pratique courante pour celles du chef de l'Etat et de membres du gouvernement, NDLR), rappelle le journal. Ce jour-là, le journal revendiquait davantage d'« indépendance » vis-à-vis d'un « personnel politique qui veut tout maîtriser ».

L'autre raison est la prise de distance avec les politiques qui veulent écrire eux-mêmes les articles ou interviews. « Si certains des interviewés jouent le jeu en corrigeant à la marge des aspects techniques, la relecture est devenue un exercice de réécriture pour la plupart », justifiait alors le rédacteur en chef du quotidien, Patrick Jankielewicz. Nous prenons nos distances : ils ne pourront plus relire et corriger leurs interviews avant publication, pratique qu'ils imposent à toute la presse écrite depuis des décennies. Cela fera de la place dans nos colonnes affirme même Patrick Jankielewicz le 15 janvier 2018.

« La Voix du Nord » justifie également son choix de ne pas interviewer Emmanuel Macron cette semaine par « une autre préoccupation » liée au calendrier : dans la dernière ligne droite du scrutin, qui se tient ce dimanche, le quotidien estime que publier cet entretien aurait favorisé la liste de La République En Marche, pour laquelle le président de la République  s'est plus fortement impliqué depuis une semaine .

« Même si les directives du CSA ne s'appliquent ni à la presse papier ni aux sites internet […], nous veillons à ne pas avantager une liste par rapport à d'autres », explique le quotidien du Nord. Publier cette interview aurait « romp[u] cet équilibre essentiel au débat démocratique », conclut-il.

« Le Télégramme » avance lui, une autre raison : pour Hubert Coudurier, directeur de l'information, l'interview collective représente « une négation de l'identité des titres de la presse régionale et des territoires qu'ils représentent ».

 

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