Delevoye nommé ministre, bien récompensé par Macron et sa clique

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Delevoye nommé ministre, bien récompensé par Macron et sa clique

Déjà le qualificatif de haut-commissaire était surprenant mais il a valorisé l'homme des basses oeuvres censé démolir l'oeuvre de Croizat attaquée sans relâche par les plus réactionnaires que compte la France.

En deux ans et affublé de ce qualificatif pompeux, Jean Paul Delevoye âgé de 72 ans, ne pouvait que faire sienne la vision de Macron de la retraite universelle mais qui n'est pas celle d'une majorité de Français qui a bien compris que cette réforme avait comme objectif de faire travailler davantage, de retarder l’âge effectif de départ à la retraite avec des pensions non garanties et réduites. Ce sont les plus belles années à la retraite qui sont attaquées, celles en bonne santé.

Bien sur pour cette sale besogne, Jean-Paul Delevoye avait besoin de rester discret, peu visible et donc en marge du gouvernement qui avait fort affaire à l'époque avec la contre-réforme de la SNCF provoquant un conflit social d'ampleur. Alors si en plus, la question de la retraite venait dans la lumière, elle pouvait faire l'effet d'une bombe qui compliquerait la tâche du gouvernement qui perdait déjà son sang froid avec les cheminots. Et ce d'autant que leur régime spécial est dans le collimateur des macronistes, des patrons et de finance qui n'ont jamais digéré l'innovation sociale de Croizat en 1945.

A l'époque, certains s'interrogeaient sur ce que venait faire cette figure du vieux monde passé par le RPR, l'UMP avant de rejoindre Macron, dans l'équipe des jeunes représentants de la finance et des ultra riches ? A-t-il été récompensé pour on ne sait quoi... ?

Il laissa dire, resta caché et déroula le fil de sa bobine tout en sachant que l'objet de son travail est "la mère" des batailles pour les démocrates, les progressistes et en premier lieu les syndicats. Car on n'efface pas avec quelques lignes d'une nouvelle loi, 75 ans d'une disposition fondamentale pour chaque salarié-e dont la modernité est chaque jour démontrée au point d'être enviée par les peuples de la planète

Sur un sujet aussi sensible que la retraite, Jean-Paul Delevoye a réussi à engager un pseudo dialogue, quand personne, au sein de l'exécutif, ne voulait parler aux syndicats que les macronistes ont toujours jugés superflus dans notre société dominée par le capitalisme. Le mouvement social des « gilets jaunes » ne l'a pas trop déstabilisé et pour cause, personne ne savait trop où on allait. Il a donc continué à afficher ses ambitions sans perdre d'interlocuteurs. Quoique...

Macron, a su lui demander des conseils pour apprendre à gérer ses contradictions. Flatté Jean Paul Delevoye a défendu la réforme voulue par Macron et l'a fait sienne. Même si cela lui coûta quelques innamitiés parmi ses amis de droite.

Rien de tel pour Macron pour entreprendre son acte II. Voilà donc Delevoye au gouvernement, avec pour mission de mettre ses talents de magicien à la réalisation de cette réforme majeure de la deuxième partie du quinquennat.

Il devra cette fois le faire à découvert. Avec les syndicats, avec les parlementaires, avec le gouvernement. Les chausse trappes ne vont pas manquer y compris venant de ses amis de droite « Pour lui, Jean-Paul Delevoye a certes défini un objectif mais aucunement les moyens de l'atteindre », relève un ministre. Sans parler des Français qui vont exiger de voir le dessous des cartes.

Ils ont désormais  le « Ministre des retraites ». Mais pour quoi faire ?

Gagner plus au regard du retard pris par les pensions et avec une CSG qui les saigne ou pour gagner moins comme le laisse entendre Macron? Est-ce pour travailler moins longtemps et pouvoir vivre dignement de sa pension ou est-ce pour travailler plus longtemps, 67, 68 voire 70 ans et avec une pension rabotée? Est ce pour voir les jeunes accéder aux emplois libérés par les départs en retraite ou les voir mourir au chômage pendant que les vieux travailleurs mourront au travail? Va t-on poursuivre un financement fondé sur la solidarité et le partage d'une partie des richesses avec la "cotisation sociale" ou poursuivre la fiscalisation du financement qui sera tout bénéf pour les entreprises? Va t-on poursuivre la gestion des retraites avec la Sécu ou tuer celle-ci pour faire place aux assurances, aux groupes privés, aux fonds de pensions ? Va t-on s'engager vers une nouvelle réduction du temps de travail à l'échelle de la carrière avec comme premier étape le retour du droit au départ à 60 ans avec une retraite pleine, la prise en compte des années d'étude ou au contraire rayer le repère de l'âge du départ pour effacer ce symbole fort présent dans toutes les têtes et moteur des mobilisations?

Ce ne sont là que quelques très questions lourdes.

Pourquoi, comment, quand, à quel prix et avec quelles compensations va-t-il achever la démolition du système solidaire, engagée avec les différentes réformes des dernières années.  en basculant dans la retraite par points. Tout commence pour Delevoye et pour les Français.

Le PCF sans illusion sur les objectifs, appelle à la riposte la plus large, la plus unitaire, pour faire toute la transparence sur les vrais objectifs de Macron et du gouvernement.

Ils défendront une réforme de progrès social garantissant la retraite à 60 ans, avec une pension définie et s’appuyant sur un financement élargi au capital.

La prochaine Fête de l’Humanité sera le rendez-vous pour cette contre-offensive d’ampleur notamment des débats sur cette thématique et le discours de la scène centrale le samedi à 15h30 avec Fabien Roussel.

Le 24 septembre, à l'appel de la CGT et de Sud, les communistes seront également mobilisés dans la rue pour manifester leur colère contre cette réforme injuste.

 

Publié dans Protection sociale

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