Aides aux entreprises : on a trouvé où et qui sont les vrais assistés !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Aides aux entreprises : on a trouvé où et qui sont les vrais assistés !

Avec plus de 200 milliards d’euros par an d’aides aux entreprises, les « assistés » ne sont pas ceux qu’on croit.

Il est de bon ton, dans certains milieux financiers et politiques, de stigmatiser le « pognon de dingue » que représenteraient les dépenses sociales et autres dépenses publiques. Or, il est un domaine qui échappe curieusement aux censeurs de la dépense publique : le montant et l’utilité – ou souvent l’inutilité – des aides financières aux entreprises.

Selon la Cour des comptes, elles représenteraient aujourd’hui au moins 200 milliards d’euros par an. Outre le montant considérable de ces aides – 10 % du PIB et près de 20 fois le montant du RSA – beaucoup d’entre elles sont inutiles, voire nocives

Les exonérations de cotisations sociales privent la Sécurité sociale de dizaines de milliards d’euros de recettes chaque année et peuvent constituer des « trappes à bas salaires ». La « défiscalisation des heures supplémentaires » grève les finances publiques et dissuade les entreprises d’embaucher. Les incitations aux investissements
étrangers en France – exonérations d’impôts, voire subventions directes – ont souvent pour effet de placer plus encore les entreprises sous la dépendance de centres de décision lointains et volontiers prédateurs, voire délinquants.

Et il faut mentionner « l’effet d’aubaine » : des aides sont allouées à des entreprises qui auraient de toute façon pris les mesures que ces aides sont censées favoriser. Enfin, l’extrême complexité des milliers d’aides favorise les très grandes entreprises puissamment armées en matière de conseils fiscaux et juridiques, au détriment des petites et moyennes entreprises.  Cela favorise aussi la « délinquance astucieuse » et les détournements de fonds.

Des aides nombreuses et parfois opaques. Et on ne compte pas ici les diverses formes d’« évitement fiscal » ni les milliards d’euros alloués aux banques (qui sont aussi des entreprises) par la Banque centrale européenne, non plus que les « aides non financières aux entreprises » que constituent objectivement les investissements et les dépenses de fonctionnement publics.

On objectera que certaines de ces aides sont utiles. Oui, mais la « charge de la preuve » de leur pertinence incombe aux gouvernants qui sont censés les justifier en détail aux citoyens, et ces citoyens que sont aussi les salariés dans les entreprises et leurs représentants syndicaux, sont en droit d’exiger la transparence sur ce qui, jusqu’à preuve du contraire, constitue un « assistanat » de mauvais aloi et un énorme détournement de fonds publics.

Alain Gély Article paru dans la note éco CGT

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article