Macron soigne ses amis : il finance avec les deniers publics une nouvelle usine du groupe Safran à FEYZIN...

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Le coordinateur CGT du groupe Safran à l'AG des actionnaires

Le coordinateur CGT du groupe Safran à l'AG des actionnaires

Emmanuel Macron a annoncé lundi que le groupe Safran avait choisi d’implanter sa nouvelle usine à Feyzin. À la clef, 26 millions d’euros d’aides publiques et 250 emplois.

“Cette quatrième usine de freins carbone se fera ici”, a-t-il annoncé lors d’une visite du site de Safran de fabrication de freins carbone pour avions à Villeurbanne.

Le dossier est en discussion depuis trois ans. Il semblerait que Macron ait donné un coup d'épaule afin de favoriser cette implantation nouvelle dans la métropole de Lyon avec le soutien financier de l'Etat et des collectivités, c'est à dire des fonds publics.

A quelques mois des municipales et métropolitaines qui vont être difficiles pour ses amis "macronistes" notamment Collomb et Kimefeld, c'est une aide politique et financière qui peut s'avérer payante électoralement.

Ces deux derniers étaient présents au côté du patron du groupe Safran quand le chef de l'Etat a expliqué : “Nous allons accompagner”. “La métropole, avec les investissements et le foncier, ce sera autour de 10 millions d’euros, l’État à hauteur de 8 millions d’euros et la région autour de 8 millions d’euros”.

Il a rappelé que Safran investirait de son côté 230 millions sur le futur site prévu pour 2024, dont “une trentaine en R&D et 200 pour créer 50 emplois tout de suite et environ 200 emplois à terme”, sans compter les emplois indirects. “En industrie c’est souvent un rapport de 1 à 4″, a ajouté M. Macron.

Quelques heures après, l’enthousiasme ambiant a été douché par un communiqué du premier vice-président Les Républicains de la Région Étienne Blanc, affirmant avoir été mis à l’écart durant cette visite. 

La Région a systématiquement, et à dessein, été écartée de toutes les discussions politiques et techniques au profit des seuls acteurs de la majorité présidentielle”, a-t-il fustigé, évoquant  “l’instrumentalisation d’un dossier industriel”. 

“Ce sectarisme d’un autre âge n’a plus sa place à l’heure où il faut concentrer nos moyens pour accompagner l’industrie dans sa mutation économique”, a encore estimé Étienne Blanc, à qui Emmanuel Macron a pourtant assuré au cours de sa visite que “cette vallée avait besoin de la Région”.

Le chef de l’Etat a aussi défendu ses cadeaux aux riches et aux entreprises, qui selon lui ont permis le retour des investisseurs dans l’industrie. “Des réformes ont permis de réduire le coût de l’investissement en France (le fameux coût du travail), des réformes fiscales qui ont parfois été attaquées. Quand on fait en sorte que les gens qui investissent dans le capital en France puissent payer moins d’impôts, ils réinvestissent en France”, a-t-il osé affirmer.

Affirmation culottée qui vise à faire la promotion du ruissèlement au moment même où plus de 1000 emplois sont supprimés par General Electric Belfort mettant en danger la filière des turbines à gaz indispensables à lutte pour le climat ou le projet de fermeture de la Farmar à Saint Genis Laval qui va aggraver la pénurie de médicaments ou les menaces sur le groupe Sintertec indispensable à toute l'industrie automobile !

Cependant était-il utile que les fonds publics soient mis à contribution dans cette opération Safran au moment où on impose aux travailleurs l'austérité par tous les bouts et surtout, si Safran avait réellement la volonté de s'implanter en région lyonnaise, il avait les moyens de le faire sans faire appel aux fonds publics. Les résultats du groupe comme sa trésorerie sont excellents. Il pouvait investir directement ou faire appel à des prêts bancaires à des taux intéressants.

Enfin ça ne serait pas la première fois qu'une dite création d'entreprise serait la résultante de fermetures dans d'autres territoires du pays avec des transferts d'emplois à la clé. Habiller Gérard ou David en déshabillant Paul ne serait pas acceptable !

Enfin, le groupe Safran n'est surement pas un modèle de gestion sociale et démocratique, il suffit d'écouter les administrateurs CGT du groupe :

"la CGT dénonce la stratégie financière issue de la politique économique du groupe avec 2 Milliards redistribués en 2019, 2,6 Milliards en 2020 et ainsi de suite pour les années à venir, puisant toujours dans la trésorerie du groupe.

Les mesures sociales en parfait décalage avec la politique financière et la santé économique du groupe SAFRAN expriment clairement la volonté de la Direction: toujours plus de rendement, toujours plus de redistribution aux actionnaires. Les conséquences d’un tel schéma “court-termiste” risquent d’être dramatique, y compris pour les actionnaires eux-même."

Certains d’entre eux se sont même rapproché des élus CGT afin d’être éclairés sur la réalité de la situation de Safran.

Le cadeau électoral de Macron risque donc d'être un cadeau empoisonné pour les salariés et futurs salariés du groupe. N'oublions pas comment il a sabordé Alstom Energie en livrant le groupe au Yankee General Electric !

C'est pourquoi il est important de changer les critères de gestion du groupe en faisant primer l'humain d'abord sur le versement des dividendes aux actionnaires, c'est à dire avec l'investissement dans l'emploi durable, la formation et la progression des salaires autant de thèmes revendicatifs qui sont au coeur des luttes depuis plusieurs années !

 

 

 

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