Nous sommes face à un volcan financier !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Nous sommes face à un volcan financier !

La BCE navigue à vue

La situation de l’économie mondiale est très inquiétante. Alors que les plaies de la crise de 2008 sont encore ouvertes, l’éventualité d’un nouvel effondrement financier se rapproche. Ce point de vue, partagé par un nombre croissant d’économistes, est également porté à demi-mots par Mario Draghi (1), le président de la Banque Centrale Européenne (avant de passer la main à Christine Lagarde, ancienne directrice du FMI).

Il envisage en effet de mener une nouvelle politique dite de « quantitative easing », c’est-à-dire d’injection de liquidités dans l’économie, en rachetant massivement des actifs aux acteurs financiers.

De manière très schématique, la banque centrale continue de créer des quantités astronomiques de monnaie (plus de 4000 milliards d’euros depuis 2008) pour soutenir la croissance mais surtout assurer la survie des acteurs financiers. 

Cet argent va aux banques à des taux très faibles voire zéro sans exigence de contre partie en termes de créations d'emplois, de mises en formation, d'investissements productifs ou de développement des services publics et notamment les infrastructures. Cet argent en partie est capté par les marchés spéculatifs faisant grandir la "bulle" financière. Une autre partie répond à la demande d'emprunts des Etats, là aussi sans contre partie exigée, et à des taux plus élevés renchérissant le coût de leurs dettes et gonflant les profits des banques et la rente de leurs actionnaires !

La politique monétaire prise au piège des marchés financiers

L’objectif officiel de la politique monétaire est toujours la stabilité des prix, aux alentours de 2%. Mais en réalité, la BCE a cherché à relancer la croissance par la création massive de monnaie depuis la crise. Autant le dire clairement : cette politique menée seule est vouée à l’échec. Pire encore, elle a vraisemblablement contribué à semer les germes de la prochaine crise.  

Sans rentrer dans les détails techniques, la politique de la BCE a contribué à faire converger les taux d’intérêts vers 0. Cela veut dire concrètement que nombre d’actifs sont jugés trop peu rentables par les agents sur les marchés financiers, qui se ruent sur tout ce qui peut rapporter un peu d’argent : immobilier, produits financiers complexes et risqués, fusions et acquisitions, profitant en plus d’un endettement pratiquement gratuit.

La conséquence ?

Pratiquement aucun investissement dans le domaine productif, et un développement de gigantesques bulles spéculatives. Ne cherchez pas beaucoup plus loin comment expliquer l’explosion des revenus des plus riches ; ils sont tirés par ces placements juteux sur les marchés financiers, complètement déconnectés de l’économie réelle.  

La banque centrale est prise au piège ; si elle cesse de fournir de la monnaie aux marchés, elle peut provoquer une récession. Si elle continue, elle favorise l’expansion de bulles spéculatives.

En continuant ainsi, il ne reste vraisemblablement qu’un seul scénario à l’arrivée : celui d’une crise financière majeure, peut-être plus importante que celle de 2008. Le capitalisme financiarisé est en situation critique, et nous risquons, encore une fois, de payer le prix de la faillite si nous n’agissons pas avant.
                                                         
Se libérer de l’emprise des marchés : une nécessité économique

La CGT revendique de longue date de sortir la production de la domination financière. C’est non seulement essentiel pour libérer le travail, mais également fondamental pour assurer un développement économique stable, respectueux de l’environnement, et profitable à tous et toutes.

La politique monétaire seule « pousse dans le vide » quand elle place toujours plus de monnaie dans les mains des plus riches ; les revendications de la CGT proposent une autre voie :

  • Augmenter les salaires pour soutenir la demande et contribuer à la reprise économique
  • Favoriser l’investissement productif via notamment un Pôle Financier Public et s’assurer que la monnaie créée serve effectivement à satisfaire les besoins du plus grand nombre, pas à alimenter les bulles spéculatives
  • Empêcher la spéculation par une modification en profondeur de la fiscalité sur les transactions financières
  • Répartir les richesses autrement pour empêcher l’accumulation d’épargne dans les mains des plus riches.

Pour sa part le PCF propose en plus un rôle nouveau de la BCE avec la création d'un fonds de développement économique, social et écologique que la BCE alimenterait. Ce fonds financement à taux zéro les projets propres à chaque Etat de l'UE qui viseraient le développement de leurs services publics, le développement durable ou des investissements lourds dans les infrastructures publiques (Ecoles, universités, ligne de trains, gares, hôpitaux etc).

Il n’y a en matière économique jamais de fatalité. Il y a des choix politiques qui déterminent la manière dont nos rapports de production sont structurés. Les crises financières ne sont que le symptôme de l’incapacité du capitalisme financiarisé à produire autre chose que l’instabilité et les inégalités. Il est grand temps de passer à un autre modèle d’organisation de nos économies.

 1-https://www.mediapart.fr/journal/economie/250719/politique-monetaire-le-testament-de-mario-draghi?onglet=full  
 
Sources Pôle économique de la CGT et PCF

Publié dans Finances-riches, Economie

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