Dans une Europe en crise profonde le capitalisme financiarisé serre les boulons !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Dans une Europe en crise profonde le capitalisme financiarisé serre les boulons ! Dans une Europe en crise profonde le capitalisme financiarisé serre les boulons !

Les élections européennes ont révélé une crise profonde de l'EU qui s'est traduite par une progressions des forces libérales et d'extrême droite et un recul des forces progressistes. Seuls les écologistes ont réussi à limiter la casse. Autant dire que la vie quotidienne de millions et millions d'européens ne va pas s'arranger dans les semaines et mois à venir.

Dans ces périodes où s'avivent les contradictions avec d'un côté les puissants qui veulent continuer à faire des affaires, pousser l'intégration européenne et favoriser le libre échange (comme on vient de la voir avec le Mercosur) et de l'autre des millions d'européens qui souffrent du chômage, de la misère, de l'exclusion ou du rejet, le capitalisme a décidé de serrer les boulons et de limiter les risques d'une explosion tout en poursuivant sa terrible marche en avant.

C'est en résumé ce qui découle des choix faits par les 28 états de l'UE qui depuis dix jours se chamaillaient, s'affrontaient pour voir un des leurs occuper une des quatre places stratégiques de l'UE à savoir la Présidence de la commission, la Présidence du Conseil européen, le diplomate de l'UE au plan international et la Présidence de la BCE.

C'est finalement le poids lourds qui domine l'UE, l'Allemagne qui a eu le dernier mot. Elle voit  Ursula von der Leyen être nommée à la tête de la commission.  A. Merkel avait annoncé la couleur lorsqu’elle a déclaré vouloir un(e) Allemand(e) à la tête de la Commission, c’est chose faite ! Qui plus est, Ursula von der Leyden est une proche. C’est bien elle qui dirigera la Commission durant les cinq prochaines années, et il y a des raisons de craindre que ses orientations suivent celles d'Angela Merkel.

L’actuelle ministre allemande de la défense est née à Bruxelles dans une grande famille aristocratique, parle le français. Mère de sept enfants, fille du ministre-président de Basse-Saxe Ernst Albrecht, elle est considérée comme une conservatrice modérée.

Pendant des années, Ursula von der Leyen fut considérée comme une prétendante sérieuse à la succession d’Angela Merkel. Mais cette hypothèse n’était plus évoquée en Allemagne, où ses difficultés au ministère de la défense lui ont coûté très cher politiquement. Du moins à Berlin, car c’est là le paradoxe : si elles lui ont peut-être définitivement barré l’accès à la chancellerie, ses six années à la tête de ce ministère ont, en revanche, donné le temps à Ursula von der Leyen de tisser les réseaux diplomatiques qui lui ont permis d’être nommée présidente de la Commission européenne.

Et si le Parlement européen donne son feu vert, elle serait la première femme à occuper ce poste. Pour Ursula von der Leyen, cette nomination met un terme à quatorze années passées au sein du gouvernement allemand, où elle a été chargée successivement de la famille (2005-2009), du travail (2009-2013) et de la défense (depuis 2013). Une longévité sans équivalent : de tous les ministres d’Angela Merkel, cette femme énergique, aujourd’hui âgée de 60 ans, est la seule qui a siégé dans tous les gouvernements dirigés par la chancelière depuis 2005.

L’accord passé priorise l'Europe de l'Ouest et ne cède rien à l'Est. les 28 dans la douleur ont fait le choix du premier ministre belge, Charles Michel, pour présider le Conseil européen qui rassemble en son sein les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres de l’Union européenne. C’est là que se dessine les orientations et priorités politiques générales de l’UE.

Le président du Conseil européen est principalement en charge de la préparation des sommets, de l’animation des travaux durant les sommets dont il doit ensuite détailler les résultats obtenus. Son rôle est de bâtir des compromis entre les 28 chefs d’Etat et de gouvernement. Vu les affrontements politiques des derniers jours pour la nomination des Hot Jobs européens, ce n’est pas une sinécure qui attend Charles Michel qui est un européen convaincu.

Il devra aussi représenter l’Union sur la scène internationale lors de sommets bilatéraux et multilatéraux sans être pour autant le chef de la diplomatie européenne. Il existe un poste dédié pour cela. Bruxelles sera le cadre de travail de Charles Michel et de son cabinet composé d’une trentaine de personnes.

Le mandat de Charles Michel  est d’une durée de 2 ans et demi, renouvelable une fois. Lorsqu’il prendra la place du polonais Donald Tusk, il sera plongé au coeur des grands débats du moment, comme le Brexit. Autre sujet sensible, la répartition des centaines de milliards d’euros de la programmation budgétaire 2021-2027, que les chefs d’Etat et de gouvernement espèrent boucler avant la fin de l’année.

La longue expérience de Josep ­Borrell, 72 ans, actuel ministre des affaires étrangères espagnol et ancien président du Parlement européen, en font un candidat parfaitement qualifié pour diriger et surtout développer la diplomatie européenne, une priorité.

Il est universitaire et membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Depuis le 7 juin 2018, il est ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération. Il est donc désigné un an plus tard comme haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité.

La carrière européenne de Joseph Borrell commence en, il est élu président du Parlement européen. Dans le cadre des troubles politiques qui suivent le référendum de 2017 sur l'indépendance de la Catalogne, il se positionne contre l'indépendance.

Le 4 juin 2018, trois jours après le renversement de Mariano Rajoy par le socialiste Pedro Sánchez, Josep Borrell fait savoir qu'il accepte la proposition de diriger la diplomatie espagnole.

Le dernier Hot Job de l'UE, la Présidence de la BCE, revient à Christine Lagarde. La très ultralibérale ministre des finances de Sarkozy et présidente du FMI pendant 8 ans est très connue et appréciée d'Angela Merkel. c'est le seul nom que cette dernière a accepté. Avant elle, Barnier et de Villeroy ont été rejetés. Mais Macron ne voit pas cette nomination d'un mauvais oeil, elle lui permet de poursuivre son opération séduction vis à vis de la droite.

Cette annonce a laissé les spécialistes de la politique monétaire dubitatifs. L’actuelle directrice générale du Fonds monétaire internationale (FMI) n’est ni économiste ni banquière centrale, et elle se retrouve au poste de grand argentier de la zone euro, la véritable clé de voûte d’un système encore fragile.

Christine Lagarde avait exclu cette éventualité, par le passé. « Non, non, non, non, non, non… Je ne suis pas intéressée par un emploi européen, ni à la BCE ni à la Commission… », confiait-elle encore au Financial Times, en septembre 2018.

« C’est un peu curieux, parce qu’elle n’est pas connue pour être l’une des grandes penseuses de l’économie », estime Alicia Levine, stratégiste à BNY Mellon, une banque américaine. « Ça n’aurait pas été mon premier choix », renchérit, anonymement, l’analyste d’une grande banque européenne. « En cas de crise de la zone euro, je ne sais pas si elle aura l’autorité intellectuelle nécessaire », ajoute un autre. « On s’est tous mis à fouiller dans ses discours passés pour connaître sa position sur les questions de politique monétaire », explique F. Ducrozet, analyste à la banque privée suisse Pictet.

Elle devra par contre gérer ses deux grandes "tâches" : d'une part le dossier grec de sinistre mémoire et son implication dans l'affaire Tapie !

En nommant Christine Lagarde, 63 ans, les Vingt-Huit ont fait un choix politique. L’ancienne ministre de l’économie de Nicolas Sarkozy (2007-2011), à la tête du FMI depuis huit ans, a l’immense avantage de très bien connaître les leaders européens et d'être adoubée par les grands financiers internationaux qui dirigent le monde.

Christine Lagarde ne va pas resserrer la vis monétaire mais pas davantage enfreindre le dogme ordo-libéral. Elle est un produit Merkozy, mélange de rigueur Merkel et de plasticité Sarkozy. C’est pour cela que les Allemands ont accepté sa candidature.

Angla Merkel après avoir imposé Ursula von der Leyen ne pouvait pas laisser le jeune Macron bredouille, Christine Lagarde a permis ce compromis d'autant qu'il était difficile à Macron de refuser sa proposition, personne n'aime être cocu sur toute la ligne. Néanmoins au plan idéologique, Christine Lagarde risque paradoxalement de germaniser la BCE. Elle pourrait à la moindre crise s’en remettre à l’avis d’une technocratie européenne très orthodoxe. Sa plasticité idéologique est une façon assez habile de proroger une vision ordo-libérale de la Banque centrale.

Au final, 4 ultralibéraux proposés aux postes clés de l'UE. Pas un écologiste proposé. L'Europe centrale et de l'est ignorées. Renforcement du bloc franco-allemand sous domination allemande. La finance peut boire le champagne !

 

Publié dans Europe, Finances-riches

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