Crise : l'OCDE écrit un scénario le pire depuis 2008 !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Crise : l'OCDE écrit un scénario le pire depuis 2008 !

L’OCDE a abaissé ses prévisions de croissance mondiale à 2,9% en 2019 et 3% en 2020, soit 0,3 et 0,4 point de PIB en moins que ses estimations du mois de mai.

Si ces projections se réalisent, les deux prochaines années pourraient être les pires connues par l’économie mondiale depuis la crise de 2008. Tensions commerciales, risque d’un Brexit sans accord, politique d'austérité, risques de conflits au Moyen Orient… L’organisation s’inquiète notamment de la tentation protectionniste qui pèse sur les échanges internationaux.

Il y a quelques jours Pierre Ivorra, économiste communiste, avait dans un article titré "Des libéraux sonnent le tocsin" livré ses réflexions, nous vous les communiquons :

" Crise : des libéraux sonnent le tocsin

L’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, qui n’a rien d’un boutefeu révolutionnaire, soulignait il y a quelques mois que « la vulnérabilité du système économique et financier mondial demeure considérable » et alertait : « Nous sommes dans une situation pire que celle que nous avions à la veille de la grande crise de 2007-2008 ».

La croissance mondiale ralentit sensiblement, une grave récession semble proche alors que l’endettement public et privé sont au zénith. Selon les données de la Banque de France, au premier trimestre 2019, la dette des agents non financiers privés (entreprises et particuliers) équivaut à 148,3 % du PIB aux Etats-Unis, 151,8 % au Japon, 118,7 dans la zone euro avec, notamment, 92,4 % du PIB en Allemagne, 133,2 % en France, 105,5 % en Italie, 127,8 % en Espagne, et aussi 151,7 % au Royaume-Uni. A cela s’ajoutent les montagnes de dettes accumulées par la puissance publique dans nombre de pays.

Aussi, de doctes économistes libéraux découvrent-ils la lune en nous annonçant que cette énorme accumulation de capitaux va s’effondrer d’ici peu.

Tous insistent sur ces risques mais passent sous silence les causes essentielles de cette enflure financière et de cet effondrement de la croissance réelle.

En premier lieu, dans tous les grands pays développés le pouvoir et le patronat ont tout fait pour affaiblir les services publics, les mettre encore davantage au service des grands intérêts privés.

Ainsi, en Europe, le service public de la monnaie, assuré par la BCE, a déversé des centaines de milliards d’euros de prêts ces dernières années à des taux d’intérêt très bas sans que soient établies de sélection des projets à financer. Aussi, cet argent a-t-il été utilisé par les banques, les fonds, les grands groupes davantage dans des activités spéculatives, des opérations financières que pour promouvoir le développement humain, lutter contre les périls écologiques, objectifs qui, tout au contraire, pourraient être au cœur de services publics de l’éducation, de la formation, de la santé, des retraites, de la transition écologique, ... efficaces et démocratisés.

En second lieu, l’activité humaine de production de richesses est aujourd’hui gangrénée par la volonté d’accumuler toujours plus d’argent et de pouvoir, de verser des dividendes aux fortunes et aux fonds de placement, de museler les droits des travailleurs plutôt que de développer la richesse utile dans de bonnes conditions pour les salariés, le peuple et l’environnement.

Les services publics et l’entreprise, c’est là que se trouvent les clés du redressement. "

Publié dans Economie, Finances-riches

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