A Rodez Macron veut donner la leçon à ces français qui selon lui ne comprennent rien !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

A Rodez Macron veut donner la leçon à ces français qui selon lui ne comprennent rien !
A Rodez Macron veut donner la leçon à ces français qui selon lui ne comprennent rien !

Le chef de l’État lancé, ce jeudi soir, à Rodez, sa «consultation citoyenne» sur la réforme des retraites, dans un contexte de nombreuses luttes sociales très largement soutenues par l’opinion publique.

Il a été accueilli par  une manifestation de plusieurs centaines de personnes accompagnées par les salariés de Bosch Rodez qui ont défilé depuis l'usine jusqu'au centre-ville de Rodez et ont rejoint les 300 personnes présentes dans le quartier du Bourran pour un rassemblement revendicatif qui refuse la réforme Macron-Delevoye.

Les manifestants ont ressorti les slogans et les banderoles. Cette action était à l'intiative d'un collectif citoyen soutenu par différents syndicats et associations : CGT, Ensemble !, France insoumise, FSU, NPA, La ruche, L'Union des Gilets jaunes, Parti de Gauche, PCF, Solidaires,Sud Education, ainsi que Nuit Debout.

Macron donnait le coup d’envoi du débat consacré à la réforme des retraites. L’exercice de communication ne suffira à calmer la colère sociale. Seul, debout, pendant plus de 3 heures, face à 600 lecteurs de la presse régionale, Macron voudrait faire de cette " consultation citoyenne" un modèle de pédagogie. Mais n'est pas professeur qui veut ! Macron n'est pas aujourd'hui à la hauteur.

«Innover sur la méthode pour que le pays comprenne où on l’amène», expliquait-il il y a quelques jours face à des journalistes. En somme, «les gens posent des questions, le professeur répond, ce n’est pas un débat contradictoire», a ironisé Philippe Martinez.

Reçu la veille à l’Élysée, le secrétaire général de la CGT a dénoncé la mise en scène: «Un débat contradictoire, c’est argument contre argument, ce n’est pas une salle de classe.» D’autant que ce monologue verrouillée s’ouvre bel et bien dans un contexte social marqué par la multiplication des mobilisations avec le soutien massif de la population.

Rendu public ce jeudi, un sondage Elabe révèle que 65% des Français soutiennent la contestation de la réforme Macron- Delevoye. Quant au projet en lui-même, il est rejeté par 43% des personnes interrogées (seuls 32% l’approuvent, dont 64% des électeurs de Macronet 57% de ceux de François Fillon).

Opposés à 74% au fait de devoir travailler plus longtemps, les sondés sont convaincus à 68% que le niveau de leur pension va baisser avec cette réforme quand 43% s’inquiètent de ne connaître le montant de leur retraite qu’au dernier moment.

Plus de la moitié (54%) estiment en outre qu’il va falloir se tourner vers des organismes de capitalisation privés pour compenser les pertes.

C'est une défiance forte de l’opinion publique

Le terrain est d’autant plus glissant pour Macron que l’opinion publique continue, en parallèle, de soutenir massivement les conflits en cours, hors réforme des retraites.

En grève depuis le mois de mars dernier, les personnels des services d’urgences reçoivent ainsi l’appui de 90% des Français, quand ils sont 89% à soutenir la lutte des pompiers, en grève depuis le début de l’été. Alors qu’ils défilaient la veille à Paris contre la dégradation de leurs conditions de travail et les menaces qui pèsent sur leurs retraites, les policiers en colère sont, eux, soutenus par les trois quarts des sondés (75%) et le mouvement des gilets jaunes, qui s’apprête à souffler sa première bougie, continue d’être approuvé par 43% de la population.

Certes, Macron veut faire de ses monologues publics un marqueur de la seconde partie de son quinquennat, mais la méthode est en elle-même très contestée par l’opinion publique. Selon l’étude d’Elabe, 61% des Français jugent que la concertation publique et les consultations citoyennes sur la réforme des retraites ne sont pas utiles car tout est déjà décidé.

Après Rodez, le chef de l’État doit poursuivre sa consultation citoyenne en Auvergne, où il est attendu, ce vendredi, à Clermont-Ferrand, à l’occasion des 100 ans du quotidien régional la Montagne.

De leur côté, les syndicats tentent de structurer la riposte dans la rue. «Nous travaillons sur des mobilisations, des grèves interprofessionnelles, sans mettre de côté toutes les grèves qui existent aujourd’hui», explique Philippe Martinez.

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaires, ainsi que les organisations de jeunesse Unef, UNL et MNL se sont rencontrées le 30 septembre pour construire la suite du mouvement.

La CGT, quant à elle, indique réfléchir à l’élargissement de la grève reconductible, dont le préavis a été déposé, à compter du 5décembre, par cinq syndicats de la RATP (Unsa, CFE-CGC, SUD, Solidaires et FO).
 

 

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