Fin de la ristourne pour les seniors sur les emplois à domicile : les arguments farfelus du gouvernement n'ont pas fait le poids !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Fin de la ristourne pour les seniors sur les emplois à domicile : les arguments farfelus du gouvernement n'ont pas fait le poids !

Sibeth Ndiaye l'a confirmé lundi, le gouvernement veut mettre fin à l'exonération de cotisations sociales pour les seniors de plus de 70 ans employant une aide à domicile. Une mesure comptable, défendue avec des arguments farfelus et surtout sans contrepartie de justice sociale.

"Il n'y a pas de politique anti-vieux qui soit menée par ce gouvernement", en est réduite à assurer la porte-parole de l'exécutif, Sibeth Ndiaye. Et pourtant, après la sous-indexation des pensions de retraite et l'augmentation de la CSG, voici maintenant venue la fin de l'exonération de cotisations sociales pour les aides à domicile des personnes âgées. Une mesure injuste qui va aggraver la situation de nombres de personnes en difficulté pour assurer leur autonomie.

Ce nouveau coup de rabot prévu dans le prochain projet de loi de finances, à la niche fiscale réservée aux plus de 70 ans, qui n'ont à payer aucune cotisation sociale pour leurs employés à domicile. La levée de cette exonération fiscale concernerait indifféremment tous les seniors bien portants, qu'ils soient aisés ou modestes.

Le gouvernement envisage que cette exonération soit à l'avenir réservée aux personnes âgées handicapées ou en situation de dépendance, avec à la clef une économie de 310 millions d'euros en 2020, puis de 360 millions pour les années suivantes.

Le jardinier payé par l'Etat, vraiment ?

Une étude de la Drees commandée par le ministère de la Santé en février dernier révélait qu’un senior à domicile sur cinq était aidé régulièrement pour les tâches du quotidien. Plus de 40% des plus de 75 ans ont recours à des aides, formelles ou non, pour accomplir des actes de la vie quotidienne. En 2017, Emmanuel Macron s'était d'ailleurs engager à soutenir ces services à la personne : "Nous développerons et soutiendrons les soins à domicile (ménagers, infirmiers)", promettait son programme.

Pourquoi cette mesure antisociale ? "Lorsque notre propos est d'accompagner les personnes âgées en situation de dépendance ou de handicap, nous souhaitons recentrer les choses pour que les aides, quand elles existent, elles s'adressent aux personnes qui en ont le plus besoin", argue l'ancienne conseillère en communication d'Emmanuel Macron, ajoutant : "Quand votre propos, il est d'utiliser un abattement fiscal pour des travaux de jardinerie (sic), je ne crois pas que ce soit la chose la plus importante". Et Sibeth Ndiaye d'insister : "L'abattement dont vous parlez vous permet aussi bien d'avoir une personne qui vient vous accompagner à domicile quand vous êtes dans la difficulté ou la dépendance, que de vous payer un jardinier".

Un argument farfelu pour 96% des cas ! Par contre elle ne trouve rien à redire au nouveau cadeau que se prépare à faire le gouvernement au capital, en abaissant le taux d'imposition des plus grandes entreprises (CA) de 33% à 31%. Un moins 2 % qui représente la bagatelle de 2.5 milliards d'euros!

Il faut bien trouver l'argent quelque part, alors on fait les fouilles des retraités, des pauvres et des plus en difficultés !

Selon Mme Ndiaye il s'agirait donc de mettre fin au privilège indu de seniors faisant entretenir leurs massifs de roses aux frais du contribuable. Sauf que cela ne correspond absolument pas à la réalité des aides à domicile. En effet, seuls 4% des seniors ont recours aux services de professionnels pour entretenir leurs jardins. A titre de comparaison, ils sont 43% à recourir à une aide à domicile pour le ménage, la vaisselle ou la lessive, ou 19% pour la toilette et l'habillement.

Pas de compensation pour les retraités

Les retraités n'ont pas grand-chose à espérer en compensation : "Il y a aujourd'hui des aides qui permettent d'employer des personnes à domicile et il y a des abattements qui existent, comme pour n'importe quel Français", balaie la porte-parole. Autrement dit, il s'agit bien d'une pure perte pour ceux qui bénéficient aujourd'hui de l'exonération.

Quant aux seniors dépendants ou handicapés, ils ne sont guère avancés sur ce qu'ils vont gagner dans l'affaire car la porte-parole du gouvernement n'a annoncé aucune mesure précise qui redistribuerait effectivement l'argent économisé aux seniors les plus fragiles, sauf au capital !

Matignon recule et accuse Pénicaud de n'avoir pas défendu cette mesure.

Devant le tollé provoqué par cette annonce, le gouvernement a du reculer. La pression politique était trop forte. Le sujet explosif. Et le discours de l'exécutif sur l'acte II, la nouvelle méthode, la concertation, la baisse des impôts, « totalement brouillés » selon de nombreux députés de la majorité. Ce mardi après-midi, lors des questions d'actualité au gouvernement à l'Assemblée, Edouard Philippe a fait marche arrière.

Devant le manque de « concertation », le chef du gouvernement a annoncé avoir demandé à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, - c'est son budget - de « renoncer » à  la fin de l'exonération totale des cotisations sociales sur l'emploi à domicile pour les personnes de plus de 70 ans non dépendantes , révélée par « Les Echos » et confirmée lundi par l'exécutif.

Sources Marianne et Les Echos

Publié dans Politique nationale

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