Hôpital : le mouvement de grève des urgentistes ne faiblit pas ...

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Hôpital : le mouvement de grève des urgentistes ne faiblit pas ...

L'action revendicative des hospitaliers monte en puissance. Elle touche plus de 200 services, soit deux fois plus qu'à la mi-juin. La mobilisation reste très forte malgré les mesures du ministère de la Santé jugées soit provocatrices soit ridicules tant elles sont éloignées des demandes des salariés que des besoins des hôpitaux publics pour répondre aux besoins de santé des populations en toute sécurité.

En pleine période congés, la grève des urgences ne mollit donc pas. Six mois après le début du mouvement, 217 services sont mobilisés selon le collectif Inter-Urgences. Deux fois plus que mi-juin. Plus d'un tiers des hôpitaux sont désormais touchés.

Les mesures annoncées par Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, n'ont pas eu d'effet. Les grévistes jugent qu'elles ne répondent pas à leurs attentes. Ils sont nombreux à accuser la ministre d'être frappée de surdité !

Le collectif Inter-Urgences organise une assemblée générale le 10 septembre. La CGT appelle à la mobilisation générale le lendemain.

« Les annonces de la ministre de la Santé n'ont fait qu'augmenter la colère sur le terrain », affirme Candice Lafarge, aide-soignante et porte-parole du collectif Inter-Urgences. «On entend maintenir la pression, augmenter le rapport de force et faire converger les luttes » explique-t-elle. Depuis le début du mouvement, les paramédicaux en grève demandent une revalorisation salariale à hauteur de 300 euros par mois, la création immédiate de milliers d'emplois et la fin des fermetures de lits, des restructurations et fermetures de services.

Pour l'association des médecins urgentistes de France (Amuf), la situation « est devenue aujourd'hui catastrophique ». Ils réclament l'augmentation de 265 euros à 480 euros par mois de l'indemnité pour les gardes effectuées en heures supplémentaires et l'octroi systématique d'une prime de 400 euros actuellement versée aux praticiens hospitaliers exerçant dans plusieurs établissements. Si ces demandes n'étaient pas satisfaites, l'Amuf envisage un recours à la grève.

« Le problème n'est absolument pas réglé », s'emporte Christophe Prudhomme de la CGT Santé, qui exige la suppression de la taxe sur les salaires dans les hôpitaux publics. Selon le syndicaliste, cette mesure permettrait de débloquer 4 milliards d'euros pour la création d'emplois. Les communistes demandent aussi l'augmentation de la cotisation patronale de 0.5% incontournable pour financer les 100 000 emplois nécessaires dans les hôpitaux publics.

Pour tous, le système est à bout de souffle comme en a témoigné le député Alain Bruneel dans une vidéo faite à l'hôpital de Douai, dans laquelle il lançait la pétition nationale.

En juillet, un homme de soixante-douze ans est resté cinq jours sur un brancard au CHU de Saint-Etienne. Une situation rare mais révélatrice de ce qui est devenu insupportable. La moindre disponibilité des soignants en ville et le vieillissement de la population ont entraîné un doublement de la fréquentation des urgences en vingt ans sur le territoire français. En 2017, un nouveau record a été franchi avec 21,4 millions de passages. Mais le plus grave, c'est que dans le même temps, les politiques successives de Bachelot, Touraine et Buzyn ont conduit à la suppression de100.000 lits d'hospitalisation à temps complet.

C'est pour alerter sur le manque de moyens et de personnel que les urgentistes de l'hôpital Lyon Sud s'était mis en grève il y a un an, (voir article sur ce blog) et qui poursuivent toujours leur mouvement dans la période avec une action le 25 juillet. Depuis le mouvement a fait boule de neige avec un début de coordination de l'action. Une série d'agressions à l'hôpital Saint-Antoine à Paris ont provoqué en mars, une grève illimitée des urgentistes.

Mi-juin, alors que plus d'une centaine de services étaient mobilisés, la ministre de la Santé a débloqué 70 millions d'euros pour financer la prime de risque et pour faciliter les recrutements dans les services en tension cet été. La ministre a promis la mise en place d'une indemnité forfaitaire de risque de 100 euros net mensuel. Mais selon le collectif Inter-Urgences, « la majorité des services n'a pas vu la couleur des enveloppes fléchées pour remédier aux difficultés estivales ». Ce qui a nourri la colère et l'engagement dans l'action.

La coordination et les syndicats travaillent à préparer la rentrée avec une extension du mouvement comme l'affirme Christophe Prudhomme. Rendez-vous les 10 et 11 septembre. ■
 

 

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