La CGT remet le prix du pollueur de l’année à la ministre des Transports

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

La CGT remet le prix du pollueur de l’année à la ministre des Transports

Alors qu’Elisabeth Borne garantissait hier que le train des primeurs Perpignan-Rungis, concurrencé par la voie routière, « roulera lundi», le syndicat dénonce un «enfumage».

Une pile de pneus en or posés sur deux figurines de camions, et une plaque flanquée d’une photo de la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Voilà à quoi ressemble le trophée du «grand prix du pollueur 2018-2019 et défenseur du lobby routier», remis symboliquement par la CGT à la ministre hier midi devant le ministère de la Transition Ecologique et solidaire, boulevard Saint Germain à Paris.

En cause, «son absence de prise de décision concernant le train des primeurs Perpignan-Rungis», justifie Romain Pitelet, responsable la CGT Cheminots Paris Rive Gauche, lors d’une cérémonie  improvisée.

Ce train, qui convoie près de 600 tonnes de fruits et légumes par jour au marché de Rungis, est menacé de disparition. Ses wagons réfrigérés, usés, doivent être remplacés. Un coût trop élevé pour les transporteurs, qui ont déjà anticipé son arrêt en affrétant des camions. Ainsi, près de soixante à quatre-vingt poids lourds feraient le trajet quotidien en lieu et place du train à la rentrée.

Les militants CGT, qui défendent le maintien du transport par voie ferroviaire, se sont posés devant les portes du ministère hier. La délégation allume une sono. S’en échappe un remix rythmé du jingle de la SNCF, avec le refrain «Borne tu dérailles», sur l’air du tube de 1979 « Born to be alive».

Dans une interview accordée au quotidien «Midi Libre» hier, la ministre assure que le train des primeurs, censé faire le trajet pour la dernière fois hier soir, «roulera lundi».  Elisabeth Borne indique qu’à «sa demande, la SNCF s’est engagée à maintenir celui-ci jusqu’à la fin de l’année et au delà, le temps qu’on mette en place une solution pérenne.» selon la demande des clients

Mais avec quelles marchandises ?

«La saison haute est finie, le train va rouler à vide, avance Romain Pitelet. S’il n’y a pas de chargement, il ne roulera pas. C’est de l’enfumage complet.»

«On fera ce qu’on peut pour faire circuler les wagons au fur et à mesure des demandes des clients », indiquait mercredi un porte-parole de Fret SNCF. Elle était dans l’impossibilité de dire hier si les clients s’étaient manifestés pour les jours à venir.

La prochaine réunion sur le sujet se tiendra le 17juillet à Perpignan. Au-delà du maintien du train à la rentrée, il faudra trouver de quoi le remplir.

 

Publié dans Luttes sociales

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