Le 26 septembre action dans la santé

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Le 26 septembre action dans la santé
Au coeur du mois d'août, 217 services hospitaliers sont en grève en France. Les personnels dénoncent les “mensonges” du gouvernement et son refus de régler cet important conflit social qui dure depuis plus de 7 mois. Une journée d'action est prévue le 26 septembre.

Ils sont en colère parfois excédés.

Dans tout le pays, plus de six mois après le début du  mouvement des Urgences, ce sont 217 services sur 520 qui sont en grève. Soit deux fois plus qu’en juin, date à laquelle Buzyn a annoncé une enveloppe de 70 millions d’euros pour tenter de calmer la colère. Cela a été accueilli comme une provocation. " Nous lui demandons, des mois durant, des moyens pérennes, et elle nous offre une prime exceptionnelle. Il y a de quoi désespérer !” selon Candice Lafarge porte parole du collectif inter-urgences.

Provocation, déni et incompétence du ministère ne peuvent faire une bonne politique de santé publique

Du côté du ministère, l’heure est au déni jusqu'à annoncer que la mobilisation serait “en déclin à certains endroits”. Des négociations locales auraient débouché sur des “protocoles de sortie de grève” dans 28 établissements. "Certains services restent en grève par solidarité alors même que les situations ont été réglées localement", ajoutait même le ministère de la Santé. Ou quand la provocation et le déni s'accompagnent de l'incompétence. Quand on connaît la situation sur le terrain, cette attitude a de quoi faire bondir” confie un salarié du CHU de Nantes.

En Pays de la Loire, 10 services se sont déclarés en grève (Nantes, Cholet, Angers, Château-Gontier, Châteaubriant, Laval, Le Mans, Saumur, et deux à Saint-Nazaire). Et les négociations sont nulle part. À Nantes, dix équivalents temps-plein ont été promis mais à la condition que la grève cesse immédiatement. Un chantage aussitôt refusé par les grévistes.

Partout sur le territoire, les différents ratios de postes en fonction de l’affluence constatée devraient être respectés. Même dans les zones touristiques cela n'est pas respecté comme à Saint-Nazaire où cet été, il a été constaté 103 hospitalisations sur des brancards, dans les couloirs dues au manque de lits et de moyens...

Le personnel mobilisé s’interroge sur ce que sont devenus ces fameux moyens supplémentaires. Évaporés ? Les agences régionales de santé (ARS) auraient reçu les sommes dites, mais le versement est intervenu trop tard pour soulager le personnel soignant. À savoir, le 14 août... De plus personne ne sait où ni comment ces sommes vont être distribuées. L’opacité la plus totale règne.

Irrités, 16 services sur 32 (Sens, Joigny, Auxerre, Tonnerre, Avallon, Semur-en-Auxois, Besançon, Pontarlier, Lons-le-Saunier, Trévenans, Le Creusot, Montceau-les-Mines, Autun, Paray-le-Monial, Mâcon, Nevers) se sont déclarés en grève. Et trois autres devraient rejoindre le mouvement.

À Lons-le-Saunier (Jura) le ras-le-bol a été provoqué par la fermeture de 50 lits ces dernières semaines. Multipliant ainsi le nombre de patients errant dans les couloirs, allongés sur des brancards. Une situation insoutenable, d’autant que les moyens humains sont également insuffisants. Il manque de médecins et de spécialistes mais aussi et surtout de petites mains. Avant, il existait un pool de remplaçants constitué d’infirmiers volontaires dans lequel on piochait dedans quand tombaient des arrêts maladie… C’était la soupape de sécurité collective. Aujourd’hui, il faut faire avec les moyens du bord.

Même problématique en Bretagne où 10 services sont en grève (Lannion, Morlaix, Brest, Carhaix, Quimper, Concarneau, Vannes, Redon-Carentoir, Rennes et Fougères). En cause, les délais d’attente qui explosent, atteignant cet été une moyenne de 4 heures et 8 minutes. Dans quelques centres hospitaliers des mesures ont été prises comme à Valence où des intérimaires sont appelés en renfort. Mais tout cela apparait comme des rustines tans les besoins sont énormes.

Trois mesures urgentes sont nécessaires pour l'hôpital public :

  • Arrêt de toutes les restructurations en cours et notamment la suppression de lits;
  • Embaucher dans l'année 100 000 salariés dans les hôpitaux publics et 20 000 dans les EHPAD
  • Un collectif budgétaire d'urgence pour affecter 4 milliards au financement de ces mesures avec notamment l'augmentation de 0.5% de la cotisation maladie payée par les entreprises sauf les TPE.

Un mois de septembre de lutte déterminée

En région Rhône-Alpes, aucune ouverture de poste n’a été financée cet été. 12 services sont en grève. À Annecy (Haute-Savoie) le service d’urgence pourrait être renfloué dans les semaines à venir mais ces renforts éventuels seraient pris dans les ressources d’autres services pour équilibrer la balance… Ainsi l’hôpital se gère comme une entreprise où il n'y a que des perdants que sont les salariés et les patients !

C’est tout le secteur de la santé que les syndicats veulent mobiliser dès le mois de septembre. Il y a les urgences qui sont en perdition, mais elles ne sont que le reflet de la terrible crise qui touche tout l’hôpital public mis en grand danger par les politiques publiques successives de Bachelot, Touraine et aujourd'hui Macron/Buzin. Les EHPAD ont été laissés pour compte, la psychiatrie a été ignorée, et nous sommes méprisés, constatent nombre d'agents hospitaliers dans l'ensemble des services.

Etre pris au sérieux, être entendus par des gens compétents, et obtenir des réponses à la hauteur des besoins sont les motivations des syndicats, collectifs et diverses coordinations pour faire du 26 septembre une grande journée de lutte revendicative et unitaire.

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