Pour le droit de dire OUI ou NON à la privatisation d'ADP

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Meeting unitaire à Saint Denis le 19 juin

Meeting unitaire à Saint Denis le 19 juin

Plus de deux-cent soixante-dix parlementaires d’opinions diverses l’ont souhaité. Le conseil constitutionnel a validé la procédure d’un référendum sur la propriété d’Aéroport de Paris. Depuis une semaine, chacune, chacun peut signer pour sa tenue. Une brèche décisive s’est ouverte pour que puisse s’exprimer la souveraineté populaire. Il revient désormais aux citoyens, précisément à 4.7 millions d’entre eux, de se mobiliser.

Chacune chacun, au-delà de ses convictions politiques, peut contribuer à faire advenir ce nouveau moment démocratique dans un pays qui en manque cruellement. Les abstentionnistes d’hier peuvent trouver matière à réinvestir le débat public. Même un partisan de la majorité présidentielle peut contribuer à donner vie à une disposition institutionnelle jusqu’ici inusitée pour affirmer son attachement à la souveraineté populaire.

Car, au moment où nous sommes, il s’agit d’ici le mois de mai 2020 de créer les conditions pour d’obtenir la tenue d’un référendum pour dire oui ou non au projet de privatisation des aéroports de Paris. Il ne s’agit pas d’affirmer dès maintenant son choix. La question ne sera posée que dans un second temps, celui de la confrontation démocratique par référendum pour accepter ou refuser le texte de loi.

Une fois le processus lancé, il est normal et souhaitable que les collectivités locales puissent venir en support pour aider à recueillir les signatures. Cela s’avère même nécessaire quand l’Etat met à disposition un outil numérique qui regorge de défauts. Y apposer sa signature peut s’apparenter au parcours du combattant et dissuader celui ou celle qui n’a pas la volonté chevillée au corps !

La tenue de ce référendum est un devenu essentiel tant la privatisation annoncée porte en elle tout un choix de société. Les cessions d’actifs publics est un point saillant des politiques néolibérales. Elles contribuent, additionnées, à redéfinir l’Etat et la puissance publique, amputés de leur rôle dans les dynamiques économiques et les grandes infrastructures qui les supportent. Ce sont désormais nos routes nationales, et les barrages hydrauliques qui entrent dans le viseur des appétits privés. L’Etat est ainsi réduit à fixer des normes avantageuses pour doper les marchés tout en renforçant ses pouvoirs régaliens, toujours plus coercitifs à mesure que l’Etat se déleste de ses responsabilités morales et sociales.

L’Etat considéré comme l’expression de la contradiction de classe, devient dès lors un outil au service de la minorité d’accapareur, mettant sa formidable puissance et ses redoutables compétences au service du capital à la recherche de nouveau terrain d’accumulation dans le cadre d’une guerre économique destructrice du travail et de l’environnement. C’est donc logiquement qu’avec les privatisations en chaîne, le saccage des service publics, notamment de santé, l’immense plan social prévu dans la fonction publique assorti de la casse de son statut, et la réforme des retraites, nous assistons à une dérive inédite des doctrines de maintien de l’ordre, le faisandage de trop nombreuses procédures judiciaires et l’inflation inquiétante des budgets militaires.

Un référendum pourrait ouvrir la porte à un débat politique nouveau sur le rôle et le sens de l’action publique, la prédation actionnariale et le coût du capital, autant de sujets mis sous le boisseau des partisans de la mondialisation capitaliste qui leur préfèrent les sempiternels débats sur la compétitivité, la concurrence et le « coût du travail » pour enfermer toute alternative.

D’ici les neuf prochains mois, les débats de fonds sur cette privatisation, ses enjeux cachés, les montants en question soustraits à l’Etat, les débats sur le rôle de la puissance publique, doivent irriguer les conversations. Il ne s’agit en aucun cas de vouloir rejouer les compétitions électorales passées mais bien de mobiliser les citoyens sur un enjeu d’intérêt général. La fête de l’Humanité mettra mi-septembre sa puissante capacité de mobilisation à disposition pour que vive la souveraineté populaire.

Patrick Le Hyaric

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